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À La Une - Arabie saoudite

Un journaliste saoudien critique de Riyad porté disparu à Istanbul

Rédacteur d'articles d'opinion pour le Washington Post notamment, Jamal Khashoggi, 59 ans, n'a pas été vu depuis qu'il est entré au consulat de son pays mardi vers 10h00 GMT.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi lors d'une conférence de presse à Manama, au Bahreïn, le 15 décembre 2014. AFP / MOHAMMED AL-SHAIKH

La Turquie a affirmé mercredi qu'un journaliste saoudien critique du pouvoir de Riyad, porté disparu depuis plus de 24 heures, se trouvait au consulat de son pays à Istanbul où il s'était rendu pour des démarches administratives. 
Rédacteur d'articles d'opinion pour le Washington Post notamment, Jamal Khashoggi, 59 ans, n'a pas été vu depuis qu'il est entré au consulat mardi vers 10H00 GMT.

"Selon les informations dont nous disposons, l'individu en question, qui est Saoudien, se trouve au consulat saoudien à Istanbul", a déclaré à la presse mercredi en début de soirée le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin. Il a affirmé que le ministère turc des Affaires étrangères et la police turque "suivent l'affaire" et que des contacts à son sujet étaient en cours entre les autorités turques et des responsables saoudiens.

La disparation de M. Khashoggi avait été annoncée tôt mercredi par le rédacteur en chef de la rubrique opinion du Washington Post, Eli Lopez. "Nous surveillons la situation de près et essayons de réunir des informations. Ce serait injuste et scandaleux qu'il soit détenu en raison de son travail de journaliste et de commentateur", a-t-il déclaré dans un communiqué.

La fiancée turque de M. Khashoggi campait depuis mercredi matin devant le consulat saoudien à Istanbul en quête de nouvelles au lendemain de sa disparition. "Je n'ai reçu aucune nouvelle de lui depuis 13 heures (10H00 GMT) hier. Nous voulons savoir où il se trouve", a déclaré à l'AFP la fiancée, Hatice A., qui n'a pas souhaité donner son nom de famille
Un ami de M. Khashoggi, Turan Kislakçi, à la tête d'une association turco-arabe de journalistes, a dit avoir contacté les autorités turques qui lui ont affirmé qu'elles "suivent l'affaire de près". "Nous sommes certains que Jamal est détenu à l'intérieur, sauf si le consulat a un tunnel", a-t-il déclaré à l'AFP.


(Lire aussi : Riyad déterminé à faire taire les militants des droits humains)


Démarches de mariage
Hatice A. a appelé le ministre turc des Affaires étrangères à contacter l'ambassadeur saoudien en Turquie pour s'enquérir du sort de M. Khashoggi, journaliste chevronné devenu critique du pouvoir saoudien ces derniers mois alors qu'il était auparavant considéré comme proche du gouvernement. Selon elle, M. Khashoggi s'était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n'en est jamais ressorti.
"Il voulait obtenir un document saoudien certifiant qu'il n'était pas déjà marié", a-t-elle expliqué.

M. Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis l'année dernière par crainte d'une arrestation, après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Riyad au Yémen.
Le département d'Etat américain a indiqué qu'il cherchait à en savoir davantage sur son sort.

L'organisation Reporters sans frontières a qualifié la disparition du journaliste d'"extrêmement inquiétante", et a appelé les autorités saoudiennes et turques à "faire le nécessaire en sorte qu'il réapparaisse - libre - aussi tôt que possible".
Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a lui aussi jugé la disparition inquiétante "compte tenu de la tendance des autorités saoudiennes à arrêter les journalistes critiques".

Dans un article écrit pour le Washington Post en septembre 2017, M. Khashoggi écrivait : "Quand je parle de peur, d'intimidation, d'arrestations et de dénonciations publiques des intellectuels et des chefs religieux qui osent donner leur avis et que je vous dis que je viens d'Arabie saoudite, êtes-vous surpris ?"


(Lire aussi : En Arabie, un mouvement de modernisation autoritaire)


Répression contre les dissidents
Le même mois, M. Khashoggi avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, ce qui ne semble pas avoir plu à son employeur. Si les autorités saoudiennes ont classé les Frères musulmans comme "organisation terroriste", la Turquie est quant à elle considérée comme l'un de leurs principaux soutiens.

Le hashtag "enlèvementdejamalkhoshoggi" est l'un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.

L'Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes de la cause des femmes, s'est accentuée depuis.

M. Khashoggi est l'un de rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression. Dans l'un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités saoudiennes.


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La Turquie a affirmé mercredi qu'un journaliste saoudien critique du pouvoir de Riyad, porté disparu depuis plus de 24 heures, se trouvait au consulat de son pays à Istanbul où il s'était rendu pour des démarches administratives. Rédacteur d'articles d'opinion pour le Washington Post notamment, Jamal Khashoggi, 59 ans, n'a pas été vu depuis qu'il est entré au consulat mardi vers...

commentaires (3)

Pas de cadavre, pas de preuve ?! Il reste deux solutions : 1- Notre Jammal refuse de sortir de l'ambassade ... De son propre gré. (Climatisation agréable ou autres raisons) on se rappel encore de l'affaire Hariri. 2-Erdogan à court de liquidités pour soutenir sa monnaie nationale qui dégringole de jour en jour... Propose à son excellence l'ambassadeur saoudien de mettre à sa disposition tous les passages souterrains aux alentours de l'ambassade ... Moyennant une petite rondelelette somme en dollar. C'est peut-être une boutade ... Mais la fiancée du journaliste Monsieur Jamal Khashoggi attend toujours devant le portail de l'ambassade saoudien son futur mari ...... Quelle angoisse !!

Sarkis Serge Tateossian

21 h 23, le 03 octobre 2018

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Commentaires (3)

  • Pas de cadavre, pas de preuve ?! Il reste deux solutions : 1- Notre Jammal refuse de sortir de l'ambassade ... De son propre gré. (Climatisation agréable ou autres raisons) on se rappel encore de l'affaire Hariri. 2-Erdogan à court de liquidités pour soutenir sa monnaie nationale qui dégringole de jour en jour... Propose à son excellence l'ambassadeur saoudien de mettre à sa disposition tous les passages souterrains aux alentours de l'ambassade ... Moyennant une petite rondelelette somme en dollar. C'est peut-être une boutade ... Mais la fiancée du journaliste Monsieur Jamal Khashoggi attend toujours devant le portail de l'ambassade saoudien son futur mari ...... Quelle angoisse !!

    Sarkis Serge Tateossian

    21 h 23, le 03 octobre 2018

  • Si vraiment l'Arabie saoudite figure à la 169e place pour la liberté de la presse on peut que dire adieu à Jamal Khashoggi.

    Antoine Sabbagha

    20 h 09, le 03 octobre 2018

  • CHEZ LE MINI SULTAN TOUT EST POSSIBLE !

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    19 h 20, le 03 octobre 2018

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