X

À La Une

Avec le retrait américain de Syrie, Israël face aux limites du soutien de Trump

Proche-Orient

"Désormais, les Iraniens auront les mains libres et ils vont utiliser un corridor terrestre d'un point de vue logistique pour renforcer leurs capacités militaires en Syrie et aider ensuite le Hezbollah", prévoit Yaakov Amidror, ancien conseiller pour la sécurité nationale du Premier ministre israélien.

OLJ/Michael SMITH/AFP
25/12/2018

Les dirigeants israéliens ont fait depuis deux ans l'apologie de Donald Trump, du fait d'une série de décisions favorables pour leur pays, mais l'annonce par le président américain du retrait militaire en Syrie est loin de recueillir une telle approbation. Cette décision surprise a suscité de l'inquiétude en Israël, qui redoute que l'Iran, l'ennemi numéro un de l'Etat hébreu, n'ait désormais les mains plus libres pour renforcer sa présence en Syrie, pays voisin d'Israël, soulignent des analystes.

Officiellement, la réaction a été mesurée: les dirigeants israéliens, au premier rang desquels le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont affirmé respecter la décision de leur grand allié américain et se sont engagés à défendre plus que jamais les intérêts d'Israël en Syrie.

Ces déclarations publiques cachent toutefois mal la crainte que l'Iran puisse en profiter pour avancer ses pions en Syrie et que la Russie, acteur majeur en Syrie, ne s'engage pas à freiner cette expansion.

La manière dont cette décision a été prise et annoncée par M. Trump, et la démission fracassante du secrétaire à la Défense Jim Mattis, a également pu donner matière à réflexion.

"Nous voulons que les Etats-Unis soient forts dans la mesure où ce pays est notre principal allié et nous voulons que notre allié soit perçu comme fort et efficace dans le région", dit Eyal Zisser, recteur-adjoint de l'Université de Tel-Aviv, un spécialiste de la Syrie. "Ce qui inquiète certains Israéliens c'est le message que transmet à la région cette décision, la manière dont elle a été prise, ce qu'il y a derrière", résume-t-il.


(Lire aussi : "Nous allons continuer à agir contre l'Iran en Syrie", affirme Netanyahu)

"Pont terrestre iranien"

Les Etats-Unis n'ont déployé que 2.000 militaires en Syrie. Mais ils étaient postés dans deux secteurs le long de la frontière irakienne, ce qui permettait aussi de contrôler les mouvements iraniens. Le projet prêté à l'Iran de constituer un "pont terrestre" jusqu'à la Méditerranée a été évoqué à de multiples reprises par les responsables israéliens, et le retrait américain pourrait favoriser ce dessein, préviennent des experts.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti à de multiples reprises qu'il ne permettrait pas à l'Iran, allié du régime de Bachar al-Assad, de s'implanter militairement en Syrie.

Ces dernières années, Israël est passé à l'action en menant des centaines de raids aériens contre ce qui a été présenté comme des objectifs militaires iraniens en Syrie ou des convois d'armes sophistiquées destinées au Hezbollah, l'allié libanais de l'Iran.

Avec le retrait américain, Israël pourrait miser davantage sur la Russie, qui soutient aussi le régime Assad, mais ce scénario n'est qu'une hypothèse. Et les conséquences de la destruction par erreur, en septembre, d'un avion russe par la défense aérienne syrienne durant un raid israélien participe au flou autour d'un tel scénario.

Cet incident a suscité la colère de Moscou contre Israël et compliqué les activités aériennes israéliennes en Syrie. Il a amené la Russie à fournir des S-300, un système de défense aérien, à Damas.

Pour rassurer l'opinion israélienne, le Premier ministre, qui a construit une relation personnelle avec Donald Trump, a affirmé qu'il s'était entretenu préalablement avec le locataire de la Maison Blanche ainsi qu'avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo. "La décision de retirer les 2.000 soldats américains de Syrie ne changera pas la cohérence de notre politique. (...) Si besoin, nous élargirons même nos actions là-bas", a-t-il clamé.


(Lire aussi : Retrait américain de Syrie : pourquoi et quelles conséquences ?)

"Israël grand perdant"

Pour le général Eisenkot, chef d'état-major, le retrait américain constitue un "événement significatif", mais il "ne doit pas être surestimé". "Nous gérons seuls ce front (syrien) depuis des décennies" a-t-il argué.

