Nos Lecteurs ont la Parole

Parallélismes

Nicolas SBEIH
OLJ
08/02/2019

Comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef; qu’il y eût un État.

Cette citation de Charles de Gaulle, qui concerne le président Albert Lebrun (1932-1940), trouve son origine dans la manière dont ce président a tenté de conquérir le pouvoir et de s’y maintenir, sans vraiment l’exercer comme il fallait. De sorte que l’État s’est disloqué, alors qu’il était censé faire face à la fois à la récession économique des années 1930 et à la montée du nazisme, malgré ses prérogatives limitées.

Un échec total donc, parsemé par des incongruités présidentielles plus prononcées les unes que les autres.

Déjà, son élection (par le Parlement à l’époque avant l’introduction du suffrage universel) était le résultat d’une faille constitutionnelle. Il fut élu par un parlement de droite qui était en fin de parcours, alors que le parlement de gauche qui venait d’être formé n’avait pas encore pris ses fonctions.

Son mandat fut caractérisé par une instabilité politique et la succession de gouvernements plus improductifs les uns que les autres. Durant son mandat (renouvelé en 1939 à la faveur de la guerre), il a fait le grand écart entre le gauchisant Front populaire (avec Léon Blum comme Premier ministre), en 1936, et le pronazi maréchal Pétain en 1940. En réalité, il était opposé à l’origine à l’un et à l’autre, mais il s’en est bien accommodé pour pouvoir rester au pouvoir. Sauf que ceci ne lui a pas beaucoup servi : durant la guerre, il a quand même été écarté militairement par les Allemands.

Cela ne l’a pas empêché de continuer ses oscillations. De son exil, il a ainsi refusé de collaborer avec la Résistance. Mais à la Libération, il voulait quand même rattraper son mandat, qui devait se terminer en théorie en 1946, comme si de rien n’était. Il a même assuré alors à de Gaulle : « J’ai toujours été en plein accord avec ce que vous faites, je tiens à vous attester que je vous suis tout acquis. » Mais Charles de Gaulle s’y est opposé, pensant probablement qu’il a fait déjà assez de dégâts, et finit par lancer sa phrase historique précitée.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

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