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Wadih el-Asmar convoqué demain devant la procureure générale Ghada Aoun

LIBERTÉ D’EXPRESSION

"A chaque fois qu'on me posait une question, j'invoquais l'article 47 qui donne le droit au prévenu de garder le silence".

OLJ
05/09/2018

Nouvel épisode dans l'affaire Wadih el-Asmar. Convoqué par le bureau de lutte contre la cybercriminalité des Forces de sécurité intérieure le 31 août août dernier, le président du Centre libanais pour les droits de l'homme (CLDH) a été informé qu'il doit se présenter demain devant la procureure générale Ghada Aoun, rapporte le Centre SKeyes pour la défense de la liberté d'expression.

Le 31 août, le bureau de lutte contre la cybercriminalité des Forces de sécurité intérieure avait interrogé Wadih el-Asmar au sujet d'un tweet polémique sur Saint Charbel, écrit par un certain Charbel Khoury, et que le militant des droits de l'homme avait relayé sur sa page Facebook. Charbel Khoury avait lui-même été convoqué pour son tweet.


"J'ai été convoqué par téléphone par le bureau de lutte contre la cybercriminalité le 16 août et ils m'ont demandé de me présenter le 31 août au bureau pour prendre ma déposition", a précisé M. el-Asmar au Centre Skeyes. Mais le 30 août, poursuit le militant, le bureau de lutte contre la cybercriminalité lui a demandé de ne plus venir. "Mais j'ai insisté pour venir", poursuit M. el-Asmar. "(Le 31 août), je me suis donc rendu avec trois avocats sur place mais on m'a informé à la porte qu'il n'y avait personne pour mener l'interrogatoire, ajoute-t-il. Ils ont ensuite contacté le directeur du bureau qui m'a interrogé au sujet de mon message au sujet de Charbel Khoury et Saint Charbel. Puis, l'enquêteur principal m'a interrogé. Les avocats et moi-même avons été traités avec un manque de respect total. A chaque fois qu'on me posait une question, j'invoquai l'article 47 qui donne le droit au prévenu de garder le silence".

"Au bout de cinq heures, ils ont contacté la procureure générale Ghada Aoun qui m'a demandé d'effacer le message, mais j'ai refusé de donner une réponse parce qu'on ne m'a pas permis de consulter un avocat, affirme encore M. el-Asmar. De plus, j'ai appris lors de l'interrogatoire que le président du Centre catholique d'information, le père Abdo Abou Kassem, avait déposé une plainte. Mais on ne m'a pas dit si c'est cette plainte qui était à l'origine de ma convocation ou s'il s'agissait d'une autre plainte. Avant de sortir (du bureau), on m'a informé que j'avais été convoqué par la juge Aoun pour le 6 septembre". 

Dès l'annonce, à la mi-août, de sa convocation par le bureau de lutte contre la cybercriminalité, Wadih el-Asmar avait indiqué qu'il se rendrait à la convocation, mais invoquerait l'article 47 du code de procédure pénale, qui régit les mesures de la police judiciaire en dehors des infractions flagrantes, et stipule notamment que "les personnes refusant de faire des déclarations ou choisissant de garder le silence" ne peuvent pas être "contraintes à parler ou être interrogées, sous peine de nullité des déclarations recueillies". Cet article stipule également que "les officiers de police judiciaire ne peuvent placer un suspect en garde à vue au poste que sur décision du ministère public et pour une durée ne dépassant pas quarante-huit heures (...)". 

Le CLDH, une ONG basée à Beyrouth et s'occupant notamment de la surveillance des cas de détention arbitraire, de torture et de disparitions forcées, a rappelé sur sa page Facebook que "la liberté d'expression est un pilier essentiel des droits de l'homme, tel que cela est mentionné à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme". 

Ces dernières semaines, les convocations par les autorités se sont multipliées au Liban, pour des écrits sur les réseaux sociaux critiquant certains responsables politiques ou tournant en dérision des symboles religieux. Le 24 juillet, des centaines de personnes s'étaient rassemblées place Samir Kassir, dans le centre-ville de Beyrouth, sous une seule bannière : "Contre la répression et le recul de la liberté d’expression au Liban".


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