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Macron poursuit le "grand débat" avec des maires qui lui demandent du concret

France

Le matin, des heurts avaient opposé à Souillac des manifestants aux forces de l'ordre, qui les ont repoussés, parfois à coups de matraque, et ont procédé à deux interpellations.


OLJ/AFP
18/01/2019

Le président français Emmanuel Macron poursuit vendredi dans le sud-ouest le "grand débat" lors duquel des maires lui ont demandé des actions concrètes, l'avertissant que des mots seuls ne suffiraient pas à apaiser la colère des "gilets jaunes", à la veille de l'acte 10 du mouvement.

Après un débat marathon de sept heures avec des centaines de maires, qui avait officiellement lancé le "grand débat national" mardi dans le nord-ouest du pays, le président poursuit une tournée d'une dizaine de déplacements en France d'ici au 15 mars, à la rencontre des maires mais aussi des "citoyens".

Vendredi, il faisait face à 600 maires, à Souillac, un bourg rural de 3.750 habitants dans le sud-ouest de la France. Désireux d'un débat "sans tabou", Emmanuel Macron a été pris au mot par les élus. Ce grand débat est-ce "une opération de com', une mascarade, de l'enfumage?", l'a interrogé le président des maires ruraux du département du Lot, Christian Venries, fustigeant des "lois complètement déconnectées".

Face à un chef de l'Etat qui prenait des notes, assis au premier rang, d'autres élus ont égrené les doléances de leurs citoyens. Au premier rang de leurs préoccupations: l'affaiblissement des services publics et le manque d'Internet haut débit dans les campagnes, qui se sentent défavorisées. Emmanuel Macron a souhaité que cette consultation nationale ait pour "vocation de recréer par la délibération cette part de consensus dont nous avons besoin".

L'émotion a ensuite été palpable lorsque l'assitance a longuement applaudi le maire de Trèbes, cette commune notamment frappée en 2018 par un attentat qui a fait fait quatre morts.

Malgré le dispositif de sécurité autour de Souillac, village médiéval typique sur les rives de la Dordogne, des "gilets jaunes" sont venus protester. Le président français est cependant allé à la rencontre des habitants. "Je ne suis pas sourd, c'est pour ça que je vais au contact", a répondu le président à un artisan.


(Lire aussi : Lettre d'Emmanuel Macron aux Français : les principaux points)


Quelques heurts
Le matin, des heurts avaient opposé les manifestants aux forces de l'ordre, qui les ont repoussés, parfois à coups de matraque, et ont procédé à deux interpellations.

Cette fronde populaire perdure depuis plus de deux mois et une nouvelle manifestation nationale est annoncée pour samedi, pour la dixième fois consécutive. De nouvelles violences sont craintes, comme lors de la plupart des épisodes précédents.

Le gouvernement avait espéré un essoufflement du mouvement mais, après une baisse de la mobilisation lors des fêtes de fin d'année, le nombre des manifestants est reparti à la hausse. Ils étaient 50.000 dans toute la France le 5 janvier puis 84.000 une semaine plus tard, cette fois-là sans heurts majeurs.

Le nombre de manifestants pourrait rester important ce samedi, de nombreux "gilets jaunes" doutant d'être réellement entendus dans le cadre du "grand débat", une consultation inédite décidée pour répondre à la crise sociale, la pire essuyée par Emmanuel Macron depuis son élection en 2017.

Des appels à manifester ont été lancés à Paris et dans de nombreuses villes. Le gouvernement a annoncé qu'il mettrait de nouveau "beaucoup de forces de l'ordre dans la rue", alors que la polémique enfle sur l'accumulation de blessures graves de manifestants causées notamment par les lanceurs de balles de défense (LBD).

Lancé à la hâte, le grand débat s'organise peu à peu.

Mais si 94% des Français en ont entendu parler, ils sont 64% à rester sceptiques sur son utilité et moins d'un tiers (29%) comptent y participer, selon un sondage Odoxa Dentsu consulting diffusé jeudi.


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Sarkis Serge Tateossian

Les maires lui demandent du concret. À vrai dire le peuple entier lui demandent que du concret, du vrai.



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