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Économie

Les producteurs d’huile d’olive réclament leurs subventions

Agriculture

Le budget 2017 inclut des aides qui n’ont pas encore été débloquées.

22/09/2018

Plusieurs représentants de coopératives agricoles et de municipalités se sont réunis hier à Hasbaya afin de réclamer le versement de subventions aux producteurs d’huile d’olive de la région promises par le gouvernement. « Le ministre des Finances a assuré que le montant nécessaire à ces subventions a été inclus dans les réserves budgétaires de 2017 », a ainsi déclaré Sami Safadi, président de la Fédération des municipalités de Hasbaya. Les producteurs ont ainsi déjà réduit le prix du bidon d’huile d’olive proportionnellement au soutien financier prévu.

Les subventions annoncées s’élèvent à 50 dollars par bidon d’huile d’olive pour les oléiculteurs de la région Marjeyoun-Hasbaya (Liban-Sud), précise l’Agence nationale d’information (ANI), qui relaie l’information. Au total, ce montant atteint environ 10 millions de dollars, chaque bidon pesant 16 kilos, précise Antoine Howayek, président de l’Association des agriculteurs libanais, à L’Orient-Le Jour. M. Safadi a insisté sur l’urgence de ce versement, « la saison de la cueillette d’olives étant sur le point de commencer ». Il a également déploré « la détérioration des conditions économiques (…) des agriculteurs de Marjeyoun-Hasbaya, notamment des producteurs d’olives ».


(Pour mémoire : Les producteurs libanais d’huile d’olive toujours en quête de standards)


Un « premier pas »

Aucune date d’exécution n’a été fixée pour cette mesure incluse dans le budget 2017 grâce aux pressions exercées par un député local druze, Anouar el-Khalil (Amal), qui n’a pas répondu aux sollicitations de L’Orient-Le Jour.

Pour M. Howayek, « la réunion d’hier représentait un premier pas vers des protestations qui sont toujours nécessaires pour recevoir des subventions. Ça ne vient jamais tout seul ». À titre d’exemple, les producteurs de pommes s’étaient fortement mobilisés en 2016 contre le retard de versement d’aides gouvernementales qui ont pris environ un an à être débloquées. Les producteurs d’huile d’olive souffrent d’un manque de régulation de leur filière, ce qui permet des dérives comme le mélange de l’huile d’olive à de l’huile végétale par certains commerçants, indique M. Howayek. La concurrence de produits bon marché importés de Syrie exacerbe ces difficultés. « Le bidon libanais est vendu à environ 80 dollars en gros, tandis que le bidon importé de Syrie n’excède pas 50 dollars. »

Selon le site des douanes libanaises, le Liban a officiellement importé 497 tonnes d’huile d’olive l’année dernière, (1,5 million de dollars), à 93 % de Syrie. « Il faut multiplier ce chiffre par trois au minimum pour prendre en compte l’huile d’olive importée en contrebande », s’insurge M. Howayek. « Certains commerçants libanais n’hésitent pas à importer de l’huile d’olive syrienne pour l’exporter sous label libanais. » En 2017, le Liban a exporté plus de 7 000 tonnes d’huile d’olive (24 millions de dollars), en majorité vers les États-Unis (22 % du total) et le Koweït (13 %).

Le traitement de faveur accordé aux producteurs de Marjeyoun-Hasbaya a provoqué la grogne des oléiculteurs dans le reste du pays, souligne M. Howayek. La majorité des 544 moulins à huile répertoriés dans le pays se trouvent au Liban-Nord (274) et non dans le Sud (139), selon des chiffres datant de 2010 rapportés par l’Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL). Mais une autre solution se dessine pour soutenir l’ensemble des 170 000 oléiculteurs libanais. D’après M. Howayek, un décret publié par le gouvernement en début d’année permet à l’armée de s’approvisionner en pommes et en huile d’olive chez les producteurs locaux. Une décision qui sera exécutée « très prochainement ».



Pour mémoire

Inauguration d'un centre de collecte d'huile d'olive à Tayrfelsay

L'huile d'olive libanaise, un produit phare mais encore peu compétitif 

Où en est l'agriculture bio au Liban ? 

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Stes David

Un 'bidon pesant 16 kilos' si on calcule 1 litre comme 0.9 kilo c'est un bidon de 15 litres. Pour nous consommateurs en Europe le prix c'est de 5 litres Kalamati huile grecque a 45 euro donc c'est 3x fois plus bon marche au Liban/Syrie, si on a $50 pour 15 litres. Mais c'est peut-etre une fausse comparaison car il y a bcp de differences dans la methode d'extraction et production et la variete d'olive (la sorte d'arbre). Aussi je pense que la UE a une politique de soutien financier pour les agriculteurs espagnols, italiens, grecques etc.

L'Orient-Le Jour

Bonjour,
Ces chiffres nous ont été donnés par des sources officielles.
Bien cordialement,

Le point

Je pense que l'article est plein d'erreurs de chiffres qui nous empêchent de mesurer l'ampleur exacte du problème. Il n'y a pas 170 mille oléiculteurs sur 4 millions d'habitants et 497 tonnes valent beaucoup plus que USD 1,5 millions. Dans l'attente d'une éventuelle correction, je vous prie de recevoir, mes meilleures salutations.

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