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Liban

L’hommage appuyé de Jabal Moussa à « L’Orient-Le Jour »

Environnement
22/09/2018

À l’occasion de ses 10 ans, l’Association pour la protection de Jabal Moussa (APJM) a accueilli mercredi soir, pour son traditionnel gala annuel, près de 330 personnes, dont ses partenaires les plus prestigieux, dans le cadre idyllique des Jardins du palais Sursock.

La décoration, soigneusement réalisée par Nado el-Hayek, s’accordait parfaitement avec le charme des jardins du palais. Des guirlandes lumineuses embellissaient les plantes, les arbres et les palmiers du jardin. Un buffet gastronomique préparé avec attention par Le Bistrol était servi à l’ensemble des invités. Pour couronner cet environnement ergonomique, les artistes du Music Hall ont fait tout leur possible pour que l’ambiance de la soirée soit à son comble. Le but de « se sentir dans une atmosphère positive » est atteint, souligne Pierre Doumet, le président de l’APJM.


(Lire aussi : Sur le dernier sentier de Jabal Moussa, la boucle est désormais complète)


L’histoire d’un combat

Nayla Abi Karam, directrice de la levée de fonds et du Magazine de l’APJM, donne d’emblée le ton dans son édito : « Tant qu’il y aura des forêts, et des hommes pour les chérir, rien ne sera tout à fait perdu. Ainsi va-t-il de la fabuleuse destinée de Jabal Moussa, protégé pour toutes les richesses imaginables qu’une réserve de biosphère de l’Unesco peut contenir. ». Intégrée depuis 2009 au programme Man and Biosphere de l’Unesco, Jabal Moussa est une réserve de biosphère située dans le Ftouh-Kesrouan, à 50 km de Beyrouth, s’étendant aussi à certaines hauteurs de Jbeil. Ce hotspot de la biodiversité qui s’étend sur une superficie de 65 km2 survit essentiellement grâce à la volonté d’une partie des habitants. « Dans cette ONG, chaque membre est passionné par ce qu’il entreprend, relève Daniela Doumet, chargée de la vente aux enchères en ligne, Silent Auction. Dans un pays où la question environnementale est quasiment négligée par les pouvoirs publics, l’APJM a su prouver que, par la force des habitants et le soutien de partenaires fidèles, le projet environnemental impulsé par un simple groupe d’amis a su porter ses fruits. »

Salah Honein, secrétaire général de l’APJM, indique que « les pouvoirs publics n’aident pas forcément, mais tant qu’ils n’entravent pas nos ambitions, nous nous en réjouissons ». L’ennemi le plus redoutable reste incontestablement les carrières qui consistent en la destruction du patrimoine naturel à des fins d’extraction des matériaux de construction. Du fait d’une règlementation trop laxiste, des carrières illégales opèrent dans la région et demeurent sans condamnation de la part des pouvoirs publics.

« L’État veut urbaniser, car l’urbanisation témoigne de la richesse. Mais en réalité, nous avons une éducation très fausse de ce que vaut l’urbanisation. Elle n’est pas la richesse, mais la destruction de la richesse », souligne Daniela Doumet. Et face à cette adversité, l’APJM se lance dans un défi ambitieux consistant à « sensibiliser » un maximum de monde. L’ONG entend maintenir cette position ferme dans sa lutte en faveur de l’environnement. Elle semble plus déterminée que jamais à remporter « l’une des batailles les plus difficiles du Liban », selon Salah Honein.


(Lire aussi : À Jabal Moussa, l’acrobatique réhabilitation des maisons traditionnelles)


« Le souffle nécessaire »

Ce dîner de gala était particulier, car représentatif de l’ascension phénoménale d’une petite association en l’espace de 10 ans. « On est passé de 200 à 25 000 touristes par an », précise Daniela Doumet. Par le biais de ce dîner de gala, l’ONG entend reconnaître le soutien de ses partenaires. Pierre Doumet a rendu à cet égard un hommage exceptionnel à L’Orient-Le Jour : « C’est vous, L’Orient-Le-Jour, qui nous avez donné la couverture, le souffle nécessaire pour persévérer aussi longtemps qu’il nous a été possible de le faire. » Il a remis dans ce cadre le Tabsoun Award, animal emblématique de Jabal Moussa, à L’Orient-Le Jour en la personne de Nayla de Freige, administratrice déléguée et PDG du Commerce du Levant.

« Cet hommage témoigne de la gratitude de l’ONG, précise encore Pierre Doumet, envers l’équipe de L’OLJ, notamment son PDG Michel Eddé, son directeur exécutif, Michel Hélou, son rédacteur en chef Michel Touma. » M. Doumet a également exprimé une reconnaissance particulière à l’attention de Suzanne Baaklini, spécialisée dans les questions environnementales.

De son côté, Nayla de Freige a déclaré que « communication et action vont de pair ». Ce Tabsoun Award met donc en lumière l’engagement de L’Orient-Le Jour sur le plan environnemental au travers de ses partenariats, bien que ce domaine attire peu l’attention des pouvoirs publics.


La vente aux enchères silencieuse

Le dîner de gala a réuni les partenaires les plus importants et les plus fidèles, et a permis de financer une partie des projets de développement durable menés par l’APJM.

Nayla Abi Karam met en évidence sur ce plan la notion de partenariat, qu’elle distingue du sponsoring. « Nos partenaires financent non pas un dîner, mais un projet faisant foi de leur engagement », relève-t-elle. Dans un souci de diversifier les moyens de levée de fonds pour financer les projets de développement durable de la réserve et des villages alentours, l’APJM a dévoilé, à l’occasion de cette soirée, le lancement de la Silent Auction – vente aux enchères silencieuse – qui s’effectue en ligne. Cette vente aux enchères est essentiellement basée sur des pièces offertes par des designers libanais ainsi qu’une belle œuvre artistique donnée par l’artiste franco-libanaise Flavie Audi. Pour participer à cette vente aux enchères, il suffit d’aller sur ce lien et de surenchérir : charityauction.bid/jabalmoussa





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Le Faucon Pèlerin

A l'adresse de l'APJM (L'Association pour la Protection de Jabal-Moussi), je certifie sur l'honneur que j'ai participé à une "battue" aux porcs-épics dans la région haute d'Adma-Kfar Yassine en 1949-50. Je ne suis pas sûr qu'il y en reste après l'invasion du béton. Trouve-t-on des porcs-épics dans la réserve de Jabal-Moussa ?
Porc-épic en arabe : Zoldal ou Qonfod.

Le Faucon Pèlerin

J'ai grimpé quelques dizaines de mètres de la face pentue de Jabal Moussi, côté Yahchouche, appelé ainsi par les autochtones, vers 1950 pour taquiner les perdrix, face à la difficulté de poursuivre, j'ai renoncé. En souvenir de cela, j'ai souhaité savoir que veut dire "Tabsoun Award".
Le tabsoun Award appelé au Kesrouan "tabsoun" tout simplement, est le "Daman des Rochers" en français, petit mammifère ongulé proche de l'éléphant de la taille d'un lapin.
Le Petit Robert dit que "daman" est un terme arabe ???

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