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En retard pour le paiement des frais de scolarité de ses enfants, un Libanais s'immole par le feu

drame

Le frère de la victime va porter plainte contre le directeur de l'établissement qui, selon lui, a refusé une autorisation de transférer sa fille dans une autre école.

OLJ
08/02/2019

Georges Zreik, un père de deux enfants, est mort vendredi des suites de ses blessures après s'être immolé par le feu devant le collège de ses enfants à Bkeftine, dans le Koura, au Liban-Nord. Transporté à l'hôpital, il n'a pas survécu à ses brûlures. L'homme, qui ne parvenait plus à payer les écolages de ses enfants scolarisés dans cet établissement, a agi par désespoir, l'école refusant, selon son frère, de lui donner une autorisation pour transférer sa fille vers un autre établissement.

"Tout le monde a des problèmes financiers, mais la situation de mon frère était différente", a déclaré Chucri Zreik, le frère de la victime, interrogé par un correspondant de la radio "La Voix du Liban", indiquant que "le directeur du collège a provoqué et a exercé des fortes pressions sur mon frère par téléphone". "Il lui a dit à plusieurs reprises qu'il ne lui donnerait pas l'autorisation de transférer ses enfants dans une autre école car il n'a pas payé la somme qu'il doit à l'établissement. Mon frère lui a affirmé qu'il se rendrait au collège pour signer un document écrit dans lequel il s'engage à payer la totalité de la somme en plusieurs versements. Le directeur a rejeté cette proposition", a-t-il expliqué. Georges Zreik "a alors téléphoné au directeur et l'a menacé de s'immoler par le feu dans l'école s'il n'obtenait pas l'autorisation. Le directeur de l'établissement n'a pas réagi", selon son frère. 

"Georges payait à chaque fois qu'il le pouvait", a ajouté Chucri Zreik, qui a indiqué qu'il allait poursuivre le directeur du collège car, selon lui, le suicide de son frère est "la conséquence des provocations du chef d'établissement". "Les agissements et les pressions du directeur de l'établissement étaient injustifiés. Mon frère ne pouvait plus le supporter et a fini par se suicider", a-t-il déclaré.  Chucri Zreik a adressé une mise en garde contre "les individus comme ce directeur d'école". "En raison de comportements similaires, la société connaîtra d'autres tragédies comme celle de mon frère, surtout au vu de la situation financière dans le pays".


La version du collège
Dans la journée, la direction du collège grec-orthodoxe Notre-Dame de Bkeftine a publié un communiqué dans lequel elle expose sa version des faits. "Depuis le début de l'année scolaire, l'administration a demandé dans quatre lettres écrites aux parents de l'élève de se rendre à l'établissement afin de régler la situation financière et administrative de leurs (deux) enfants. Nous n'avons jamais menacé de renvoyer ces derniers", indique ce texte. L'administration précise que les parents ont cessé de payer la scolarité de leurs enfants depuis l'inscription du fils pour l'année scolaire 2014-2015, mais qu'ils s'acquittaient des frais de transport, de fourniture et des activités extrascolaires.


Enquête ouverte
Une source proche du dossier mais qui a souhaité rester anonyme a expliqué à L'Orient-Le Jour que Georges Zreik avait en effet des dettes auprès de l'école et qu'il s'était adressé à la direction en exprimant sa volonté de retirer ses enfants de l'établissement. Il a alors réclamé une attestation pour pouvoir les inscrire dans une autre école. La direction aurait alors refusé cela, lui rappelant qu'il devait d'abord s'acquitter des frais de scolarité qu'il devait à l'établissement.
Une source proche de la direction de l'école dément toutefois cette version des faits et souligne que la victime était exemptée de payer les frais scolaires et ne s'acquittait que des frais de fourniture. Elle affirme que Georges Zreik, en colère, s'est présenté à l'école et semblait vouloir en découdre. La direction de l'établissement aurait alors tenté de le calmer et le dissuader de retirer ses enfants de l'école, sans succès. Il serait alors passé à l'acte. La source parle d'un "acte prémédité".


Le bureau du ministre de l'Education Akram Chehayeb a annoncé avoir ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances du drame. "Le ministère de l'Education a fait en sorte cette année que des milliers d'élèves qui ont quitté les bancs des écoles privées soient accueillis dans les écoles publiques en raison des conditions économiques difficiles et n'a jamais hésité à délivrer les attestations nécessaires pour ces inscriptions, car l'éducation est un droit pour tous", a encore affirmé le bureau du ministre. Après avoir présenté ses condoléances à la famille de la victime, il a fait savoir qu'il allait "assurer l'éducation des enfants de Georges Zreik en leur octroyant les bourses nécessaires".


Réagissant à cette tragédie, l'ancien ministre de la Justice, Achraf Rifi, a écrit sur son compte Twitter : "Georges Zreik s'est immolé car il n'arrivait pas à payer la scolarité de ses enfants (...) C'est un assassinat, pas un suicide! Libanais, haussez  la voix et dites stop pour que Georges ne soit pas tué une seconde fois. Criez-le avant que les requins de la cupidité et de la corruption ne vous dévorent".

Le leader druze Walid Joumblatt a estimé pour sa part, dans un commentaire sur Twitter, que le drame lui rappelait le cas du vendeur ambulant tunisien Mohamed Bouazizi, excédé par la pauvreté et les humiliations policières, qui s'était fait immoler le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, provoquant la révolution tunisienne qui avait déclenché les printemps arabes. "En attendant la loi sur les PPP (Partenariats public-privé) et la mise en place des instances de contrôle et des réformes, un citoyen dans le Koura nous rappelle Bouazizi", a-t-il affirmé.



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Cadige William

Dans un pays dont la majorite des citoyens sont devenus denues de toute humanite, ou le clerge veut plus s’occupper de politique que de charite, ou le sens des valeurs et de la charite chretienne s’amenuisent jour apres jour, esperons que l’acte desespere de ce pere de famille ne passera pas totalement inapercu comme un simple fait divers! S’il existe encore quelques consciences parmi nos dirigeants dans ce pays, peut etre devraient elles d’un commun essor reagir et vite.

Atalante fugitive

Trop écoeurée pour en parler.

Eleni Caridopoulou

Les enfants sont orphelins et le plus triste est qu'ils n'oublieront jamais cette mort tragique

Bustros Mitri

Quel gâchis ! Terrible tragédie!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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