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Trump envisage un retrait complet des troupes US en Syrie

Etats-Unis

"Nous avons vaincu le groupe Etat islamique en Syrie, la seule raison pour moi pour laquelle nous étions présents pendant la présidence Trump", a tweeté le président américain.

OLJ/Agences
19/12/2018
Le président des Etats-Unis Donald Trump, qui estime avoir atteint son objectif de "vaincre" le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, envisage désormais un retrait complet des troupes américaines stationnées dans ce pays.


"C'est un retrait total", qui interviendra "aussi rapidement que possible", a indiqué mercredi à l'AFP un responsable américain sous couvert d'anonymat, précisant que la décision avait été prise mardi.
Quelque 2.000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre l'EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes. D'après un membre de l'administration américaine ayant requis l'anonymat cité par Reuters, tout le contingent américain sera rapatrié une fois les opérations contre l'EI achevées. Ce retrait, a-t-il ajouté, prendrait alors entre 60 et 100 jours.

"Nous avons vaincu le groupe Etat islamique en Syrie, la seule raison pour moi pour laquelle nous étions présents pendant la présidence Trump", a tweeté le président américain, tandis que la Maison Blanche comme le Pentagone restaient très évasifs sur le calendrier.

La Maison Blanche est restée évasive sur le calendrier, se bornant à affirmer, sans indications chiffrées, que le retour des troupes américaines avait débuté.
"La campagne contre l'EI n'est pas terminée", a de son côté souligné le Pentagone, sur un ton plus nuancé que le tweet présidentiel, précisant qu'il ne fournirait aucun détail pour des raisons de sécurité.

Nombre d'observateurs mettent régulièrement en garde contre un retrait américain précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar el-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l'Iran, véritable bête noire de l'administration Trump.

Cette annonce, qui intervient à un moment où les tensions entre Ankara et Washington sont vives, pourrait par ailleurs placer la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dans une situation très délicate. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit lundi déterminé à "se débarrasser" de ces milices dans le nord de la Syrie si leur parrain américain ne les contraignait pas à s'en retirer. Washington appuie les YPG contre les jihadistes du groupe EI, mais Ankara considère cette milice comme une organisation "terroriste" liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.




"Ramener les troupes à la maison"
Donald Trump, élu sur le slogan "l'Amérique d'abord", a, à plusieurs reprises, exprimé le souhait de "ramener les troupes à la maison". Ses arguments, maintes fois avancés sur les estrades de campagne? L'engagement des Etats-Unis au Moyen-Orient coûte des milliards de dollars, qui seraient mieux dépensés au profit du contribuable américain, et il faut laisser "d'autres", notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place.

Mais plusieurs membres de son administration ont exprimé leurs différences sur ce dossier sensible. Au printemps, lorsque le sujet avait été remis sur la table, un compromis pour confirmer le statu quo sans heurter la susceptibilité du magnat de l'immobilier avait été trouvé: l'administration avait affirmé que le retrait restait l'objectif, mais aucun calendrier n'avait été fixé.

La semaine dernière encore, l'émissaire des Etats-Unis pour la coalition internationale antijihadistes, Brett McGurk, assurait que les Américains avaient vocation à rester encore pendant un bon moment en Syrie. "Même si la fin du califat en tant que territoire est maintenant clairement à portée de main, la fin de l'EI prendra beaucoup plus longtemps", avait-il dit devant la presse à Washington, car "il y a des cellules clandestines" et "personne n'est naïf au point de dire qu'elles vont disparaître" du jour au lendemain. "Personne ne déclare mission accomplie", avait-il insisté. "Nous avons bien entendu appris beaucoup de leçons dans le passé, donc nous savons qu'une fois que les territoires sont libérés, on ne peut pas simplement plier bagage et partir".

"Peu de réponses"
A plusieurs reprises, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a lui aussi mis en garde contre un départ précipité de la Syrie, évoquant le risque de "laisser un vide qui puisse être exploité par le régime d'Assad ou ses soutiens".

