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Les Etats-Unis manqueront d'un tiers leur ex-objectif de réduction des gaz à effet de serre en 2025

climat

"Il faut que tout le monde s'engage", non seulement les Etats fédérés, mais aussi, à terme le gouvernement fédéral, martèle la vice-présidente de la coalition America's Pledge.


OLJ/AFP
12/09/2018

Les Etats-Unis ne devraient accomplir que deux tiers de la réduction des gaz à effet de serre initialement fixée par Barack Obama pour l'accord de Paris à l'horizon 2025, selon un rapport publié mercredi lors d'un sommet sur le climat à San Francisco.
Les émissions de gaz à effet de serre américaines devraient avoir baissé de 17% en 2025 par rapport à 2005, alors que le président Barack Obama avait fixé au moins -26% comme objectif, selon l'étude commanditée par la coalition de villes, Etats et entreprises America's Pledge ("La promesse de l'Amérique"), qui a mesuré et pris en compte les engagements environnementaux de ces acteurs non-fédéraux.

L'étude, financée par l'organisation philanthropique du milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, a été publiée à l'occasion du Sommet mondial pour l'action climatique, qui s'ouvre mercredi à San Francisco en Californie et accueille des milliers de délégués venus du monde entier. Mais ces chiffres montrent, selon les auteurs, que l'écart peut être comblé à -21%, voire -24%, si les engagements des acteurs non-fédéraux étaient revus à la hausse.

"L'objectif d'Obama allait toujours être difficile à atteindre", a expliqué Paul Bodnar, directeur du Rocky Mountain Institute, qui a codéveloppé le modèle ayant permis d'obtenir ces prévisions. "Ce travail montre de façon rigoureuse que les Etats, les villes et les entreprises ont le pouvoir d'amener le pays au seuil de cet ambitieux objectif, de leur propre autorité", a-t-il dit lors d'une présentation à la presse.

Mais pour complètement rattraper le retard, a martelé Mary Nichols, vice-présidente de la coalition America's Pledge, "il faut que tout le monde s'engage", non seulement les Etats fédérés, mais aussi, à terme le gouvernement fédéral, qui a juridiction exclusive sur des exploitations pétrolières et gazières fédérales, sur de vastes forêts ou les émissions de l'aviation et du transport maritime.


(Lire aussi : De Bangkok à San Francisco en passant par Paris, mobilisation pour le climat)


Quelques mois après son arrivée au pouvoir, Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris de 2015. Il a a parallèlement lancé le processus d'annulation de deux piliers du plan climat de son prédécesseur, sur les centrales au charbon et les normes antipollution des véhicules. Ces décisions ont galvanisé nombre de gouverneurs et maires démocrates, ainsi que des entreprises, qui ont promis d'agir, à leur niveau, pour tenir les objectifs initiaux de l'accord de Paris.

D'ici à 2025, la baisse la plus forte des émissions proviendra du passage croissant de la production d'électricité à des sources d'énergies renouvelables. Plusieurs Etats et villes ont adopté des calendriers contraignants, facilités par la baisse rapide du coût du solaire et de l'éolien depuis le début des années 2010.

Parallèlement, entre 2006 et 2016, le rapport note que 15% du parc américain de centrales à charbon a fermé, un rythme qui se poursuit encore aujourd'hui malgré le soutien de l'administration Trump au secteur.

Les progrès attendus d'ici 2025 sont plus modestes dans les autres secteurs émetteurs de carbone, notamment les transports, première source de gaz à effet de serre aux Etats-Unis. L'une des raisons est que le renouvellement de la flotte en circulation est lent, les consommateurs conservant leurs voitures longtemps. Mais dix Etats, dont la Californie, obligent les fabricants automobiles à commercialiser des modèles électriques.


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