Liban

Geagea propose à Aoun et Hariri de former un cabinet avec les ministrables déjà proposés

Gouvernement
OLJ
27/11/2018

En réaction à la stagnation observée dans le processus de formation du gouvernement, le leader des Forces libanaises (FL) Samir Geagea a appelé hier le président de la République Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri à convaincre le Hezbollah de livrer les noms des ministres qu’il a choisis, proposant également à MM. Aoun et Hariri de former un gouvernement avec les ministres dont les formations ont livré les noms ou de convoquer le Conseil des ministres pour la tenue de séances de nécessité à l’instar du Parlement.

Dans un entretien avec l’agence al-Markaziya, M. Geagea a exhorté le chef de l’État et le Premier ministre désigné à « demander au Hezbollah de présenter les noms de ses ministres, à défaut de quoi, MM. Aoun et Hariri devraient mettre sur pied un gouvernement avec ceux choisis par les autres formations ». « Ou alors, a poursuivi le leader des FL, ils devraient s’entendre sur la tenue de séances gouvernementales de nécessité, à l’instar des séances parlementaires organisées pour les législations de nécessité. »

« Les bases de la formation des gouvernements sont définies depuis 75 ans (1943, année de l’indépendance) et plus récemment depuis l’accord de Taëf », a indiqué le chef des FL, soulignant que « personne ne peut empêcher le président de la République et le Premier ministre désigné de former le cabinet quand ils le jugent opportun ».

Affirmant que le nœud des « sunnites du 8 Mars » a paru après les consultations parlementaires contraignantes et que quatre de ces députés sont affiliés soit au Hezbollah (Walid Succarié), soit au mouvement Amal (Kassem Hachem), soit au bloc des Marada (Fayçal Karamé et Jihad el-Samad), tandis que les deux autres ( Abderrahim Mrad et Adnane Traboulsi) sont indépendants, Samir Geagea a indiqué qu’ « ils ne formaient pas alors un même bloc ».

Selon le chef des FL, la raison de l’émergence du nœud sunnite devrait être recherchée du côté de « l’intensification du conflit entre les États-Unis et l’Iran ». « L’Iran tente d’étendre sa force dans la région, comme il le fait par exemple en Syrie où il cherche à imposer le régime de Bachar el-Assad, et au Liban, où il s’ingère dans la question gouvernementale ».

En référence à l’attitude du Hezbollah, M. Geagea a affirmé qu’ « aucune partie n’est en droit d’exiger que le cabinet soit mis sur pied de la façon qu’elle veut, menaçant ainsi que si ses demandes ne sont pas acceptées, le gouvernement ne sera pas formé ». « Ce que fait le Hezbollah est d’imposer une condition sine qua non pour la formation du gouvernement, en l’occurrence que l’un des six députés sunnites du 8 Mars soit nommé ministre », a expliqué le leader des FL, soulignant que le parti chiite doit savoir que « cette opinion le concerne seul, et (que) MM. Aoun et Hariri ont le droit de la prendre en considération ou non, sachant que dès le premier instant, ils ne l’ont pas acceptée ».

Et M. Geagea d’évoquer une hypothèse dans laquelle il serait d’avis que le parti Kataëb soit représenté au sein du cabinet. « Ce ne serait qu’une opinion qui serait prise ou non en compte », a-t-il déclaré, estimant que la réponse à ce type de question « doit dépendre de la conception que se font MM. Aoun et Hariri du prochain gouvernement ».


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CERTES ET POUR EN FINIR DE NOMMER DES CHIITES INDEPENDANTS COMME MINISTRES... ILS N,ONT PAS BESOIN D,ETRE DES DEPUTES !

Yves Prevost

"former un gouvernement avec les ministres dont les formations ont livré les noms". Bien sûr! Et pourquoi attendre encore?

Zovighian Michel

Le Hezbollah peut choisir ses ministres mais pas ceux des autres. Puisqu'il y tient tellement, il n'a qu'à faire l’échange d'un de ses ministres Chiites pour un ministre Sunnite du 8 Mars.

On devrait suivre le modèle Irakien à savoir; le parlement donne sa confiance à chaque ministre individuellement à commencer par le premier ministre. Il y a une semaine, quatorze ministres étaient déjà en place et fonctionnaient dans leur ministères. Les autres suivront.

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