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Damas a le droit de chasser les "terroristes" d'Idleb, affirme Lavrov

syrie

Washington accuse Moscou de "défendre l'assaut" syrien contre le dernier grand fief rebelle de Syrie.

OLJ/Agences
31/08/2018

Le gouvernement syrien a parfaitement le droit de chasser les "terroristes" de son territoire, a réaffirmé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, alors que Damas se prépare à une offensive contre la région rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Idleb est le dernier grand bastion de l'insurrection contre le président Bachar el-Assad, où se trouvent selon l'ONU environ 10.000 jihadistes. Mercredi, Sergueï Lavrov avait déclaré que cette région était un "abcès purulent" qui devait disparaître. Pour éviter des pertes civiles, a-t-il assuré vendredi aux agences de presse Ria et Interfax, des discussions sont en cours au niveau international pour mettre en place des corridors humanitaires afin de permettre l'évacuation de la population, comme l'ont réclamé les Nations unies.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a accusé son homologue russe de "défendre l'assaut" du régime contre Idleb. "Sergueï Lavrov défend l'assaut syrien et russe contre Idleb", a-t-il déclaré sur Twitter. "Les Etats-Unis considèrent qu'il s'agit d'une escalade dans un conflit déjà dangereux", a-t-il ajouté. "Les trois millions de Syriens qui ont déjà été contraints de quitter leur maison et sont maintenant à Idleb vont souffrir de cette agression. Ce n'est pas bien. Le monde vous regarde", a encore mis en garde le chef de la diplomatie américaine.

A Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a demandé à Moscou d'user de son influence sur le gouvernement syrien pour éviter "une catastrophe humanitaire" dans la région, a déclaré sa porte-parole Ulrike Demmer. Le président russe Vladimir Poutine participera à un sommet avec ses homologues iranien et turc le 7 septembre à Téhéran.

Le gouvernement turc a, lui, ajouté à sa liste des organisations terroristes le groupe islamiste Tahrir al -Cham, selon le Journal officiel turc de vendredi. Tahrir al-Cham, en parti issu du Front al-Nosra, représente la principale force jihadiste dans la province d'Idleb.


(Lire aussi : La Russie et l’Iran, des alliés de plus en plus rivaux en Syrie)



Idleb, "foyer du terrorisme"
La Russie va par ailleurs mener du 1er au 8 septembre des manœuvres navales en Méditerranée. Le Kremlin a justifié ces manœuvres par la situation dans la province d'Idleb, présentée par Moscou comme un "foyer du terrorisme".

Moscou s'est aussi récemment inquiété d'une augmentation des effectifs de l'armée américaine au Proche-Orient, peut-être en prévision d'une attaque contre les forces syriennes. L'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov, a cette semaine mis en garde les Etats-Unis "contre toute agression illégale et sans fondement contre la Syrie".

Le 22 août, le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton a averti que les Etats-Unis réagiraient "durement" à l'usage d'armes chimiques ou biologiques lors d'une éventuelle offensive contre Idleb. Samedi dernier, le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, a accusé les rebelles syriens de préparer une attaque chimique dans la province d'Idleb pour en accuser ensuite le gouvernement de Damas, donnant ainsi un prétexte aux Occidentaux pour frapper les positions de l'armée syrienne.

En visite jeudi à Moscou, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a affirmé que son pays ne possédait pas d'arsenal chimique et n'avait de toute façon nul besoin de tels armements. Après avoir rencontré Sergueï Lavrov, il a souligné que c'était le devoir de l'armée syrienne de reprendre le contrôle d'Idleb, en chassant notamment les islamistes d'al-Nosra, tout en évitant le plus possible les pertes civiles. Les forces gouvernementales "iront jusqu'au bout", a-t-il assuré.


(Lire aussi : Pourparlers de la dernière chance pour éviter l'offensive d'Idleb)


Arrivée de chars et de blindés
Sur le terrain, des groupes rebelles d'Idleb ont fait sauter vendredi deux ponts dans une zone adjacente à cet ultime grand bastion insurgé, pour se protéger en cas d'une offensive du régime, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Les deux ponts situés dans la province voisine de Hama reliaient les territoires insurgés aux zones gouvernementales. Ils enjambaient des branches du fleuve Assi, selon l'OSDH. Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a précisé que ces deux ponts "étaient les principaux du secteur, mais il y en a deux autres".

Selon des experts, les territoires rebelles de Sahl al-Ghab, à cheval sur les provinces de Hama et d'Idleb, pourraient être une des cibles d'une offensive du régime et de son allié russe.

Depuis des semaines, le régime Assad amasse des renforts aux abords d'Idleb, près de Sahl al-Ghab. "Les rebelles ont observé une activité intense côté régime, avec l'arrivée de chars et de blindés dans le secteur", a souligné M. Abdel Rahmane. "Les groupes rebelles fortifient leurs positions en prévision d'une opération militaire", a-t-il ajouté.

Des troupes turques sont aussi stationnées dans la zone et la Turquie, parrain de certains groupes rebelles, notamment le FNL, ne veut pas d'assaut, craignant un nouvel afflux de réfugiés vers sa frontière.


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