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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Par la loi ou par la force : les pro-Iraniens veulent bouter les Américains hors d’Irak

Des miliciens chiites irakiens de l’organisation Badr défilent à Bagdad, lors d’une parade de la Journée al-Qods ou Journée de Jérusalem, le 25 juillet 2014. Thaier al-Sudani/Reuters

Faire partir les Américains d’Irak est désormais l’objectif numéro un des factions armées chiites proches de l’Iran. Et elles ont, disent leurs dirigeants, deux solutions pour cela : la loi ou les armes.

Ces factions soutenues par l’Iran ont combattu avec le gouvernement irakien contre le groupe jihadiste État islamique (EI) tout comme... les Américains. Mais le président des États-Unis Donald Trump les a indignées en affirmant, dans une interview diffusée dimanche, qu’après le retrait des soldats américains de Syrie, l’Irak servira de base pour « surveiller » Téhéran. Des déclarations qui ont fait tiquer même des alliés de Washington à Bagdad, l’Iran étant un partenaire-clé de l’Irak, économiquement et politiquement.

Un peu plus d’un an après la déclaration de victoire contre l’EI, les relations entre l’Irak et les États-Unis se sont une nouvelle fois tendues. De la guerre du Golfe de 1990 à l’invasion américaine de 2003 qui a renversé Saddam Hussein en passant par l’embargo imposé durant 12 ans aux Irakiens jusqu’à la récente guerre menée de conserve contre l’EI, la relation irako-américaine a connu quelques hauts et beaucoup de bas. Les Américains sont de nouveau vus par certains comme « une force d’occupation » indésirable. Et, s’ils ne partent pas, « chaque Irakien aura le droit légitime de les affronter par tous les moyens », menace Mohammad Mohie, porte-parole des Brigades du Hezbollah, un groupe armé proche de l’Iran. Outre son combat contre l’EI, cette faction est engagée aux côtés du régime de Bachar el-Assad en Syrie. « Si jamais on avait besoin de nous, nous sommes prêts ! » abonde Qaïs al-Khazali, puissant chef de la faction Assaïb ahl al-haq, la ligue des vertueux en arabe.


(Lire aussi : Surveiller l’Iran depuis l’Irak : le pari risqué de Trump)


À l’origine de la procédure : Donald Trump...
Avant d’en arriver à cette extrémité, dans un pays où 4 500 soldats américains ont été tués entre 2003 et 2011 notamment dans des combats contre des milices chiites, M. Mohie dit toutefois vouloir donner une chance à la légalité. Une proposition de loi a été déposée au Parlement afin d’imposer un calendrier de départ aux Américains. Fait rare, elle pourrait faire l’unanimité parmi les deux principales forces de l’Assemblée : la liste emmenée par le leader chiite Moqtada Sadr, qui se veut le champion de l’indépendance de l’Irak, et le bloc pro-Iran des anciens combattants anti-EI.

« Depuis trois ans, les rivalités au Parlement se jouent entre forces chiites », décrypte le chercheur Renad Mansour, du centre de réflexion Chatham House. « Elles ne parviennent pas à s’accorder sur le choix d’un ministre, mais elles se retrouvent sur un point : l’expérience américaine en Irak a été mauvaise. »

Ironiquement, celui qui a donné un nouveau souffle à la proposition de loi organisant le départ des soldats américains est Donald Trump lui-même avec ces propos sur la « surveillance » de l’Iran depuis l’Irak. Les diplomates et militaires américains à Bagdad, « très inquiets », font désormais tout pour « minimiser » ces propos, assure le chercheur Renad Mansour. Donald Trump avait déjà passablement exaspéré les Irakiens en ne rencontrant aucun responsable de leur pays lors de sa visite surprise de Noël aux troupes américaines stationnées à moins de 200 km de Bagdad. Partis définitivement d’Irak en 2011, les soldats américains sont revenus en 2014, cette fois-ci au sein de la coalition contre l’EI en Irak et en Syrie.


