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Nés sous l’empire ottoman, morts pour la France : portraits de poilus "syro-libanais"

Retour sur l'histoire Enrôlés dans la Légion étrangère, la Légion d'Orient ou des régiments réguliers de l'armée française, dix hommes nés à Beyrouth ou dans le Mont-Liban sont morts pour la France entre 1914 et 1918. L'Orient-Le Jour retrace leur parcours.
11/11/2018

Georges, Antoine, Alexandre, Joseph, Jean, Fernand. Des prénoms de poilus comme on en trouve des milliers dans les archives et récits de la Grande guerre. Pourtant, les noms de famille de certains, Massad, Adm, Zaccour, Satouf, Letphallah, Cheikh Abi Khittar, Achoud, Serour, Naïm et Arditi, ont un parfum levantin qui laisse deviner un parcours plus atypique. Ces dix hommes sont nés à la fin du 19e siècle à Beyrouth ou dans le Mont-Liban, territoires alors sous le joug ottoman, et se sont engagés dans les rangs français pendant la Première guerre mondiale. Ils avaient entre 20 et 33 ans quand ils sont tombés pour la France.

Si leurs témoignages sont à jamais perdus et leurs motivations réelles difficiles à deviner, un bref retour sur la situation de Beyrouth et du Mont-Liban à la veille de la Grande Guerre permet d'appréhender ce qui les a poussés à quitter leur patrie. Les quelques informations disponibles concernant leur engagement militaire peuvent donner une idée de qui étaient ces hommes, nés sous l’empire ottoman et morts pour la France.

Alors que dans le monde on célèbre, ce 11 novembre, le centenaire de la fin de quatre ans d’atrocités, L’Orient-Le Jour tente de jeter la lumière sur ces dix poilus syro-libanais (ils sont qualifiés dans tous les témoignages d’époque de Syriens, le Liban n’existant pas encore à l’époque) dont le parcours permet de retracer les grandes lignes du conflit, d’une rive à l’autre de la Méditerranée.


Le calvaire du Mont-Liban
A l’été 1914, la guerre explose en Europe et ses répercussions se font immédiatement ressentir dans le monde entier, notamment lorsque l’Allemagne signe, début août, un traité d’entente avec l’Empire ottoman. En novembre 1914, suite à cette signature, la France, le Royaume-Uni et la Russie déclarent la guerre à l’Empire ottoman.

Avant même le mois de novembre et l’entrée en guerre des Turcs, les habitants du Mont-Liban, majoritairement chrétiens et considérés comme proches - voire alliés - de la France (ils bénéficiaient, grâce aux Occidentaux, d’un statut spécial et de privilèges au sein de l’Empire), subissent le courroux des Ottomans. Des témoignages de religieux jésuites installés à Beyrouth, récupérés et édités par Christian Taoutel et Pierre Wittouck dans leur ouvrage "Le peuple libanais dans la tourmente de la Grande guerre 1914-1918" (publié en 2013 par les Presses de l'USJ), font état de confiscations systématiques de biens et de pendaisons de notables "à cause de leurs sentiments francophiles". Ces persécutions ne feront qu’empirer au cours des quatre années de guerre, jusqu’à aboutir à la famine de 1915, causée par un enchaînement de circonstances dont certains chercheurs affirment qu'elles ont été sciemment provoquées par la Sublime porte pour se débarrasser des chrétiens du Mont-Liban.

Alors que certains des habitants de la région décident de rester au Liban, "dans un contexte de méfiance mutuelle" avec la Sublime Porte, comme le décrit l’historien Saïd Chaaya, d’autres tentent par tous les moyens d’échapper au calvaire, et fuient, par dizaines de milliers vers l’Egypte, la France, l’Algérie ou l’Amérique du Sud.

Les habitants du Mont-Liban étant exemptés de conscription au sein de l’armée turque, et forts de leurs affinités avec les valeurs françaises, ils sont nombreux à se présenter au consulat de France à Beyrouth afin de demander leur engagement dans l’armée française. Cela leur sera toutefois refusé, ces hommes étant toujours considérés comme des sujets ottomans.


Entre idéologie et nécessité
De l’autre côté de la Méditerranée, les représentants des différentes communautés étrangères installées en France ne tardent pas à appeler à l’engagement volontaire. Au nom d’un "comité de Syriens", un certain Dr Farah clame notamment, dès début août 1914, notamment que "les Syriens, qui sont les enfants de la petite France, ne peuvent que se joindre à toutes les nations civilisées pour aider au triomphe de la plus grande France". Cet appel à prendre les armes a été retranscrit par un contemporain des faits, Maffeo-Charles Poinsot, dans son ouvrage "Les volontaires étrangers enrôlés au service de la France en 1914 et 1915", publié par la Librairie militaire Berger-Levrault en 1915.

