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Liban - Coopération

Inauguration d’un centre de collecte d’huile d’olive à Tayrfelsay

Le village a été doté d'un nouveau centre lui permettant d'améliorer la production oléicole pour pouvoir proposer sur les marchés nationaux et internationaux un produit de qualité à des prix plus compétitifs.

L’inauguration du centre s’est déroulée hier en présence notamment de l’ambassadrice de l’Union européenne et des ministres Mohammad Fneich et Nabil de Freige. Photo Marie Tihon

Intitulé Aide socio-économique pour les producteurs d'olives au Sud-Liban, un projet de l'Institut de la coopération universitaire (ICU), réalisé en partenariat avec l'Union régionale des coopératives du Sud-Liban (RUCSL), a été inauguré hier dans le village de Tayrfelsay, au Liban-Sud. Il est doté des équipements les plus adaptés pour conserver la production d'huile d'olive dans des réservoirs qualifiés et permet d'organiser des formations pour plus de 1 000 cultivateurs au sein des 42 coopératives sur une période de 24 mois. Ce projet est financé par l'Union européenne dans le cadre du programme Afkar III et mis en œuvre par le bureau du ministre d'État pour la Réforme administrative (Omsar).


La présence d'un centre de collecte d'huile d'olive dans ce village permet d'exploiter au mieux tout le potentiel de ce secteur avec pour finalité de répondre aux normes internationales et « d'obtenir ainsi une huile certifiée », déclare Salim Mourad, chef de l'Union régionale des coopératives du Liban-Sud. Un tel centre permet avant tout de conserver une huile de qualité sur une plus longue période, de pouvoir vendre la production lorsque les prix sont plus avantageux et, de facto, concurrencer le marché.


Selon Carole Hachem, coordinatrice de l'ICU, la collecte d'olives au sud du pays se faisait auparavant dans des conditions « mauvaises, qui ne pouvaient garantir une production d'huile de qualité ». Si on a décidé de venir en aide à cette région, ce n'est pas seulement à cause du manque d'infrastructures, mais aussi parce que la saison y commence tôt. « Les olives peuvent être pressées plus rapidement. On obtiendra alors une huile fruitée sans défaut, c'est-à-dire extravierge », explique un responsable du laboratoire de dégustation au ministère de l'Agriculture.

 

Redynamiser un secteur stratégique
« Le secteur oléicole régional représente une réalité économique très importante, avec 18 000 hectares d'oliviers plantés, 10 000 tonnes d'huile produites et plus de 40 000 agriculteurs, dont de nombreux jeunes qui voient dans ce secteur une réelle opportunité de travail », affirme Claudi Errighi, représentant de l'ICU. La création d'un tel centre a donc un rôle fondamental à jouer en vue de « faciliter la commercialisation internationale d'huile d'olive », affirme de son côté Angelina Eichhorst, ambassadrice de l'Union européenne. Elle ajoute : « La création d'emploi est une priorité pour l'Union européenne, et ce secteur mérite d'être soutenu car beaucoup de gens en dépendent. »


Selon Nabil de Freige, ministre d'État pour la Réforme administrative, le secteur oléicole emploie actuellement plus de 105 000 personnes au Liban. Le ministre souligne également l'importance de former ces agriculteurs à des pratiques qui visent avant tout la qualité plutôt que la quantité. Il souhaite en outre « qu'il y ait plus de coopération entre les pays producteurs d'huile d'olive comme l'Italie, la France, l'Espagne et le Liban ». Enthousiaste sur ce projet, Nabil de Freige a confié à L'Orient-Le Jour lors de l'inauguration du centre : « Je garantis l'huile d'olive libanaise ! »

 

Travailler en coopérative, un atout sur le terrain
En 2013, Afkar qui tend à fournir l'aide nécessaire aux entrepreneurs de la région Mena pour qu'ils puissent concevoir leurs projets pilotes, lançait un appel à projets. Parmi une dizaine de dossiers soumis, Omsar a décidé de soutenir les producteurs d'huile d'olive au Liban-Sud car « ce projet répondait parfaitement aux critères de compétitivité », fait remarquer Youmna Ghorayeb, responsable du programme au ministère d'État pour la Réforme administrative. L'initiative a également séduit pour sa capacité « à présenter des éléments de durabilité en s'organisant en coopérative », ajoute la responsable. Travailler en coopérative permet notamment de réduire les coûts de production et d'augmenter le potentiel de commercialisation.
Même si l'objectif premier est d'améliorer la qualité de l'huile produite dans la région, tout en diminuant les coûts de production ainsi que les prix de vente, Angelina Eichhorst n'en considère pas moins la possibilité d'exporter vers l'Europe, malgré la concurrence sur les marchés européen. Elle conclut en faisant état de « négociations sur ce sujet. Même si ce n'est pas évident et que de nombreuses questions doivent être clarifiées, je peux vous assurer qu'on y travaille », affirme la diplomate.

 

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