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Aboul Gheit au Liban : Pas encore de consensus sur le retour de la Syrie dans la Ligue

Liban

Le secrétaire général de la Ligue arabe a été reçu par le président Michel Aoun et le Premier ministre Saad Hariri.

OLJ
11/02/2019

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, reçu lundi par le chef de l'Etat, Michel Aoun, et le Premier ministre Saad Hariri, a affirmé que la question de la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe n'était pas encore à l'ordre du jour de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, assurant que le timing de sa visite au Liban en même temps que celle du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, était une "coïncidence".

En ce qui concerne le retour au sein de la Ligue arabe de la Syrie, dont l'adhésion est suspendue depuis novembre 2011 en raison de la répression du soulèvement populaire par le régime, Ahmad Aboul Gheit a déclaré à l'issue de son entretien avec le président Aoun que cette question n'était pas encore à l'ordre du jour des prochaines réunions des ministres des Affaires étrangères de l'organisation. Il a rappelé qu'une telle décision doit être prise de manière consensuelle par les Etats présents au sein de l'organisation, indiquant qu'aucun indicateur ne pointait encore en direction d'un tel consensus. Répondant à une question il a toutefois souligné que cela pouvait encore évoluer avant la prochaine réunion des ministres de la Ligue, le 6 mars prochain, ou avant celle prévue les 27-28 mars à la veille du sommet arabe de Tunis. "Il ne s'agit pas d'une question de temps mais de volonté", a souligné M. Aboul Gheit.

Avant le sommet économique de la Ligue arabe, organisé à Beyrouth en janvier, de nombreux partis libanais avaient critiqué l'organisation d'un tel événement en l'absence de Damas. Le mouvement Amal du président de la Chambre, Nabih Berry, était même allé jusqu'à demander le report de ce sommet. 

Lors de son entretien avec M. Hariri, le secrétaire général de la Ligue arabe a également abordé cette question. "Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. Il y a beaucoup de bruit dans les médias, mais il n’y a pas de véritable action de la part des États membres de la Ligue", a déclaré M. Aboul Gheit à l'issue de son entretien avec le Premier ministre libanais.


Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, reçu le 11 février 2019 par le chef de l'Etat, Michel Aoun, au palais présidentiel de Baabda. AFP / JOSEPH EID


"Pas de course entre la Ligue arabe et l'Iran"
Le patron de l'organisation panarabe a également été interrogé sur la concomitance de sa visite au Liban avec celle du chef de la diplomatie iranienne, qui s'est également entretenu avec le chef de l'Etat et le chef du gouvernement. "C'est une coïncidence. Il n'y a pas de course entre la Ligue arabe et l'Iran et ce, pour une simple raison, à savoir que Le Liban est un pays arabe et un membre de la Ligue arabe. Les rencontres avec les responsables libanais s'inscrivent dans la normalité", a déclaré M. Aboul Gheit, ajoutant que la Ligue arabe "porte une attention particulière au Liban, dont il cherche la stabilité de manière à faire tout ce qu'elle peut pour son bien".

Sur un autre plan, le chef de la Ligue arabe a félicité les deux responsables libanais pour la formation du nouveau gouvernement et plus particulièrement pour le choix de Raya el-Hassan au ministère de l'Intérieur. "Cela n’était jamais arrivé auparavant dans le monde arabe, et nous lui souhaitons beaucoup de succès afin qu'elle puisse laisser une marque qui ouvrira la voie à la moitié de la nation", a déclaré M. Aboul Gheit. Le gouvernement libanais compte quatre femmes.

Le chef de l'organisation régionale a également évoqué avec MM. Aoun et Hariri les résultats du sommet économique arabe qui a eu lieu fin janvier à Beyrouth, soulignant que Michel Aoun "est très concerné par le suivi des décisions prises lors du sommet, surtout qu'il a lui même lancé une initiative pour la création d'une Banque arabe du développement". "Un comité libanais est en train d'étudier ce projet et suit également toutes les décisions prises lors du sommet", a-t-il ajouté, estimant que cet événement s'était "distingué par les solutions économiques et sociales discutées, qui auront une grande influence au cours des prochaines années"

Pour sa part, Michel Aoun a affirmé qu'un comité libanais transmettra au secrétariat général de la Ligue arabe "les détails relatifs à la proposition faite lors du sommet concernant l'établissement d'une banque arabe pour la reconstruction et le développement".

Lors du sommet, le président Aoun avait appelé les pays arabes à coopérer pour l'adoption d'"une stratégie de reconstruction pour le développement" des pays affectés par les guerres dans la région, notamment la Syrie qu'il n'avait  pas expressément nommée, et avait proposé la création d'une banque arabe pour financer cette reconstruction. En Syrie, le coût des destructions dues à la guerre est estimé par l'ONU à quelque 400 milliards de dollars (quelque 350 milliards d'euros).

Le secrétaire-général de la Ligue a par ailleurs rapporté la "promesse" faite par Michel Aoun concernant une "participation active" du Liban au sommet arabo-européen de la Ligue, prévu du 23 au 25 février en Egypte, et au sommet ordinaire, organisé fin mars à Tunis. 


Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, reçu le 11 février 2019 par le Premier ministre Saad Hariri, au Grand Sérail de Beyrouth. Photo Dalati et Nohra




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Amère Ri(s)que et péril.

C'est pas une décision tout à fait arabe.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BEN, IL FAUT QUAND MEME ESSAYER DE RECUPERER LA SYRIE DANS LA FAMILLE ARABE...

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