Pour Douglas Porch, auteur du livre "The French Foreign Legion: A Complete History of the Legendary Fighting Force" (1991) sur la Légion étrangère, le seul régiment dans lequel les étrangers peuvent s'engager "pour la durée de la guerre", les hommes répondant à cet appel au début de la Première guerre mondiale étaient "poussés par l’amour de la France et le désir de défendre la cause alliée". Certains engagements, note-t-il toutefois également, étaient plutôt motivés par la recherche de célébrité ou la fermeture des usines laissant de nombreux ouvriers sans travail. Gérard Figuié, colonel français retraité installé au Liban, insiste sur cette dernière motivation. "L’attrait d’un salaire et de repas réguliers a dû jouer un rôle crucial dans l'engagement de nombreux étrangers, et a fortiori s’il s’agissait de Syro-libanais ayant fui illégalement les côtes du Levant et la famine", note-t-il, interrogé par L'Orient-Le Jour. 

Quelles qu’aient été leurs motivations, ils auraient été plus de 500 "Syriens" à s’enrôler dans la Légion étrangère, selon le témoignage de M.-C. Poinsot. Il raconte encore que fin août 1914, deux évêques, Mgrs Haggiar et Attré, bénissaient à Paris "les drapeaux syrien et libanais" de légionnaires sur le départ. Saïd Chaaya précise que M. Poinsot appelait probablement "drapeau libanais" le drapeau de la mutassarifiya du Mont-Liban, un cèdre vert sur un rectangle blanc.


Les légionnaires
Georges Massad, Beyrouthin d’origine et étudiant en pharmacie, faisait partie de ces volontaires de la première heure. Dans cette Légion composée d'anciens mercenaires et de jeunes intellectuels engagés, le jeune Georges Massad servira comme brancardier au sein de la Division marocaine, la division la plus décorée de l’Armée française pendant la Grande guerre. Pendant la bataille de l’Aisne, lancée le 9 juin 1918, il est mortellement blessé. Il décède le 12 juin 1918, à 33 ans.

Ces informations, tout comme celles relatives aux autres poilus, ont pu être retrouvées grâce aux fiches "Mort pour la France", compilées sur la base de données Mémoire des hommes du site du ministère des Armées françaises*. Ces fiches et des informations concernant le soldat (comme son numéro de matricule, le lieu de son recrutement et sa classe) ont également permis de retrouver, pour certains d'entre eux, leur fiche matricule, qui répertorie de façon beaucoup plus détaillée leur carrière militaire.

Antoine Letphallah, lui, est séminariste lorsqu’il quitte son Kesrouan natal (il est né à Maad, près de Jbeil) pour se rendre en France, où il intègre le petit séminaire de Langres. A 18 ans à peine, il rejoint le Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE) en novembre 1915. Ce jeune homme, aux cheveux châtain et au visage osseux, se battra au sein de la 10e Compagnie de la Légion jusqu’en janvier 1917. Évacué pour "maladie contractée pendant le service", il meurt quelques semaines plus tard, un mois avant son vingtième anniversaire, dans l’ambulance 246 traversant la ville de Breteuil, dans l’Aisne.

Jean Zaccour, Georges Auguste Achoud et Alexandre Adm, nés à Beyrouth et dans le Mont-Liban, se sont eux aussi engagés dans le RMLE.
Les deux premiers habitaient dans le sud de la France au début de la guerre. Jean Zaccour s’est engagé à Marseille dès août 1914. Moins d’un an plus tard, il est porté disparu au cours d’une bataille de l'offensive de l'Artois visant à reprendre le contrôle du village de Neuville Saint-Vaast, dans le nord de la France. Georges Auguste Achoud, qui s’est enrôlé à Nice, est fauché au quatrième jour de la bataille de Champagne, le 28 juillet 1915, à Souain, à l’âge de 26 ans.
Alexandre Adm a, quant à lui, rejoint la Légion à Oran, en Algérie, en 1917. Le 26 avril 1918, les mitrailleuses allemandes font un carnage dans les rangs du RMLE pendant la bataille du Bois du Hangard, dans la Somme. Il fera partie des 325 poilus morts ou disparus au cours de cette funeste journée.


