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Le bras droit de Carlos Ghosn libéré sous caution

Le Franco-Libano-Brésilien, qui veut "faire entendre sa voix et laver son honneur", a été transféré depuis plusieurs semaines dans une cellule plus spacieuse, bénéficiant de meilleures conditions de détention. Il rencontre régulièrement les différents représentants de l'ambassade de France, du Brésil et du Liban, pays dont il détient la nationalité, mais n'a pu voir sa famille.


Le bras droit de Carlos Ghosn, l'Américain Greg Kelly, a été relâché sous caution par le tribunal de Tokyo, mardi 25 décembre 2018. AFP / Kazuhiro NOGI

L'Américain Greg Kelly, arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que l'homme d'affaires franco-libano-brésilien Carlos Ghosn, a été relâché mardi sous caution, tandis que l'ex-patron de Nissan reste lui en garde à vue jusqu'au 1er janvier au moins. Le tribunal de Tokyo avait approuvé un peu plus tôt sa remise en liberté en échange du paiement d'une somme de 70 millions de yens (environ 560.000 euros au cours actuel). Il a confirmé l'avoir reçue en espèces.

M. Kelly qui, contrairement à M. Ghosn, ne fait pas l'objet d'un troisième mandat d'arrêt, est sorti de prison dans la soirée, après le rejet du recours déposé par le parquet. Il est apparu sur les images de télévision les traits tirés, et s'est aussitôt engouffré dans un taxi, visage fermé, sans s'exprimer. Dans un communiqué cité par l'agence de presse Kyodo, il a réfuté les accusations et dit espérer "un acquittement" lors du procès à venir. "Je veux restaurer ma réputation", a-t-il insisté. Sa libération est assortie de conditions: d'après les médias japonais, il ne sera pas autorisé à quitter le Japon, ni à entrer en contact avec des personnes liées au dossier.

Considéré comme le bras droit de Carlos Ghosn chez Nissan, Greg Kelly avait été inculpé le 10 décembre pour avoir, selon les accusations du parquet, aidé le dirigeant à dissimuler une partie de ses revenus aux autorités boursières, environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015. L'homme, âgé de 62 ans, est aussi soupçonné d'avoir participé à une minoration similaire d'émoluments de M. Ghosn de 2015 à 2018.



"Trahison"
Dans une vidéo mise en ligne sur internet ce week-end, la femme de Greg Kelly s'inquiétait d'une "détérioration de sa santé". "Il doit être opéré rapidement pour cause de douleurs cervicales", avait expliqué Dee Kelly. "Je voudrais voir très vite le médecin et suivre un traitement", a souligné M. Kelly, évoquant "des moments difficiles" durant sa détention du fait de sa maladie.
Le responsable américain avait été attiré mi-novembre à Tokyo par un employé de Nissan pour y être arrêté, selon la version de son épouse qui a dénoncé "un complot international, une trahison de certains dirigeants de Nissan pour prendre le contrôle" du constructeur japonais.

Peu après l'interpellation des deux hommes, le groupe avait démis M. Ghosn de la présidence du conseil d'administration et M. Kelly de ses fonctions de représentation. Le magnat de l'automobile a aussi été révoqué de Mitsubishi Motors. Il demeure en revanche PDG de l'entreprise française Renault.

Si M. Kelly peut être libéré sous caution, ce n'est pas le cas de M. Ghosn qui est toujours en garde à vue. Il est sous le coup d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires concernant cette fois l'abus de confiance, après son inculpation pour dissimulation de revenus sur la période 2010-2015. La justice a décidé dimanche de prolonger sa détention jusqu'au 1er janvier, et le parquet peut encore à cette échéance requérir une extension de 10 jours supplémentaires.



(Lire aussi : Carlos Ghosn derrière les barreaux jusqu'au 1er janvier au moins)



"Laver son honneur"
Selon une source proche du dossier, M. Ghosn espérait pourtant être libéré sous caution la semaine dernière et ses avocats préparaient sa sortie, avant que ne tombent les nouvelles charges. Le dirigeant de 64 ans, qui veut "faire entendre sa voix et laver son honneur", a été transféré depuis plusieurs semaines dans une cellule plus spacieuse, bénéficiant de meilleures conditions de détention. Il rencontre régulièrement les différents représentants de l'ambassade de France, du Brésil et du Liban, pays dont il détient la nationalité, mais n'a pu voir sa famille.

Au cours des auditions, M. Ghosn aurait reconnu avoir signé des documents mentionnant des paiements qu'il était censé percevoir au moment de quitter Nissan, en tant que consultant, mais il assure, selon une personne au fait des investigations, que ces montants n'étaient pas définitivement établis et n'avaient donc pas à être inclus dans les rapports publics de l'entreprise.

Sur l'autre motif d'abus de confiance, il lui est reproché d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan". Concrètement, le bureau des procureurs l'accuse d'avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros). Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami saoudien se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan.

De son côté, Carlos Ghosn dément tout lien entre les deux affaires et assure que ce proche a été rétribué pour des services rendus à Nissan.



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L'Américain Greg Kelly, arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que l'homme d'affaires franco-libano-brésilien Carlos Ghosn, a été relâché mardi sous caution, tandis que l'ex-patron de Nissan reste lui en garde à vue jusqu'au 1er janvier au moins. Le tribunal de Tokyo avait approuvé un peu plus tôt sa remise en liberté en échange du paiement d'une somme de 70 millions de yens...
commentaires (6)

Tiens..tiens... On parle de complot ? Non pas que je sois contre cette idée, mais qu'on en parle quand ça nous arrange me laisse pantois , moi le pantin.

FRIK-A-FRAK

11 h 50, le 26 décembre 2018

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Tiens..tiens... On parle de complot ? Non pas que je sois contre cette idée, mais qu'on en parle quand ça nous arrange me laisse pantois , moi le pantin.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 50, le 26 décembre 2018

  • Et on dit que les japonais sont un peuple civilisé et d’un grand raffinement !!! Carlos Ghosn n’a même pas pu voir sa famille pour les fêtes de Noel. Je vois plutôt un système judiciaire archaïque, sauvage, discriminatoire, xenephobe et raciste. Mais un pays qui a inventé le hara kiri et les kamikaze ne peut être qu’a l’image de la sauvagerie de ces inventions. Carlos Ghosn est le plus grand patron de l’industrie automobile au Japon et dans le monde. Il me semble que ce qui se passe n’est qu’une grande machination inventée de toutes pièces pour reprendre le contrôle de Nissan.

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 36, le 26 décembre 2018

  • Y A DU RACISME COMMERCIAL QUAND MEME DANS CETTE HISTOIRE !

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 16, le 26 décembre 2018

  • Il ne faut pas se leurrer , il s’agit d’un complot destiné à reprendre les rênes de nissan et de Mitsubishi.

    L’azuréen

    08 h 08, le 26 décembre 2018

  • Ça va durer encore longtemps cette mascarade? Et ça rime a quoi de lui interdire de voir ses proches? Ailleurs ,meme les criminels sont mieux traites ! Mr. Macron, bougez vous un peu ! Mr.Ghosn est quand meme une fierte de l’industrie francaise.

    Marie-Hélène

    07 h 22, le 26 décembre 2018

  • Ça lui fait une belle jambe à Carlos!

    Tina Chamoun

    06 h 50, le 26 décembre 2018

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