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Campus - Initiative

42 associations, 42 jours : le pari fou de Georges Mrad

Partager les valeurs du volontariat auprès d’une jeunesse qui s’éloigne de plus en plus des actions civiques, lui apprendre à donner sans rien attendre en retour, telles sont les raisons qui ont poussé ce jeune de 26 ans à créer le Marathon du Volontariat, qui a dépassé les frontières.

42 associations, 42 jours : le pari fou de Georges Mrad

Georges Mrad a été invité à parler de son initiative sur la chaîne de télévision française France 3, où le documentaire de « 25’ », filmé sur ces 42 jours de marathon organisé sur la Corse, sera diffusé plus de 4 fois. Photo DR

« Je suis né une seconde fois, le 4 août 2020. Une journée qui a été le moteur du changement qui s’est développé en moi. » C’est par ces mots que Georges Mrad explique les causes qui ont changé le cours de sa vie et l’ont poussé au volontariat. « Avant, je ne pensais qu’à m’amuser, veiller avec les copains, faire la fête. J’étais très loin de ce monde », confie-t-il. Mais la vue des images de cette journée funeste qui a dévasté le port de Beyrouth et sa ville, l’a bouleversé. « J’ai senti que je devais être auprès des jeunes qui se sont portés volontaires pour aider, balayer, soulager et secourir les personnes ». Le lendemain, il se rend au quartier de la Quarantaine, pulvérisé par l’explosion, aide tous ces jeunes qui ont pris en main leur ville, et quelques jours plus tard, rejoint l’association Offre-Joie qui reconstruisait les bâtiments dévastés. « J’étais porté par un élan que je n’avais jamais connu, avoue-t-il, car ce n’était pas uniquement les bâtiments que l’on construisait, mais les esprits et le moral de ces personnes qui ont tout perdu. Pour la première fois, je me sentais utile, vivant. Un sentiment que je n’avais jamais ressenti auparavant. » Son enthousiasme attire. Il se voit confier la responsabilité de chef d’équipe d’Offre-Joie sur le terrain, travaille plus de huit heures par jour auprès des jeunes, et décide alors de quitter son village pour s’installer à Beyrouth auprès de son équipe. Huit mois durant, il jonglera entre le volontariat, les longues heures de travail sur le terrain et ses études en ingénierie mécanique à l’USEK. Sa vie prenait un nouveau tournant.

Une association par jour, 42 jours durant

L’été venu, l’envie de connaître de nouvelles expériences auprès d’autres ONG lui titille l’esprit. Il décide alors de se lancer un défi : aider tous les jours une association différente, un mois durant. Il contacte alors différentes ONG, explique son projet et se lance à leur côté. Il cuisine pour les plus démunis, nettoie le littoral, reboise les forêts, travaille auprès de la Croix-Rouge. « Il faut certes beaucoup de discipline et de rigueur pour ne pas succomber à la fatigue et résister à l’intensité de ces journées », admet-il. « Mais pour la première fois, je me sentais utile et vivant. J’étais très fier de ce que je faisais. » L’envie de partager cette expérience avec d’autres jeunes commence à faire son chemin. Il décide alors de lancer un genre de « Marathon du Volontariat » qui couvrirait « 42 structures associatives différentes, sur 42 jours consécutifs, à l’instar des marathons de course qui couvrent 42 km, affirme-t-il. Il lance son idée sur Instagram, contacte les associations, leur explique son projet et crée un logo avec, à l’appui, une vidéo montrant les activités des différentes ONG. Les réactions ne se font pas attendre. Son enthousiasme porte ses fruits. Il décide de lancer son premier marathon le 24 juin 2021 « pour terminer les 42 jours de bénévolat le 4 août 2021 », une date symbolique rappelant le jour où sa vie a basculé. Avec une poignée de jeunes qui ont répondu à son appel, ils vont aller à travers tout le territoire libanais, aider une association différente, 42 jours durant. Porté par cette nouvelle révélation, il multiplie les rencontres, dans les universités au Liban, auprès des jeunes écoliers, et raconte les valeurs de ce volontariat qui « redonne un sens à la vie, une raison pour laquelle nous sommes sur terre ».

Un marathon qui va au-delà des frontières

Une rencontre en 2022 avec une dame travaillant à l’ambassade de France au Liban changera le cours de son aventure. Impressionnée par son initiative et ses vidéos postées sur Instagram, elle l’invite en Corse dans le cadre d’une Journée de la jeunesse organisée par un collectif « Assises de la jeunesse », pour présenter son marathon et partager son expérience. La rencontre a lieu le 28 mars 2022 à Ajaccio. Devant un parterre de jeunes, Georges Mrad, muni de son écharpe aux couleurs du drapeau libanais qui ne le quittera plus, parle « de sa fierté d’être Libanais », de « cet enrichissement personnel que donne le bénévolat », de ce « sentiment de donner de soi-même sans rien attendre en retour et qui permet une élévation de l’âme ». Il organisera le premier Marathon du volontariat européen, sur l’île de Corse, où, avec une poignée de jeunes, ils iront aider 42 structures associatives différentes : la Croix-Rouge corse, les sapeurs-pompiers de l’île, l’association Corsica Clean Nature qui lutte contre la pollution du littoral corse, les boulangers pour distribuer du pain aux sans-abri… Son idée attire, subjugue. Il est invité à parler de son initiative sur la chaîne de télévision française France 3, dans le cadre de l’émission Via Nova, où le documentaire de 25’, filmé sur ces 42 jours de marathon organisé sur la Corse, sera diffusé plus de 4 fois sur cette même chaîne. Un an plus tard, à la demande du président de l’Université de Sousse en Tunisie qui le considère comme une « source d’inspiration pour toute cette jeunesse », il organisera un marathon de volontariat pour les étudiants de l’université. En juin 2025, c’est le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Union pour la Méditerranée, qui l’invite à présenter son Marathon au Forum des mondes méditerranéens, à Marseille. « Yalla, Let’s go » sera son leitmotiv, son moteur qui l’aide à avancer, à se dépasser et surtout à aider cette jeunesse, qui a perdu le sens du don, à se dépasser. « Faire les choses qu’on a l’habitude de faire, manger, s’amuser, travailler, c’est exister », lancera-t-il à chacune de ses prestations devant un public différent. « Mais dès que l’on sort de notre zone de confort, il y a une vibration qui se met en place. Cela redonne un sens à la vie, une raison de notre existence sur terre. Et c’est cela qu’on apprend lors de ces marathons. »

« Je suis né une seconde fois, le 4 août 2020. Une journée qui a été le moteur du changement qui s’est développé en moi. » C’est par ces mots que Georges Mrad explique les causes qui ont changé le cours de sa vie et l’ont poussé au volontariat. « Avant, je ne pensais qu’à m’amuser, veiller avec les copains, faire la fête. J’étais très loin de ce monde », confie-t-il. Mais la vue des images de cette journée funeste qui a dévasté le port de Beyrouth et sa ville, l’a bouleversé. « J’ai senti que je devais être auprès des jeunes qui se sont portés volontaires pour aider, balayer, soulager et secourir les personnes ». Le lendemain, il se rend au quartier de la Quarantaine, pulvérisé par l’explosion, aide tous ces jeunes qui ont pris en main leur ville, et quelques...
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