Un drone armé (ou missile de croisière) en train d’être lancé, produisant une traînée de feu et de fumée derrière lui. Photo AFP
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a appelé lundi les belligérants au Yémen à « cesser immédiatement » toute offensive, alors qu'une intensification des attaques rebelles risque selon lui de plonger à nouveau le pays dans « un conflit à grande échelle ».
Après des années de calme relatif, les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, intensifient leurs attaques contre des zones contrôlées par le gouvernement, allié à l'Arabie saoudite. La semaine dernière, les houthis ont lancé leurs offensives les plus meurtrières depuis des années, tuant 58 membres des forces gouvernementales, principalement dans la province riche en pétrole de Marib. Le même jour, deux civils ont été tués dans un bombardement houthis sur des zones résidentielles et des camps de déplacés dans la ville de Marib.
« J'exhorte toutes les parties à cesser immédiatement toute action risquant de replonger le Yémen dans un conflit à grande échelle », a exhorté le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, dans un communiqué publié à Genève. Selon le Haut-Commissariat, au moins 17 civils ont été tués ou blessés dans ces attaques visant des régions sous contrôle gouvernemental depuis le 6 août. Trois employés du port de Mokha, ville bordant la mer Rouge, ont notamment été tués dans un tir de missile des rebelles houthis. « J’appelle toutes les parties à désamorcer les tensions et à épargner au peuple yéménite de nouvelles souffrances. Le peuple yéménite a déjà beaucoup trop souffert des conséquences dévastatrices de plusieurs années de conflit, de déplacements et de crise humanitaire », a déclaré M. Türk.
Les hostilités entre les houthis et le gouvernement yéménite ont repris le mois dernier, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022, dans une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran. Outre le blocus maritime, les rebelles ont revendiqué des frappes contre des sites pétroliers dans le royaume saoudien, et au Yémen contre des bases militaires du gouvernement ainsi que contre des troupes et équipements de l'« ennemi saoudien « à Mokha.
Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme indique que parmi les infrastructures civiles touchées lors des récentes attaques figurent notamment des installations de stockage de carburant ainsi qu’un complexe résidentiel de l’hôpital de campagne saoudien à Mokha. « Les attaques contre les infrastructures civiles risquent d’aggraver encore les souffrances de la population civile, alors qu’au moins 18 millions de Yéménites sont déjà en situation d’insécurité alimentaire », a encore déploré M. Türk.

