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Moyen Orient et Monde

Pas d’effet gilets jaunes pour la gauche radicale

Éclairage
OLJ
12/01/2019

Soutien précoce au mouvement, défense des manifestants face à la « violence policière », passe d’armes avec Emmanuel Macron, rien n’y fait : le dirigeant de la gauche radicale française, Jean-Luc Mélenchon, ne semble pas bénéficier d’un effet « gilets jaunes ».

Les sondages, déjà peu encourageants avant les fêtes avec des intentions de vote à peine plus élevées que 10 % pour les européennes de mai, continuent d’être peu flatteurs en ce début d’année. Jeudi, la cote d’avenir prêtée au patron de La France insoumise (LFI) par Kantar-Sofres pour Le Figaro Magazine a accusé une spectaculaire chute de 6 points, à 23 % ; sa popularité a aussi enregistré une baisse de trois points, à 20 %, selon Elabe/Les Échos.

Peut-être plus préoccupant encore pour LFI : elle n’est plus la formation qui « incarne le mieux l’opposition » au chef de l’État, selon une enquête publiée mardi par l’IFOP. Seuls 30 % des sondés le pensent désormais (-12 points en quatre mois), contre 35 % pour le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN, ex-FN) de Marine Le Pen. De quoi donner du grain à moudre à l’ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, qui a déclaré lundi : « Aujourd’hui, Mélenchon parle, et c’est Le Pen qui va récolter les voix. »

La stratégie d’omniprésence sur les réseaux sociaux en faveur des « gilets jaunes », qui contestent depuis près de deux mois la politique sociale et fiscale du président Emmanuel Macron, est pour l’heure un échec. La relative indifférence d’Éric Drouet, figure contestée du mouvement pour lequel Jean-Luc Mélenchon a exprimé sa « fascination », est emblématique. « Ce n’est pas un texte de Mélenchon qui va changer notre cause », a-t-il lâché. Philippe Raynaud, professeur de sciences politiques à l’Université Panthéon-Assas, note auprès de l’AFP que M. Mélenchon pourrait perdre sur les deux tableaux. « Son gain politique est faible auprès des gilets jaunes, et il va payer un prix à gauche », estime le politologue. Il cède en effet cinq points, dans l’enquête Kantar-Sofres, auprès des sympathisants de gauche.

« Je prends des risques »

Son soutien aux gilets jaunes a en effet pu être mal perçu au sein de la gauche. Selon un sondage Elabe diffusé le 5 décembre, 36 % des personnes interrogées se disant « gilets jaunes » ont voté pour Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (et 28 % pour Jean-Luc Mélenchon). Des propos racistes et antisémites proférés par certains « gilets » ont eux aussi choqué des militants de gauche. « LFI ne s’y prend pas si mal, mais il faut aussi apprendre à se taire, comme Marine Le Pen », souligne une figure de LFI, observant que « Mélenchon surjoue beaucoup ». La présidente du FN se contente en effet de rares saillies. « Je prends des risques, car j’écris 30 000 signes par semaine, mais il faut pouvoir parler », s’est défendu jeudi Jean-Luc Mélenchon sur le média vidéo en ligne Brut. Jean-Luc Mélenchon, ancien ministre et sénateur aujourd’hui âgé de 67 ans, incarne malgré lui la « caste » que les gilets jaunes rejettent, estime de son côté la sénatrice socialiste Laurence Rossignol.

Certains Insoumis relativisent les sondages, à l’image de Manuel Bompard, le directeur opérationnel de la formation. « Rien n’a de valeur en cette période. Mais j’observe avec plaisir que nos thèmes, ceux de justice fiscale et de rénovation démocratique, sont repris », estime-t-il. Il lit différemment l’attitude de Jean-Luc Mélenchon : il s’agit pour LFI d’être « des protecteurs » pour ce mouvement qui « n’est pas en recherche de représentation ». La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, qui l’automne dernier a quitté le Parti socialiste pour s’allier à LFI, veut croire au temps long : « Du calme ! En politique, certaines choses que l’on fait ne sont pas super sur le moment, mais comptent plus tard. »

Baptiste BECQUART/AFP

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