Les fiches des soldats. (Cliquez pour agrandir l'image)


Du Liban-Nord aux Dardanelles, en passant par Paris
Bien que l’engagement d’étrangers ait d’abord été interdit dans l’armée régulière, les tensions au sein de la Légion dues, selon Douglas Porch, au fossé idéologique et d’expérience entre les vétérans et les nouveaux venus et au mauvais commandement de certains bataillons, finiront par ouvrir les régiments réguliers aux étrangers. Cette explication rejoint également celle de Gérard Figuié, qui souligne qu’en état de guerre, la France n’allait pas refuser d'engager, dans n'importe quel bataillon, des recrues prêtes à se battre.

C’est ainsi que Fernand Satouf et un certain Naïm, dont le prénom est inconnu, ont pu s’engager dans des unités de l’armée de terre régulière française constitués en Afrique du nord, sur des anciens territoires français. Fils de Mohamad et Martine Satouf, Fernand est né à Beyrouth en 1896. Au début de la guerre, il vit à Alger, où il est télégraphiste. Fernand Satouf, dont on apprend grâce à sa fiche matricule qu'il mesure un mètre 64 et a un visage rond, s’engage dans le deuxième régiment de Zouaves en 1915. Le 16 avril 1917, il est blessé au premier jour de la bataille du Chemin des dames, dans l’Aisne. Il succombe à ses blessures le même jour, à 21 ans.

Naïm, originaire de Baabdate, dans le Metn actuel, s’est, lui, enrôlé dans le 8e régiment des tirailleurs tunisiens. Le 4 novembre 1915, il se trouve à bord du Calvados, un navire de transport des troupes faisant voile vers le Maroc, où son unité est stationnée. Au large d’Oran, le Calvados est torpillé par un sous-marin allemand. Naïm disparaît en mer, avec plus de 700 de ses compagnons d’armes.

Georges Sérour s’est quant à lui engagé dans le 411e régiment d’infanterie, une unité constituée en 1915 à partir du recrutement de jeunes soldats et de blessés de guerre remis sur pied. Il est "tué par l’ennemi" une semaine avant l’armistice, le 4 novembre 1918, à La Neuville-lès-Dorengt, dans le nord de la France.

Né à Aïn Tourine, au Liban-Nord, le caporal Joseph Cheikh Abi Khittar s’est, pour sa part, engagé à Paris en 1914 dans le 99e régiment d’infanterie, un an après avoir reçu son diplôme de l’école supérieure pratique de commerce et d’industrie de Paris. Il passe ensuite au 175e régiment d’infanterie, avec lequel il repart vers l’est de la Méditerranée, mais cette fois vers le territoire de la Turquie actuelle, pour la bataille de Gallipoli. Cette bataille, appelée également bataille des Dardanelles, visait à reprendre le contrôle de ce détroit stratégique se trouvant sur la route permettant à la France et la Grande-Bretagne de ravitailler leur allié russe. Joseph Cheikh Abi Khittar est tué par l’ennemi le 8 mai 1915, au cours de la troisième journée de la bataille du Cap Helles, appelé Seddül-Bahr en turc.


La Légion d’Orient
C’est suite à cette bataille de Gallipoli, qui se solde par une défaite de la France, que l’armée française envisage de créer une nouvelle légion, constituée d’Orientaux, pour se battre contre les Ottomans sur un autre front que celui de la Turquie actuelle. Cette unité, la légion d’Orient, est créée en novembre 1916. Principalement constituée d’Arméniens ayant survécu au génocide perpétré par les Ottomans, elle compte aussi dans ses rangs des soldats syro-libanais, recrutés parmi les habitants de la Montagne ayant fui en Egypte, en Europe et en Amérique du Sud. "Si les Arméniens espéraient, grâce à cet engagement aux côtés de la France, obtenir le soutien de Paris pour la création d’une Arménie indépendante, les Syro-libanais dispersés dans le monde y voyaient plutôt une opportunité de rentrer gratuitement au pays et un moyen de subsistance", explique Gérard Figuié. 250 Syro-libanais ont intégré cette légion, dans laquelle ils formaient un bataillon à part entière.

Dimitris Samaha faisait partie de ces recrues. Né à Beyrouth en 1888, il avait ensuite émigré en Amérique du Sud. Volontaire pour rejoindre la légion d'Orient, il embarque pour la longue traversée qui doit l'amener à Chypre, où étaient formées les nouvelles recrues. En mer, il contracte la tuberculose, dont il meurt à l’hôpital du Havre, le 8 septembre 1917. Il ne sera donc pas considéré comme "mort pour la France".

