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« J’aime savoir comment se prennent les décisions en matière de santé mondiale »

TÉMOIGNAGES

Pour les étudiants qui ont participé à la simulation libanaise de l’Organisation mondiale de la santé organisée à l’USJ du 25 au 27 janvier, tout comme pour ceux qui l’ont organisée, la LebWHO a été une expérience inoubliable.

Ch. E. | OLJ
09/02/2019

Cet événement d’envergure au Liban a mobilisé 40 étudiants de diverses disciplines, venant de 7 universités libanaises. Si le nombre de participants se veut élevé pour une première édition, c’est bien pour plusieurs raisons et atouts qu’offre la LebWHO à ces jeunes. « Pour quelqu’un qui envisage une carrière dans le domaine de la santé globale, je n’ai même pas hésité à participer à cette simulation ! » lance Anthony Nemr, étudiant en 4e année de médecine à l’USJ, qui a endossé le rôle du délégué du Soudan. Également étudiante en médecine, Hiba Smaily évoque « l’excellente occasion d’apprendre » que présente la simulation. « J’aime savoir comment se prennent les décisions en matière de santé mondiale », affirme cette étudiante en 5e année de l’Université libanaise, nommée ambassadrice d’Égypte. Quant à Hanine Abi Ghannam, 3e année de santé publique à l’université MUBS, elle évoque une autre raison : « J’ai participé à cet événement dans le but d’accroître mes connaissances, d’avoir plus d’expérience et de relations, ainsi qu’une valeur ajoutée sur mon CV. »

De plus, des étudiants ont souhaité participer à la simulation, attirés par le thème de cette première édition axée sur la santé mentale et l’abus de substances. « Ce sujet concerne une proportion importante de la population. La santé mentale, tout comme la santé physique, doit être traitée avec sérieux et doit faire l’objet d’une grande attention parce qu’elle peut affecter tous les aspects de la vie d’un être humain », explique Hiba Smaily. Anastasia Jammal, 3e année de biologie et prémédecine à la LAU, ajoute : « Le sujet était d’une importance vitale. En raison du taux de suicide élevé au Liban aujourd’hui et de la stigmatisation persistante liée à la santé mentale, j’étais très motivée pour non seulement comprendre pleinement ce sujet important, mais aussi savoir comment je peux faire la différence dans mon propre pays », souligne cette étudiante nommée ambassadrice du Venezuela.

Longue préparation

En plus des participants à la simulation, ce sont 18 étudiants de plusieurs facultés de l’USJ, répartis en comités, qui ont organisé ce premier événement interuniversitaire, et ce depuis un an et demi. Ces derniers ont dû, par conséquent, planifier, coordonner et exécuter toutes les tâches requises par le LebWHO. Ils se sont chargés, entre autres, de la logistique, des inscriptions, de l’aspect financier, des réseaux sociaux, de la publication et de l’élaboration du programme. « Le défi principal a été de finir ses tâches, réussir ses examens, être à jour dans sa vie personnelle et professionnelle, et, en même temps, mener à bien l’événement », avoue Gaëlle Rached, étudiante en 6e année de médecine à l’USJ et présidente du comité d’organisation du LebWHO.

L’enjeu également a été de réussir une expérience toute nouvelle pour eux, celle de travailler, sous stress, sur un événement interuniversitaire national, au sein d’une équipe solidaire. « Ce qui a été essentiel, selon moi, c’est le travail d’équipe, on s’est beaucoup entraidé, on discutait pour régler les problèmes », souligne Samar Diab, 3e année de psychologie, membre du sous-comité d’inscription. Sa camarade, Elsa Saliba, également en 3e année de psychologie et membre du sous-comité de programmation, insiste sur la bonne gestion du temps. « Je suis une personne organisée, méticuleuse et attentive aux détails, ce qui a été un atout dans l’accomplissement de mes responsabilités d’organisation », estime-t-elle.

Si la simulation de l’Organisation mondiale de la santé a été un franc succès, c’est grâce non seulement à la bonne organisation de l’événement, mais aussi aux apports des participants. Ces derniers ont pu endosser leur rôle, participer activement, répondre d’une façon pertinente et soutenir les points de vue de l’entité qu’ils ont représentée malgré les difficultés rencontrées. « J’ai dû apprendre tellement d’informations sur le pays que je représentais, ce qui était assez difficile. Sans oublier que cela prenait beaucoup de temps et que j’avais beaucoup à étudier. Au cours de la simulation, la difficulté principale consistait à saisir les détails du processus et à essayer de suivre le rythme, mais cela s’est amélioré avec la pratique », avoue Hiba Smaily, qui a misé sur sa forte personnalité, sa patience et sa tolérance, évoquant son expérience en tant qu’ambassadrice d’Égypte. « Pour mon rôle de journaliste pour CNN, j’ai eu des difficultés à trouver des idées créatives pour la conférence de presse, mais tout a été fait avec succès », assure Hanine Abi Ghannam, rejoignant ainsi Anastasia qui confie que « le plus grand défi de l’événement consistait à trouver des solutions originales en matière de santé mentale, tout en respectant les politiques des pays représentés ». En outre, pour Dana Achkar, étudiante en santé publique à l’Université de Balamand, le défi a été bien différent. « Je devais rassembler toutes mes pensées et les exprimer en respectant le temps qui m’était donné », avance cette étudiante qui a représenté une ONG. Enfin, selon Anthony, « les idées et les visions contradictoires venant des différents représentants des pays ont rendu le travail sur la résolution plus long, mais plus productif ».

Apprentissage concret

En plus des capacités de dialogue et de négociation, les participants ont « développé des compétences d’organisation, de leadership, de public speaking, de communication orale et écrite, de collaboration et de gestion de conflits », note Michèle Kosremelli Asmar, directrice de l’Institut supérieur de santé publique de l’USJ qui supervise les comités organisateurs. Et Gaëlle Rached d’ajouter : « Tout ce qui a été appris lors de cet événement ne sera pas oublié. Car cette simulation est le fruit des efforts des étudiants autant que des nôtres. » Immergés dans la réalité du terrain et dans l’action, les étudiants ont ainsi bénéficié d’un apprentissage concret et réel, et seront marqués à jamais par cette expérience. D’ailleurs, Anastasia le confirme : « Cette expérience m’a transformé la vie. Elle m’a apporté non seulement des connaissances universitaires dans les domaines de la santé mondiale en général et de la santé mentale en particulier, mais également dans les domaines des affaires internationales, de la diplomatie et de l’élaboration des politiques. L’avenir de notre pays repose sur les efforts de notre génération et, grâce à cette conférence et à tous ceux qui ont contribué à sa réussite, l’avenir semble bel et bien prometteur », s’enthousiasme cette jeune étudiante.



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