Rechercher
Rechercher

À La Une - assemblée générale

A l'ONU, Aoun rejette toute implantation et réclame le retour des réfugiés syriens sans tarder

Le président libanais critique "les approches politiques internationales envers la région du Moyen-Orient" qui "manquent cruellement de justice".

Le président libanais Michel Aoun prononçant son discours, mercredi 26 septembre 2018, à l'Assemblée générale de l'ONU et brandissant une carte du Liban qui montre la progression du nombre de migrants inscrits en à peine deux ans, ainsi que leur répartition sur le territoire libanais. TIMOTHY A. CLARY/AFP

Le président libanais Michel Aoun a réitéré mercredi dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies la position du Liban contre "toute implantation d’un migrant ou d’un réfugié au Liban", appelant au "retour décent, sécurisé et permanent" des réfugiés syriens dans leur pays et refusant de lier ce retour à "une solution politique incertaine".

Après avoir énuméré les réalisations faites par le Liban en vue de sortir des crises qui l'ont frappé, notamment la victoire contre les groupes terroristes dans l’est et le nord du pays, la tenue des législatives sur la base d'un scrutin proportionnel, pour la première fois de l'histoire du pays, ainsi que l'adoption d'un plan de redressement économique en prenant en considération les décisions de la Conférence CEDRE, Michel Aoun a évoqué les crises qui secouent la région et qui pèsent sur le pays.

"Les crises avoisinantes ne cessent de peser sur nous de tout leur poids et de toutes leurs conséquences, a affirmé le président. Avec le début des événements en Syrie, les vagues de réfugiés fuyant l’enfer de la guerre ont commencé à affluer vers le Liban, qui a fait de son mieux pour leur garantir une vie décente. Cependant leur nombre considérable a eu des répercussions graves sur la société libanaise et ce à plusieurs niveaux : sécuritaire avec l’augmentation du taux de criminalité à plus de 30 %, économique avec l’augmentation du taux de chômage à 21 %, démographique avec l’augmentation de la densité allant de 400 à 600 habitant/km2. Ajoutons à cela, la limite de nos capacités et la rareté des aides internationales nous poussant à être dans l’incapacité de continuer à porter ce fardeau d’autant plus que la majorité des régions d’où sont originaires les migrants sont à présent sécurisées en Syrie".

"Pour cette raison, lors de mon discours l’année dernière à partir de cette même tribune, j’ai parlé de retour sécurisé et j’ai fait la différence entre ce type de retour et le retour volontaire. En effet, à l’exception d’une petite minorité, les Syriens qui ont afflué au Liban ne sont pas des réfugiés politiques. La majorité d’entre eux a fui leur pays à cause de la situation sécuritaire ou pour des raisons économiques", a ajouté M. Aoun. 

Brandissant une carte du Liban, le président libanais a poursuivi : "Voici une carte émise en 2014 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés qui montre la progression du nombre de migrants inscrits en à peine deux ans, ainsi que leur répartition sur le territoire libanais. Ainsi en 2012, il s’élève à 25 000, un chiffre qui est passé à plus d’un million en 2014". 

Notant que "les Nations unies ont arrêté de dénombrer les déplacés en 2014" il ajouté qu'à partir de là, "la Sûreté Générale libanaise a poursuivi ses recensements qui ont montré que leur nombre a dépassé 1.5 million de déplacés".

"A la lumière de tout cela, je confirme à nouveau la position de mon pays qui œuvre à consacrer le droit d’un retour décent, sécurisé et permanent des migrants à leur terre, et à refuser toute tergiversation ou marchandage concernant ce dossier crucial, le liant à une solution politique incertaine. De même, nous opposons un rejet à toute implantation d’un migrant ou d’un réfugié au Liban, a-t-il dit. Ainsi nous accueillons favorablement toute initiative - à l’instar de l’initiative russe - qui vise à résoudre cette crise". 





En juillet dernier, Moscou avait lancé une initiative pour le retour des réfugiés installés au Liban et en Jordanie. Dans ce contexte, Beyrouth a annoncé le 6 août la création de centres chargés d'enregistrer les demandes de Syriens souhaitant retourner chez eux. Damas a également dévoilé la création d'un comité chargé d'organiser le retour de millions de réfugiés. Il y a actuellement 5,6 millions de réfugiés syriens au Proche-Orient en raison de la guerre qui a débuté en 2011.


(Lire aussi : Cinquante mille Syriens sont rentrés dans leur pays depuis janvier, affirme Abbas Ibrahim)


La cause palestinienne
Le chef de l'Etat libanais a par ailleurs dénoncé les violations israéliennes de la résolution 1701, adoptée en 2006 pour mettre fin au conflit armé entre le Hezbollah et l'Etat hébreu, "bien que le Liban respecte entièrement cette résolution".

M. Aoun a également vivement critiqué "les approches politiques internationales envers la région du Moyen-Orient" qui "manquent cruellement de justice". "La cause palestinienne illustre parfaitement cette situation. L’impunité qui l’entoure a provoqué de nombreuses guerres au Moyen-Orient et engendré une résistance qui ne cessera pas avant d’éliminer l’iniquité et de faire régner la justice", a lancé M. Aoun. 

