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Le nouveau commandant de la Finul préside sa première réunion tripartite au Liban-Sud

frontières

Israël organise une tournée pour les journalistes, le long du mur frontalier.

OLJ/AFP
07/09/2018

Le nouveau commandant en chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, le général Stefano Del Col, a présidé pour la première fois jeudi la réunion tripartite régulière regroupant des représentants des armées libanaise et israélienne sous l'égide de la Finul à Ras Naqoura, au Liban-Sud, alors qu'Israël poursuit la construction d'un mur de béton à la frontière. 

Au cours de cette réunion, les parties ont discuté de la situation sécuritaire le long de la Ligne bleue et de l'importance des mécanismes de coordination mis en place par les Casques bleus pour maintenir le calme, indique la Finul dans un communiqué. Le général Del Col, qui a pris ses fonctions le 7 août, a appelé les armées israélienne et libanaise à notifier la Finul de leurs activités le long de la frontière, afin de minimiser les risques de tension.


La réunion intervient une semaine après la reconduction par le Conseil de sécurité de l'ONU du mandat de la Finul pour un an. Ces réunions tripartites, qui sont convoquées de manière régulière par la Finul depuis la fin de la guerre de 2006, sont qualifiées par l'organisation internationale d'"élément essentiel de la gestion du conflit et du mécanisme de construction de l'établissement de la confiance entre les deux parties".


(Lire aussi : Israël "ne fera pas de distinction entre le Hezbollah et l'armée libanaise" lors de la prochaine guerre)


Réponse aux menaces du Hezbollah
Parallèlement à cette réunion, l'armée israélienne a organisé, jeudi, une tournée à l'intention des journalistes sur le site de la construction du mur à la frontière. Le commandant israélien chargé de cette visite a affirmé aux journalistes que le mur, constituée de blocs en béton de 9 mètres de haut, est "la réponse aux intentions proclamées et aux menaces publiquement proférées par le Hezbollah depuis 2011 de s'infiltrer en Israël et de s'en prendre aux localités israéliennes situées au sud de la Ligne Bleue", indique l'AFP. Il a ajouté que l'armée israélienne "prend ces menaces très au sérieux".

Selon les Israéliens, le mur est supposé bloquer les tirs et les incursions et surveiller le Hezbollah.

Les hauts blocs gris constituant ce mur, qui ressemblent comme des jumeaux à ceux érigés pour isoler la Cisjordanie, prolongent une barrière déjà édifiée en 2012 autour de la ville israélienne de Metula, proche de la frontière libanaise. Onze kilomètres de mur ont déjà été construits et les budgets existent pour deux kilomètres supplémentaires. L'objectif à terme est d'ériger un mur le long des 130 kilomètres de frontière. Si l'argent est là, le projet est réalisable en deux ans, soutient le directeur du projet, le général Eran Ofir. Le coût total est estimé à 1,7 milliard de shekels (406 millions d'euros, soit 470 millions de dollars).

Le mur remplace la haute clôture existante jusqu'alors. Il sera surmonté de caméras et d'un entrelacs de fils d'acier. Les officiers israéliens se gardent de dire si le dispositif inclut une composante souterraine pour parer l'éventualité de tunnels, comme autour de la bande de Gaza. "Il n'y a pas que ce que vous voyez, c'est-à-dire le mur de béton", a dit un militaire à l'AFP, évoquant d'autres composantes dont il ne peut pas parler mais "qui font que ce qu'on voit d'ici, on le voit beaucoup, beaucoup mieux".

Israël assure que le mur se trouvera intégralement de son côté de la Ligne bleue. Le Liban affirme de son côté que certaines sections empiéteront sur son sol, notamment sur treize points disputés, et s'active diplomatiquement pour dénoncer cette construction. Les tensions sont exacerbées par les revendications antagonistes des deux pays sur des gisements d'hydrocarbures en Méditerranée. Cette semaine, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a alerté sur l’imminence du début des activités d’exploration en Israël par la compagnie grecque, Energean, détenant les droits d’exploitation de la licence de Karish, qui se trouve à quelques kilomètres de la frontière libanaise. "Il faut agir rapidement car il y a de grandes probabilités d’avoir des réservoirs communs » au Liban et à Israël, « afin d’empêcher toute violation des droits du Liban", a prévenu M. Berry.


La Finul avait été établie en 1978 par le Conseil de sécurité pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban. Après la guerre de l’été 2006, opposant Israël au Hezbollah, elle a été chargée par le Conseil de contrôler la cessation des hostilités. La semaine dernière, le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé son mandat pour une année supplémentaire, sans en changer les prérogatives, malgré les demandes insistantes des Etats-Unis et d'Israël qui souhaitaient que les soldats de l'ONU puissent mener des perquisitions afin de découvrir les caches d’armes du Hezbollah et les démanteler. 


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