(Lire aussi : De la Syrie à l'Afghanistan, Trump martèle sa volonté de retrait)


Par étapes
Aujourd’hui, les États-Unis cherchent à se servir du pays pour « en faire une base pour attaquer les pays voisins », assure M. Khazali. « Trump n’a pas compris que l’Irak est un pays fort maintenant », affirme cet homme arborant le turban blanc des docteurs en religion chiites. « Mais il peut être sûr que s’il s’entête, il le paiera très cher », poursuit-il.

Avant cela, la loi sera une « première étape », nuance M. Mohie. Mais, ajoute-t-il aussitôt, « nous pensons que les États-Unis vont de nouveau défier la volonté populaire ». Son groupe, comme les autres, passera alors à la « deuxième étape » : sortir les armes face à « une force d’occupation ».

Et, prévient-il, « les factions de la résistance ont acquis des capacités et une expertise en combattant l’EI », alors que des sources de sécurité irakiennes s’inquiètent que les groupes armés qui se sont multipliés dans le pays aient enrichi leurs arsenaux au gré des batailles gagnées contre l’EI. Cette expérience acquise dans la lutte contre les jihadistes « servira à affronter n’importe quelle armée qui menacerait l’Irak et sa souveraineté », affirme M. Mohie. Et surtout, renchérit M. Mansour, ce potentiel affrontement permettra aux factions chiites « de trouver une menace externe sur laquelle concentrer l’attention plutôt que sur leurs problèmes internes ».


Pour mémoire

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Faire partir les Américains d’Irak est désormais l’objectif numéro un des factions armées chiites proches de l’Iran. Et elles ont, disent leurs dirigeants, deux solutions pour cela : la loi ou les armes.Ces factions soutenues par l’Iran ont combattu avec le gouvernement irakien contre le groupe jihadiste État islamique (EI) tout comme... les Américains. Mais le président des États-Unis Donald Trump les a indignées en affirmant, dans une interview diffusée dimanche, qu’après le retrait des soldats américains de Syrie, l’Irak servira de base pour « surveiller » Téhéran. Des déclarations qui ont fait tiquer même des alliés de Washington à Bagdad, l’Iran étant un partenaire-clé de l’Irak, économiquement et politiquement.Un peu plus d’un an après la déclaration de victoire contre...
commentaires (3)

QUE FOUTENT-ILS LES AMERICAINS EN IRAQ ? ILS AVAIENT DEJA COMMIS L,ERREUR STRATEGIQUE DE DEBARRASSER LE PAYS DE SADDAM ET DE LE LIVRER A L,IRAN ! D,OU TOUT CE QUI A SUIVI DANS LA REGION...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 32, le 09 février 2019

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Commentaires (3)

  • QUE FOUTENT-ILS LES AMERICAINS EN IRAQ ? ILS AVAIENT DEJA COMMIS L,ERREUR STRATEGIQUE DE DEBARRASSER LE PAYS DE SADDAM ET DE LE LIVRER A L,IRAN ! D,OU TOUT CE QUI A SUIVI DANS LA REGION...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 32, le 09 février 2019

  • Mais je suis sidéré que cela puisse révolter quelques uns , les irakiens sont chez eux et de chez eux formuler le désir de recevoir qui leur plaît. Les américains ne sont que des envahisseurs à la base , du fait qu'ils n'ont pas remplies leurs promesse de vie meilleure, de démocratie et patati et patata en Irak après le départ de saddam , les habitants de l'Irak sont en droit de les BOUTER HORS D'IRAK, à moins que des personnes spécialistes marginales viennent encore nous dire que ces irakiens ne sont que des " occupants-envahisseurs " de leur propre terre , comme elles se plaisent à l'insinuer ailleurs .

    FRIK-A-FRAK

    09 h 20, le 08 février 2019

  • Le Amid Raymond Eddé, l’avaitBien dit au Président Chamoun et Le leader Pierre Gemayel faites gaffe de laisser le Liban devenir partie intégrante du problème du Moyen Orient. Bien qu’il y soit immiscé faisons en sorte de garder ce petit pays en dehors des conflits sinon toute solution sera à ses dépends et les solutions ne seront jamais de si tôt . Ceci était alors possible et faisable; Chimérique Non - il fallait y croire Message à remettre en relief pour les novices de la politique dans cet espace de l’orient en voie d’une désintégration systématique

    EDDE PAUL

    07 h 54, le 08 février 2019

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