"Récemment, les Nations ont voté dans le cadre du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale contre la proclamation de Jérusalem comme capitale d’Israël. Malgré le résultat des deux votes qui reflète la volonté de la communauté internationale, certaines ambassades ont déménagé à Jérusalem. Par la suite, la loi de "l’Etat-nation juif" a été adoptée. Une loi poussant à l’exode et basée sur le refus de l’Autre sapant clairement toute tentative de paix et de projet reconnaissant deux Etats. Et pour compléter le tableau voilà qu’arrive la décision de couper les aides à l’Unrwa. Or de par sa définition, elle est l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. Son but, répondre à leurs besoins et les protéger jusqu’à ce qu’une solution à leurs souffrances soit trouvée", a poursuivi le président libanais.

Et de demander : "Est-ce que les souffrances des réfugiés palestiniens sont terminées pour que le rôle de l’Unrwa le soit aussi ? Le fait de paralyser son rôle n’est-ce pas une façon de préparer la suppression du statut de "réfugiés" afin d’aboutir à leur assimilation dans les pays d’accueil, d’éliminer l’identité palestinienne et de consacrer l’implantation ?"

"Du jour au lendemain, tout un peuple s’est retrouvé sans identité, sans patrie par le fait d’une décision prise par ceux-là mêmes qui sont censés défendre les Etats faibles (...) Telle est aujourd’hui la situation du peuple palestinien, un peuple disséminé aux quatre coins du monde. Peut-on l’accepter pour nous-mêmes et nos peuples ? La conscience mondiale peut-elle l’accepter ? Est-ce que les chartes et les pactes internationaux le stipulent ? Qui peut garantir que les petits peuples, comme le peuple libanais, n’auraient pas à subir un tel destin ?


Lire aussi

Aoun au Figaro : J'ai veillé à rétablir l'autorité de l'État

Aoun contre « tout atermoiement en vue d’un retour digne et sûr des déplacés syriens »

Réfugiés palestiniens : Bassil dénonce "un plan pour l'implantation"



Le président libanais Michel Aoun a réitéré mercredi dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies la position du Liban contre "toute implantation d’un migrant ou d’un réfugié au Liban", appelant au "retour décent, sécurisé et permanent" des réfugiés syriens dans leur pays et refusant de lier ce retour à "une solution politique incertaine".Après avoir...

commentaires (6)

M Aoun a fait son devoir . de la a ce qu'il soit entendu il y a loin/

Gaby SIOUFI

16 h 18, le 27 septembre 2018

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • M Aoun a fait son devoir . de la a ce qu'il soit entendu il y a loin/

    Gaby SIOUFI

    16 h 18, le 27 septembre 2018

  • Nous vivons dans un monde dirigé par un système macro economique et Il en est de même pour la politique. Ce qui se pas chez nous influe sur nos voisins et vis versa. Hélas dans le cas du Liban on est plus que d'autres pays sous influence.... Je ne vous apprends rien. C'est juste un rappel. Soutenons le Liban de toute notre force.

    Sarkis Serge Tateossian

    23 h 22, le 26 septembre 2018

  • Le Liban n’est pas comptable et responsable de la crise palestinienne comme il ne l’ai pas de la crise syrienne ou moyen orientale ou mondiale ou lunaire voire solaire ...il doit se concentrer enfin sur lui même une bonne fois pour toute et régler efficacement et effectivement ses problèmes frontaliers , internationaux, sociaux , financiers, fiscaux , pétroliers , communautaires, sécuritaires, économiques , énergétiques, écologiques, de santé publique, éducatifs, de transport terrestres , aériens et portuaires, de justice , de corruption... Basta la comedia . Le suicide collectif pour les autres ça va un temps ; il en va maintenant de l’existence même du Liban .

    L’azuréen

    22 h 32, le 26 septembre 2018

  • La route de Jérusalem passe par Jounieh. (Yasser Arafat). J'ai gouverné le Liban avec mon doigt. (Yasser Arafat). J'ai perdu la Palestine mais j'ai gagné des millions. (Yasser Arafat). J'ai vécu heureux mais je suis mort empoisonné. (Yasser Arafat).

    Honneur et Patrie

    20 h 46, le 26 septembre 2018

  • Ce n'est pas facile de défendre son pays dans les conditions que l'on connait. La région est en proie aux pires conflits du monde. Que Dieu preserve notre pays.

    Sarkis Serge Tateossian

    20 h 05, le 26 septembre 2018

  • PARLER DES REFUGIES SYRIENS ET LEUR RETOUR ET DU NON RESPECT DE LA 1701 PAR ISRAEL COMME DU NON SOUTIEN INTERNATIONAL POUR LES REFUGIES ... TRES BON ! MAIS FALLAIT LAISSER A ABOU MAZEN LE ROLE DE PARLER DU PROBLEME PALESTINIEN ET SES CONSEQUENCES DANS LA REGION OU AUX PAYS ARABES AYANT UN POIDS QUELCONQUE. CA NOUS RAPPELLE LE DISCOURS DE SLEIMANE FRANGIEH ET SES CONSEQUENCES DE TRISTE MEMOIRE !

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

    19 h 22, le 26 septembre 2018

Retour en haut