Le dernier de ces poilus syro-libanais morts pour la France est Joseph Arditi, né à Beyrouth en 1895 et vivant à Caïffa (l'actuelle Haïfa, en Palestine) où il est étudiant. Selon sa fiche matricule (la fiche reprenant toutes les informations concernant la carrière militaire du soldat), il s’engage à Marseille en décembre 1914 mais manque à l’appel au moment de la mobilisation. Il se présente au consulat de France à Alexandrie en décembre 1915, afin d’obtenir une dérogation lui permettant de rejoindre les rangs de l’armée française, ce qu’il fait en février 1916. A partir de cette date, le jeune homme aux cheveux châtain et aux yeux gris gravit les échelons de la hiérarchie militaire, jusqu’à devenir sous-lieutenant en mai 1918. Aux côtés de la légion d’Orient, il participera au sein de son régiment, le 15e d’infanterie, à la bataille de Mégiddo, lors de la campagne de libération de la Palestine qui permettra d’ouvrir la voie aux troupes alliées vers la Syrie. Il ne verra toutefois pas la victoire de cette campagne. Blessé, il meurt au dernier jour de la bataille, le 21 septembre 1918, à l’hôpital de Lod, en Palestine.

Aucun Syro-libanais engagé dans la légion d’Orient ne mourra lors de leurs quelques mois de mobilisation à la fin de la guerre. Un extrait du journal de marche de la légion, repris dans un ouvrage édité par Gérard Figuié, fait seulement état de deux blessés au cours des combats en Palestine : le caporal Bardawil, touché par une balle, et le légionnaire Malouf, blessé par un éclat d’obus.



*Les fiches "Mort pour la France" et le projet "Un jour, un poilu"


En 1919, dans un élan visant à rendre hommage aux soldats morts pour la France, est promulguée une loi sur la création, dans chaque commune du pays, d'un "mémorial de la Grande guerre", sous forme de registre consultable dans les archives des mairies. Il fut décidé que ces registres seraient constitués de fiches individuelles pour chaque soldat "Mort pour la France" (MPLF), une mention qui fut détaillée dans une instruction de janvier 1922 comme "1) les militaires tués à l'ennemi ou morts des suites de blessures ou de maladies contractées sur le champ de bataille et 2) les médecins ou infirmiers des hôpitaux militaires et formations sanitaires ayant succombé à des maladies contractées au cours de soins donnés à des malades ou blessés de l'armée". Les fiches MPLF sont également établies pour les disparus. Ces très nombreuses fiches MPLF -il en existe 1.325.290-, de même que celles des "non-morts pour la France" (plus de 95.000, pour les soldats qui ne sont par morts au front, mais de suicide, accidents, les fusillés, etc.) sont toutes disponibles sur la base de données Mémoire des hommes du site du ministère des Armées françaises.

Afin de faciliter la consultation de ces fiches, et dans le cadre d'un travail de mémoire de grande envergure, le projet "Un jour, un poilu", un impressionnant "défi collaboratif", a été lancé en ligne en novembre 2013, avec pour objectif de transcrire toutes ces fiches avant le 11 novembre 2018. L'idée derrière ce projet était de mobiliser des internautes à collaborer, en retranscrivant une ou plusieurs fiches par jour. L'initiative a suscité un réel engouement, et l'objectif d'"Un jour un poilu" a été atteint près de six mois avant la date-butoir, en avril 2018. Ce travail de longue haleine, qui a mobilisé près de mille personnes, a notamment rendu possible la recherche des poilus syro-libanais, sur base de leur lieu de naissance. 


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yves gautron

Je me suis intéressé à la famille de Fernand Satouf .Ses parents venaient d'Algérie .Le père était horloger bijoutier à Philippeville .Il s'appelait Hadj Mohamed Ben Mustapha Ben Satouf , né à Blida l'année 1854 .Sa mère était , Jeanne Marie Pauline MARTIN née à Hyères (Var) le 5/11/1866.
Ild se sont mariés le 23/12/1887 à Philippeville.Avec 2 filles nées à Philippeville en 1889 et 91 et 3 garçons dont Fernand nés à Beyrouth et à Mansourah (égypte). On a là un couple franco-algérien parti faire fortune et qui revient en Algérie avant la première guerre mondiale .

Wlek Sanferlou

C'est sûr que des libanais aillent se battre contre l'empire ottoman et ses alliés après la misère dans laquelle les turcs ont figé la montagne libanaise.
Paix à leurs âmes et aux âmes de tous ces valeureux libanais morts, à travers les âges, défendant le Liban.

ACE-AN-NAS

L'histoire s'ecrit toujours par les vainqueurs


La fin justifie les moyens.

NAUFAL SORAYA

Très intéressant!

Sarkis Serge Tateossian

Les cérémonies mémorielles en générale, sont des occasions pour se réapproprier son histoire....
et parfois l'histoire humaine.

On ne peut pas construire un avenir si on connaît mal notre passé.

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