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Accusations explosives contre Trump, son avocat dément

Etats-Unis

Le président américain aurait demandé à son ancien avocat de mentir au Congrès, dans un nouvel épisode du dossier russe qui empoisonne déjà sa présidence.

OLJ/AFP
18/01/2019

"Catégoriquement faux": un avocat de Donald Trump a assuré vendredi que le président américain n'avait pas ordonné à son ancien homme de confiance de mentir au Congrès, après la publication d'accusations explosives liées à l'ultra-sensible enquête russe.

Jeudi soir, le site d'information BuzzFeed News a écrit, en s'appuyant sur deux sources policières fédérales anonymes, que Donald Trump avait demandé à son ancien avocat personnel Michael Cohen de mentir lors de son audition au Congrès en 2017 à propos de discussions sur un projet immobilier en Russie. L'accusation est grave. Selon BuzzFeed, il s'agit là du premier exemple de M. Trump demandant à un subordonné de mentir directement sur ses affaires avec la Russie.

L'opposition démocrate a immédiatement promis d'enquêter. Si ces allégations "s'avéraient exactes, elles représenteraient une incitation au parjure et une obstruction à la justice", a souligné Adam Schiff, président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, en s'engageant à "suivre les preuves où qu'elles nous mènent".

Donald Trump s'est jusqu'ici gardé d'une réaction frontale. Il a juste rappelé dans un tweet laconique que son ancien avocat avait été condamné pour parjure et fraude. "Il ment pour réduire sa peine de prison", a-t-il de nouveau affirmé. Son avocat personnel Rudy Giuliani s'est montré plus direct: suggérer que "le président a conseillé à son ancien avocat de mentir est catégoriquement faux", a-t-il indiqué dans une déclaration citée par les médias américains. "C'est encore une de ces accusations ridicules sans fondement ni crédibilité", a ajouté Hogan Gidley, porte-parole adjoint de la Maison Blanche, sur Fox News.

Michael Cohen, qui a pour habitude de confirmer ou d'infirmer sur Twitter les informations de presse le concernant, n'avait toujours pas réagi vendredi en milieu de journée. Son avocat Lanny Davis a fait savoir qu'il ne répondrait à aucune question sur ce sujet.


(Lire aussi : Pourquoi Trump est-il soupçonné de servir les intérêts du Kremlin ?)


Destitution
M. Cohen, tombé en disgrâce aux yeux du président dont il fut pourtant l'un des plus proches collaborateurs, avait déjà reconnu avoir menti au Congrès au sujet d'un projet immobilier de Donald Trump à Moscou. La question est maintenant de savoir s'il l'a fait de son propre chef, ou non.

M. Cohen doit de nouveau témoigner le 7 février au Congrès, devant une commission de la Chambre des représentants, désormais aux mains des démocrates. S'il confirmait, sous serment, les révélations de BuzzFeed, ces accusations seraient explosives et ouvriraient la porte à une possible procédure de destitution. Cet "impeachment" devrait être confirmé par un vote du Sénat, contrôlé par les républicains, le parti de M. Trump.

La présidence de Donald Trump est sous la menace de l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller pour déterminer notamment s'il y a eu collusion entre la campagne du milliardaire et la Russie en 2016. Dans ce cadre, le procureur cherche en particulier à savoir si les liens d'affaires entre Donald Trump et Moscou ont pu avoir une influence sur la campagne.

En 2015, le magnat de l'immobilier avait relancé un vieux rêve: construire une tour Trump de 100 étages à Moscou. Michael Cohen avait d'abord déclaré devant le Congrès que les discussions sur ce projet avaient pris fin début 2016. Puis il avait reconnu avoir menti puisque celles-ci se sont poursuivies jusqu'en juin, après la victoire de Donald Trump aux primaires républicaines.

Ancien avocat et homme de confiance du milliardaire républicain, Michael Cohen a accepté de coopérer avec la justice car le procureur Mueller avait débusqué plusieurs de ces malversations. Dans ce cadre, il a été condamné en décembre à 3 ans de prison, une peine qu'il devrait commencer à purger dans les prochaines semaines. La justice a estimé que celui qui fit partie pendant dix ans du cercle rapproché du magnat de l'immobilier avant de se retourner contre lui, avait violé la loi sur le financement des campagnes électorales et qu'il avait agi "sous la direction" de Donald Trump. Des accusations balayées d'un revers de main par le président, qui assure n'avoir jamais demandé à son ancien avocat d'enfreindre la loi.


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L’azuréen

Beaucoup ont penser qu’il ne pourrait pas finir son mandat ....

ACQUIS À QUI

Dommage qu'il doive partir, je commençais franchement à m'attacher à ce clown américain.

Je ne suis pas sûr que le prochain qui le remplacerait puisse être aussi drôle, tout pantin qu'il serait de toute façon.

On rirait moins fort et moins très fort.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN MANDAT EMPOISONNE QUE CELUI DE TRUMP ! ON ENTENDRA D,AUTRES CHOSES ENCORE...

Sarkis Serge Tateossian

Trop de cafouillages, d'erreurs politiques et diplomatiques ont marqué le début du mandat Trump.

Le président de la plus grande puissance du monde quand il prend la décision de quitter un champ de bataille et une coalition de pays alliés et amis stratégiques....(europe) suite à une turqueries (bavardages pour rien ne dire), avec un président de niveau d'Erdogan... C'est qu'on n'est nullement digne de présenter l'Amérique.

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