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À La Une - Proche-Orient

Les Israéliens ont voté pour leurs maires, controverse sur le Golan occupé

La tenue de ces élections dans les villages druzes a suscité la controverse: de nombreux habitants, ressentant un lien fort avec la Syrie, ont exprimé la crainte que ce vote aide Israël à légitimer sa présence.

Des policiers israéliens tentent de disperser des manifestants druzes, à l'extérieur d'un bureau de vote à Majdal Chams, dans le plateau occupé du Golan, le 30 octobre 2018. Photo REUTERS/Ammar Awad

Les Israéliens ont voté mardi pour élire leurs maires, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu espérant ravir la mairie de Jérusalem, tandis que l'appel aux urnes des habitants du plateau syrien du Golan occupé a constitué une première controversée.

La participation s'est élevée à 54%, comparée à 50,9% lors du précédent scrutin municipal en 2013, selon des chiffres officiels publiés à 08H30 GMT, après la clôture des bureaux de vote. Les résultats ne sont pas attendus avant mercredi.

A Jérusalem, la participation était en très légère hausse par rapport à 2013, à 34%.

Quelque 6,6 millions d'Israéliens étaient appelés à voter et 16.000 policiers et bénévoles ont été mobilisés, selon un porte-parole de la police.

Même si certains scrutins locaux ont constitué des tremplins pour des politiciens aux ambitions nationales, l'élection des maires et conseils municipaux, qui a lieu tous les cinq ans, est largement considérée comme une affaire locale.

"Ce qui compte dans ce scrutin c'est d'améliorer le quotidien des habitants, cela n'a rien à voir avec des enjeux politiques nationaux", a affirmé à l'AFP Emmanuel Attia, 45 ans, un habitant de la colonie israélienne d'Elazar, dans le sud de Cisjordanie, où les élections ont lieu comme dans toutes les colonies de cette région occupée depuis plus de 50 ans.

Le scrutin de 2018 a en revanche eu pour particularité d'appeler pour la première fois aux urnes la minorité druze dans quatre villages du plateau du Golan, en partie pris aux Syriens en 1967 et annexé en 1981. Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Le vote a été organisé à Majdal Shams et Ein Qiniya tandis qu'il a été annulé dans les deux autres villages (Buq'ata et Massaadeh), les candidats s'étant rétractés face à l'opposition des dirigeants religieux druzes --le ministère israélien de l'Intérieur y désignera les maires, comme auparavant.

La tenue de ces élections dans les villages druzes de ce plateau occupé a suscité la controverse: de nombreux habitants, ressentant un lien fort avec la Syrie, ont exprimé la crainte que ce vote aide Israël à légitimer sa présence.

Mardi, des centaines de personnes ont ainsi protesté, tentant de bloquer l'entrée du bureau de vote et appelant au boycott à Majdal Shams, selon un journaliste de l'AFP. Certains d'entre eux ont brandi des drapeaux syriens.

Hors du Golan, des incidents ont par ailleurs été signalés par la police dans deux localités du nord d'Israël, notamment dans le village druze de Yarka, où 10 personnes ont été légèrement blessées et deux bureaux de vote fermés après le jet d'une grenade assourdissante.


(Lire aussi : À Jérusalem, combat rapproché dans les urnes entre laïcs et religieux)


Candidats arabes

Le scrutin est également controversé à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville sainte qu'Israël occupe depuis 1967 et qu'elle a annexée. La communauté internationale n'a pas reconnu cette annexion de Jérusalem-Est, où vivent 300.000 Palestiniens.

S'ils ne peuvent pas voter aux élections nationales en Israël, les Palestiniens de Jérusalem-Est qui n'ont pas la nationalité israélienne peuvent participer aux municipales, sans toutefois pouvoir devenir maire.

Mais la plupart d'entre eux boycottent le scrutin, refusant de reconnaître le contrôle d'Israël sur cette partie de la ville dont ils veulent faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Parmi les rares Palestiniens à s'être présentés, Ramadan Dabash est à la tête d'une liste de 12 candidats arabes au conseil municipal.

Fait rare, il a la citoyenneté israélienne et c'est aussi un ancien du Likoud, le parti de droite du Premier ministre israélien.


(Lire aussi : Voter ou non avec les Israéliens, le dilemme des druzes du Golan occupé)


Possible second tour
A Jérusalem, six candidats s'affrontent pour le poste de maire, rendant probable l'organisation d'un second tour le 13 novembre, à moins que l'un d'eux ne recueille au minimum 40% des suffrages.

Après avoir effectué deux mandats, le sortant de droite, Nir Barkat, ne se représente pas et a dit son intention de briguer un siège au Parlement.

M. Netanyahu soutient son ministre chargé des Affaires de Jérusalem, Zeev Elkin, qui a face à lui plusieurs candidats de taille, notamment Moshé Leon, un ancien proche de M. Netanyahu, Yossi Deitch, candidat ultra-orthodoxe, et Ofer Berkovitch, seul candidat non religieux pouvant être élu, selon les sondages.

Les ultra-orthodoxes, qui représentent environ 40% de la population de la ville sainte, ont également un autre candidat, Yossi Deitch. Ils exercent une influence particulière à Jérusalem, qui a déjà eu a sa tête un maire issu de leurs rangs.

L'édile devra composer avec les différents partis représentés au sein du conseil municipal, qui compte 30 personnes, en dehors de lui.


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