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Quelles sont les forces anti-régime dans le nord-ouest de la Syrie?

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Cette zone échappe encore au régime de Bachar el-Assad.

OLJ/AFP
12/01/2019

La province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, est aujourd'hui contrôlée dans son intégralité par le puissant groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), mais la région accueille aussi d'autres factions jihadistes ainsi que d'autres forces rebelles.

Quels sont les principaux groupes en présence dans les territoires du nord-ouest syrien qui échappent encore au régime de Bachar el-Assad?


Hayat Tahrir al-Cham

En vertu d'un accord de cessez-le-feu avec des rebelles, dévoilé jeudi à l'issue d'une offensive, HTS, une alliance jihadiste dominée par l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda, a renforcé son emprise sur Idleb, en imposant son contrôle administratif sur toute la province ainsi que sur des territoires adjacents dans les régions voisines d'Alep, Hama et Lattaquié.

Dans la province d'Idleb, HTS contrôle les points de passage à la frontière turque, ainsi que des secteurs de deux autoroutes stratégiques qui traversent Idleb et permettent de connecter les zones gouvernementales syriennes avec la Turquie.

Le groupe compte environ 25.000 combattants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il a mis en place une administration locale, surnommée le "gouvernement du salut".

Quelques poches de la province sont tenues par d'autres factions jihadistes alliées. Il s'agit notamment de Hourras al-Din, un groupe officiellement lié à el-Qaëda qui compte plusieurs milliers de combattants syriens et étrangers, dont certains sont des vétérans des guerres en Irak et en Afghanistan. Quelques milliers d'autres jihadistes appartiennent au Parti islamique du Turkestan, dominé par des combattants ouïghours, et affilié à el-Qaëda mais dont les liens avec HTS sont plus étroits.


(Lire aussi : La coalition dirigée par Washington annonce le début de son retrait de Syrie)


Le Front national de libération

Ces dernières années, les groupes rebelles d'Idleb se sont livrés à des luttes d'influence souvent meurtrières avec les jihadistes, pour consolider leur pouvoir au sein de la province. Mais parfois aussi, ils ont dû faire front commun face au régime.

C'est en août 2018 que le Front national de libération (FNL), la principale coalition de groupes rebelles aujourd'hui à Idleb, a été formée, rassemblant des dizaines de milliers de combattants. Certains rebelles sont arrivés d'autres régions du pays d'où ils ont été chassés par le régime qui leur a repris depuis 2016 de nombreux territoires. Ils avaient participé aux grandes batailles qui ont secoué la Ghouta orientale, aux portes de la capitale Damas, ou la ville d'Alep, autrefois divisée entre quartiers gouvernementaux et secteurs insurgés.

Les factions du FNL traversent aujourd'hui une période très difficile. Après l'offensive de HTS, le FNL a perdu tous ses territoires qu'il avait dans l'ouest de la province d'Alep. Les jihadistes ont mis notamment en déroute le groupe Noureddine al-Zinki, dont les combattants se sont réfugiés dans des régions rebelles pro-Ankara, dans le nord de la province d'Alep. Au début du conflit déclenché en 2011, les rebelles étaient focalisés dans la lutte contre le régime. Ils étaient soutenus par certains pays du Golfe ou de l'Occident, un appui qui s'est aujourd'hui réduit.


(Lire aussi : Comment Ankara a perdu Idleb)


L'Armée nationale syrienne

D'autres rebelles syriens, à la solde d'Ankara, sont aussi présents dans le nord-ouest de la Syrie, en dehors de la province d'Idleb. L'Armée nationale syrienne est ainsi le nom donné à une coalition de groupes stationnés dans le nord de la province d'Alep. Ces factions ont été directement équipées, armées et financées par la Turquie. Ces groupes ont participé à l'offensive lancée par Ankara et qui a permis de conquérir en mars 2018 l'enclave kurde d'Afrine, non loin de la frontière avec la Turquie.

Par le passé, ils ont aussi pris part à d'autres opérations militaires menées par la Turquie dans le nord syrien contre les forces kurdes ou les jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Ces rebelles pro-Ankara tiennent notamment les villes d'Aazaz, Al-Bab et Jarablos. Ils se sont récemment massés près de la ville emblématique de Manbij, tenue par une coalition arabo-kurde, suite à l'annonce en décembre du retrait des troupes américaines de Syrie. Depuis la conquête d'Afrine, la Turquie a menacé à plusieurs reprises d'attaquer Manbij et des territoires kurdes plus à l'est, le long de sa frontière. Ankara considère en effet la principale milice kurde comme un groupe "terroriste".


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Remy Martin

N'oublions jamais que le tout puissant Hitler a bien fini par se suicider. L'Histoire n'est-elle-pas un eternel recommencement ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA CASSE VA COMMENCER PROCHAINEMENT...

Amère Ri(s)que et péril.

Pourquoi se fatiguer à nous expliquer ce qui est tellement simple à comprendre ?

Ces rebelles / wahabites/ bensaouds etc... aux noms divers ne sont que des créations de l'occident sous influence sioniste puisés dans un réservoir du côté de la bensaoudie et alliés .

ouighourts , afghans, paki etc... hts bts mbs etc... ne sont que ces résidus de bactéries glanées ici et là , à l'époque où on pensait faire tomber un héros syrien en 2 mois .

Du même tarif que leurs frères battus ailleurs en Syrie, ils seront éradiqués jusqu'au dernier .

Que ca plaise aux usa , à la bensaoudie , à la France , à l'Angleterre ou a leurs sympathisants libanais ou pas !

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