Le sénateur républicain Lindsey Graham a immédiatement exprimé ses réserves mercredi, estimant sur Twitter que "le retrait de cette petite force américaine en Syrie serait une énorme erreur, façon Obama". "Le groupe EI n'est pas vaincu en Syrie, en Irak, et certainement pas en Afghanistan, où je viens d'effectuer une visite", a-t-il martelé.

"Retirer nos troupes de Syrie ne constitue pas une stratégie pour le Moyen-Orient", a de son côté estimé Wendy Sherman, qui fut la principale négociatrice américaine de l'accord sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump s'est retiré.
"Il y eu des progrès sur l'EI, mais la Russie reste à la manœuvre, Israël est toujours en danger et Assad, dirigeant cruel, est conforté. Pas de véritable stratégie sur l'Iran (...) Beaucoup de questions. Peu de réponses".


Moscou se félicite
A l'étranger, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé qu'un retrait des forces américaines ouvrait des perspectives en vue d'un règlement politique du conflit syrien.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré pour sa part que son pays, informé par avance par les Etats-Unis, allait étudier les retombées d'un retrait américain de Syrie, mais "saurait se défendre" contre les éventuelles menaces venues de chez son voisin.
"Nous allons étudier leur calendrier (des Américains), leur mode de fonctionnement et les retombées nous concernant mais, de toute façon, nous saurons protéger la sécurité d'Israël et nous défendre", a déclaré M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.
Précisant s'en être entretenu ces deux derniers jours avec Donald Trump et son secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, il a ajouté: "Ils ont clairement dit qu'ils avaient d'autres moyens d'exercer une influence sur la région."


A Londres, Tobias Ellwood, secrétaire d'Etat à la Défense, a estimé que M. Trump se trompait en affirmant que l'EI était vaincu. L'EI, a-t-il dit, "s'est muée en d'autres formes d'extrémisme et la menace est toujours tout à fait présente".



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FÊTE ACCOMPLIE

Les usa et la Turquie sont des envahisseurs.

L'iran npr et la Russie sont invités en accordance avec des pactes militaires signés PAR l'état du HÉROS BASHAR EL ASSAD et ces 2 pays.

Facile à comprendre quand on a un minimum de connaissance du droit INTERNATIONAL.

L’azuréen

lol pour les americains c'est : on part bien sûr! mais après vous messieurs les iraniens and co car vous n'etes pas plus chez vous que chez nous !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL VIRE ET PUIS REVIRE. IL DIT UNE CHOSE ET UN OU DEUX JOURS APRES SON CONTRAIRE. IL VA SE RETIRER LE PLUS TOT DE SYRIE APRES LE RETRAIT DES IRANIENS ET DE LEURS ACCESSOIRES... CA DU MOINS C,EST CLAIR !

Sarkis Serge Tateossian

Ce n'est pas la première fois que l'Amérique de Trump annonce son désengagement de la Syrie. Cela dit la réalité du terrain est tout autre et exige un rééquilibrage des forces sur place, notamment le sort des kurdes. Rappelons ici que sans les kurdes, ces forces terrestres au bénéfice des occidentaux, rien n'aurait été possible dans l'éradication de l'EI.

Est-ce une stratégie pour laisser la Turquie face à la Syrie, par ricochet à l'Iran et la Russie ? C'est possible, mais pas souhaitable à mon sens.

Il est encore trop tôt pour un tel désengagement sans une solution acceptable pour les parties en question.

FÊTE ACCOMPLIE

C'est toute a fait normal que ces envahisseurs s'en aillent au d..ble. après avoir nettoyé leur propre shit.

Et comme le job est a moitié fait les résistants qui resteront sur place vont finir le job, à leur façon.

Et puis ça n'aurait servi à rien que ces envahisseurs restent sur place , ils auraient été dégagés de toute façon par les résistants.

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