Yaakov Amidror, ancien conseiller pour la sécurité nationale de M. Netanyahu et ex-responsable des renseignements militaires, souligne ainsi que les forces américaines n'étaient pas impliquées dans les opérations israéliennes en Syrie. Mais, selon lui, les inquiétudes sur la possibilité que l'Iran exploite ce retrait américain sont légitimes. "Désormais, les Iraniens auront les mains libres et ils vont utiliser un corridor terrestre d'un point de vue logistique pour renforcer leurs capacités militaires en Syrie et aider ensuite le Hezbollah", prévoit-il.

Selon une analyse du Centre d'Etudes stratégiques et internationales, un groupe de réflexion américain, Israël est parmi "les plus grands perdants" avec les Kurdes, menacés par la Turquie.

Pour conforter la "ligne dure" de Benjamin Netanyahu envers Téhéran, la présence militaire américaine dans les régions kurdes était perçu comme un "atout majeur pour empêcher une prédominance iranienne en Irak et en Syrie", déclare à l'AFP Julien Théron, enseignant à SciencesPo et spécialisé sur le Moyen-Orient.

L'administration Trump étant sur une même ligne envers l'Iran, Israël n'avait "certainement pas misé sur un tel scénario". Mais, quand bien même il a longuement milité contre, l'Etat hébreu, comme les autres alliés des Etats-Unis, n'a désormais d'autre choix que d'accompagner le retrait américain", poursuit-il.

Pour mémoire

Israël va intensifier ses opérations contre l'Iran en Syrie

Retrait américain de Syrie: Israël étudie les retombées mais "saura se défendre", dit Netanyahu

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

gaby sioufi

Y A T IL, PEUT IL JAMAIS Y AVOIR UN "ACCORD", UN "CONSENSUS " INT'L POUR LA DISPARITION DE L'ETAT D'ISRAEL !

QUESTION A LAQUELLE UNE REPONSE POSITIVE INQUIETERAIT JAMAIS SERIEUSEMENT ISRAEL POUR SON DEVENIR.

gaby sioufi

""Désormais, les Iraniens auront les mains libres et ils vont utiliser un corridor terrestre afin de ......... ""
que des sornettes . corridor libre dit il !
comme si les ports & aéroports libanais &/ou syriens n'existent pas.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FAUSSE CONCLUSION QUE CELLE DU TITRE DE L,ARTICLE. IL Y A DES ENTENTES SECRETES SUREMENT POUR UNE TELLE MESURE !

AIGLEPERçANT

Ça me rappelle les armées arabes des années 48 à 67 quand les dirigeants disaient aux populations ne vous inquiétez pas les russes vont nous aider contre cet état voyou raciste et apartheidique d'israel.

Le vent semble bien avoir tourné, une mise à l'arrêt et une condamnation ferme du criminel nathanmachintrucbidule à finir ses jours dans une geôle humide quelque part, seule, pourra calmer la poudre d'escampette des USURPATEURS.

LIBAN D'ABORD

Les plus grands perdants sont les Kurdes qui vont se faire massacrer par la Turquie sous le pretexte qu'ils sont des terroristes et font des actions contre la Turquie
C'est vraiment cruel car ils ont beaucoup aide les troupes de la coalition en attaquant ISIS et ont paye un lourd tribu pour cela
Les lacher maintenant serait vraiment un coup dur
Neanmoins les Francais ont dit qu'ils resteraient avec 1000 hommes
Peut etre cela dissuadera lr President Erdogan de se lancer dans une bataille contre eux de peur de tuer des francais
IL FAUT L'ESPERER

LIBAN D'ABORD

Le vrai probleme de cette decision est le sort des Kurdes qui ont ete de fideles allies des Etats Unis et on pris part a la guerre contre ISIS

La Turquie , extraordinairement contre eux va profiter du depart des Americains pour engager une bataille contre eux et massacrer le plus grand nombre tout en disant que se sont des terroristes qui s'attaquent a la Turquie

Pauvres Kurdes qui n'ont pas reussi a avoir un Etat independent pour eux et qui vont se faire tuer alors qu'ils ont paye de leur vie les combats avec les forces Americaines et Francaises
Le President Macron a dit qu'il restera en Syrie avec 1000 soldats Peut etre qu'il arrivera a les sauver car la Turquie n'attaquera jamais une granison francaise directement
IL FAUT L'ESPERER

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Entre la crise économique et financière et l’implantation des Palestiniens...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants