Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, recevant une délégation du Hezbollah à Bkerké, le 2 janvier 2019. Photo ANI
Le Hezbollah s'attend à ce que le gouvernement libanais soit formé dans les prochains jours, a affirmé mercredi le vice-président du conseil politique du parti chiite, Mahmoud Komaty, à l'issue d'une réunion avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï.
"Nous ne faisons assumer à aucune formation politique la responsabilité de l'échec de la formation du gouvernement", a déclaré depuis Bkerké M. Komaty, qui conduisait la délégation du Hezbollah, soulignant que l'échec de la dernière tentative de médiation, menée par le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, était dû à "un problème de dernière minute".
Il a ajouté qu'aucun obstacle extérieur au pays n'entrave la formation du cabinet, disant avoir assuré au patriarche Raï que "toutes les parties sont sérieuses" et qu'il s'attendait à "une formation très prochaine du gouvernement".
Le responsable du Hezbollah a par ailleurs affirmé qu'il n'y avait pas de tension entre sa formation et le Courant patriotique libre (fondé par le chef de l'Etat). Il a ajouté que "les us et coutumes ont souvent été changées lors de la mise sur pied du cabinet, et toutes les parties les ont modifiées lors du processus de formation du gouvernement". Il faisait en référence aux déclarations faites par le chef de l'Etat, Michel Aoun, qui avait accusé mardi dernier certaines formations politiques de "tenter de créer de nouvelles coutumes dans le processus de formation du gouvernement, des coutumes inconnues par le passé".
La formation du gouvernement semblait imminente avant les fêtes, avant l'apparition de nouvelles complications. Les six députés sunnites pro-8 Mars, soutenus par le Hezbollah, avaient annoncé qu'ils retiraient le nom de Jawad Adra de leur liste de ministrables à présenter au président de la République. Selon des informations concordantes, cette décision était motivée par la volonté du chef du CPL, Gebran Bassil, d'attirer M. Adra dans son giron et de former avec les ministres nommés par son parti et le chef de l’Etat un groupe de 11 ministres pour constituer un tiers de blocage au sein du gouvernement. La répartition des portefeuilles, et notamment ceux de l'Industrie, de l'Environnement et de l'Information, pose aussi problème entre les différentes formations politiques. A la mi-novembre, le Premier ministre désigné, Saad Hariri avait accusé son grand rival politique, le Hezbollah, d'entraver la formation d'une nouvelle équipe ministérielle.
Le responsable du Hezbollah a souligné dans ce cadre qu'il était "du droit de la Rencontre consultative (le bloc des six députés sunnites) d'être représentée au gouvernement, et c'est à elle de choisir son représentant".
Relançant les tractations gouvernementales, le Premier ministre désigné a reçu à la Maison du Centre M. Bassil, avec qui il a discuté des derniers développements politiques. A l'issue de leur réunion, Gebran Bassil a annoncé avoir "proposé plusieurs idées à Saad Hariri en ce qui concerne le dossier gouvernemental". "Nous nous sommes mis d'accord pour poursuivre nos contacts avec les responsables concernés avant de nous entretenir à nouveau sur le sujet", a-t-il ajouté.
De son côté, le chef de l'Etat a affirmé "suivre de près les contacts en cours entourant la formation du cabinet, à la lumière de ce qui a été discuté avec Saad Hariri" qui avait été reçu la veille au palais de Baabda.
(Lire aussi : Le Liban ne "peut pas" continuer sans gouvernement, met en garde Hariri)
Un gouvernement "avant le sommet arabe de Beyrouth"
Plus tôt dans la journée, le vice-président de la Chambre, Elie Ferzli, avait lui aussi fait part de son optimisme quant à une formation du gouvernement "dans les prochains jours", avant la tenue du Sommet économique arabe les 19 et 20 janvier à Beyrouth.
"La naissance du gouvernement aura lieu dans les prochains jours et nous nous dirigeons vers une résolution des obstacles", a affirmé M. Ferzli, membre du bloc du Liban fort, à la radio "La Voix du Liban" (93.3). Il a ajouté que "le pays ne pouvait plus supporter le retard dans la formation" du cabinet, "surtout que nous accueillons le sommet économique arabe". Il a dans ce cadre appelé "les parties concernées à faire des concessions afin de régler le problème de la représentation des sunnites de la Rencontre consultative, via une personnalité de leur choix, qui sera acceptée par le Premier ministre désigné".
Le député Kassem Hachem, membre de ce groupe de députés, a également affiché son optimisme quant à une formation prochaine du gouvernement. "La personne qui représentera la Rencontre consultative devra respecter ses engagements et ne pourra donc pas appartenir à telle formation politique ou telle autre. L'accord trouvé précédemment a été torpillé mais la Rencontre consultative n'est pas responsable de cela", a-t-il déclaré.
Des sources proches de la Rencontre consultative ont toutefois nuancé l'optimisme de MM. Ferzli et Hachem, en soulignant que "personne ne les avait contactés afin de discuter de nouvelles propositions", selon des informations rapportées par la chaîne de télévision locale LBC. Ces sources ont souligné que les noms des trois ministrables proposés restaient d'actualité, à savoir ceux de Osmane Majzoub, Hassan Mrad et Taha Nagi.
Adoption du budget de l'Etat
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a de son côté estimé, selon des propos rapportés par le député Ali Bazzi, présent à la réunion hebdomadaire à Aïn el-Tiné, que "les développements dans la région confirment que le blocage gouvernemental n'est pas externe".
M. Berry a en outre souligné que "la seule solution est de mettre en place un Etat civil" qui remplacerait le système confessionnel sur lequel se base la politique libanaise, rappelant qu'il propose cette solution depuis de nombreuses années.
Le chef du Législatif a par ailleurs suggéré de suivre l'exemple de la jurisprudence qui avait été prise en compte en 1969, afin de faire voter la loi des finances alors que le gouvernement du Premier ministre désigné d'alors, Rachid Karamé, était démissionnaire depuis sept mois. "Il est essentiel d'adopter le budget de l'Etat", a souligné M. Berry, affirmant qu'il a discuté de cette proposition avec Saad Hariri et qu'il est prêt à la mettre en oeuvre.
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L'histoire raconte qu'une mère faisait une soupe de cailloux pour que ses enfants affamés croient qu'un plat exquis et nutritif leur sera donné... Merci CPL et hezb pour la soupe.
20 h 56, le 02 janvier 2019