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Comment Hodeida est devenue le principal front de la guerre au Yémen?

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Quel sort pour cette cité stratégique et ses centaines de milliers d'habitants?

OLJ/Natacha YAZBECK/AFP
15/11/2018

Comment le port yéménite de Hodeida sur la mer Rouge est-il devenu le principal front de la guerre qui ravage ce pays pauvre de la péninsule arabique depuis 2015? L'un des camps a-t-il pris l'ascendant? Quel sort pour cette cité stratégique et ses centaines de milliers d'habitants? Ce qu'il faut savoir.



Qu'est ce qui se passe à Hodeida?

Plus de trois ans après l'intervention d'une coalition militaire sous commandement saoudien en soutien au gouvernement face aux rebelles houthis, la ville de Hodeida, aux mains des insurgés, est devenue la cible d'une offensive meurtrière et le principal front de la guerre.

Hodeida, sur la mer Rouge, est contrôlée depuis 2014 par les rebelles. Le port de cette ville est le point d'entrée de plus des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale au Yémen, pays menacé par une grande famine.

L'Arabie saoudite et ses alliés accusent les rebelles de faire transiter clandestinement des armes venues d'Iran par Hodeida et ont imposé un blocus quasi-total au port. Les houthis et l'Iran nient ces accusations. La coalition anti-rebelles a lancé en juin une offensive pour reprendre la ville.

Elizabeth Dickinson, analyste auprès de l'International Crisis Group, explique que pendant de longs mois, "l'essentiel des combats (...) s'est concentré le long de la côte de la mer Rouge menant à Hodeida". Mais à présent que les forces progouvernementales ont repris certains secteurs de la ville, elle souligne les risques que représenterait un assaut dans le port même.
"N'importe quelle action touchant les activités du port et le mouvement des marchandises peut anéantir non seulement Hodeida, mais le nord du Yémen qui dépend" des importations, en premier lieu alimentaires, transitant par le port de cette ville.

Des commandants des forces progouvernementales yéménites ont annoncé mercredi à l'AFP avoir reçu l'ordre d'arrêter les opérations contre les rebelles.


(Lire aussi : Au Yémen en guerre, la famine frappe et tue des enfants)


Qui gagne ?

D'un côté, la coalition progouvernementale a pénétré de quelques kilomètres dans l'est de la ville ce mois-ci et cherche actuellement à conserver ces gains. Ses atouts : elle est soutenue par les Etats-Unis -même si ces derniers ont récemment arrêté de ravitailler en vol les avions saoudiens-, elle dispose sur le terrain de forces yéménites entraînées par les Emirats arabes unis, autre pilier de la coalition, et dans les airs des forces aériennes saoudiennes.

De l'autre côté, les houthis maîtrisent les combats de type guérilla, ce qui représente un avantage dans les affrontements dans l'une des villes les plus densément peuplées du Yémen. Les rebelles ont aussi confirmé avoir recours à des mines dans les secteurs sous leur contrôle. Leur chef a souligné que ses hommes étaient prêts à se battre jusqu'au bout.

Mais pour le moment il n'y a ni vainqueur ni vaincu.

"Il y a eu des gains du côté de la coalition l'année dernière qui est montée le long de la côte vers Hodeida, mais les houthis sont en train de riposter", estime Kristine Beckerle, chercheuse sur le Yémen à Human Rights Watch. "Donc il n'est pas clair qui est gagnant. En revanche les perdants, ce sont les civils yéménites", ajoute-t-elle, en référence notamment aux millions de personnes menacées par la famine qui ont besoin d'une aide humanitaire vitale.



(Lire aussi : Arrêt de l'offensive sur Hodeida, les Emirats soutiennent des pourparlers)



Et après ?

Le lancement de pourparlers de paix semble désormais le but des puissances occidentales, qui se sont intéressés davantage au conflit au Yémen après l'affaire Jamal Khashoggi du nom de ce journaliste saoudien critique tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, et qui a terni l'image de Riyad.

L'ONU fait pression pour la tenue d'un nouveau round de négociations d'ici la fin de l'année, ce que les Emirats arabes unis ont officiellement soutenu. Cela ne veut pas forcément dire qu'une offensive sur le port de Hodeida n'aura pas lieu.

"La coalition voit dans la pression militaire un moyen de s'assurer que les houthis viennent à la table des négociations et soient prêts à des compromis", indique Mme Dickinson. "Elle a argué à plusieurs reprises qu'une reprise aux houthis de Hodeida (...) les encouragerait à négocier".

Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont appelé à la fin des hostilités au Yémen, où Washington a fourni pendant des années un soutien militaire et a partagé des renseignements avec l'Arabie saoudite. Washington a cependant mis un terme à son ravitaillement en vol des avions saoudiens engagés dans la guerre au Yémen, après l'affaire Khashoggi.

Les puissances occidentales disposent désormais d'un "vrai levier", estime Mme Beckerle. Elles pourraient cesser "de vendre des armes et adopter un texte ferme dans une nouvelle résolution de l'ONU".


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L,ENJEU EST AVANT TOUT LE DETROIT DE BEB AL MANDEB QUI CONTROLE LA MER ROUGE ET DONT IL FAUT EN ELOIGNER L,IRAN ! APRES IL FAUT ELOIGNER L,IRAN DES FRONTIERES DE LA PRESQU,ILE ARABIQUE...

AIGLEPERçANT

Encore un article biaisé qui n'arrive pas à sortir du carcan propagandiste des " coalises" , article qui les nomme bien , à savoir usa, France, Angleterre bensaoudie et emirati, mais en occultant israel comme d'habitude.

L'histoire du charcutage de Khashoggi comme étant la prise de conscience de l'occident aveuglé par leur cupidité comme point de départ pour arrêter les hostilités est , comment dire , faire prendre des vessies pour des lanternes .

Ce groupe du crime contre l'humanité sait très bien qu'il n'arrivera pas MILITAIREMENT À L'EMPORTER SUR LES HOUTIS ET LEURS ALLIÉS, ILS IRONT DONC SIGNÉ UN CESSEZ LE FEU COMME A FAIT LE PATRON DU VIDEUR DE BOITE DE NUIT AVEC GAZA HIER .

NON MAIS HO ! Ça suffit de nous prendre pour des perdreaux de la dernière pluie .

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