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Moyen Orient et Monde

La Russie et l’Iran, des alliés de plus en plus rivaux en Syrie

Analyse
31/08/2018

Il ne sera probablement pas militaire, mais le prochain conflit en Syrie sera une guerre d’influence et une course pour la répartition des parts du gâteau en prévision d’une éventuelle reconstruction du pays entre les deux alliés du régime de Bachar el-Assad, la Russie et l’Iran.

Les préparatifs de l’offensive sur Idleb, dernier grand bastion rebelle en Syrie, ont montré les divergences sur le terrain entre Moscou et Téhéran, où chacun poursuit son propre agenda. Alors que la Russie s’active à trouver un compromis avec ses partenaires, notamment turcs, en vue de ménager leurs intérêts, rien n’indique que le régime et son allié iranien, qui amassent leurs troupes en vue d’une offensive, soient enclins à attendre les résultats des négociations entamées par Moscou. Les seconds veulent en finir avec cette province rebelle contrôlée principalement par les jihadistes de Hay’at Tahrir al-Cham (groupe dominé par l’ex-branche syrienne d’el-Qaëda, le Front al-Nosra), ainsi que par d’autres factions rebelles, alors que Moscou préconise une offensive limitée afin de ménager Ankara et ses protégés.

Parallèlement à cette divergence tactique, on trouve des objectifs différents entre la Russie et l’Iran en Syrie. La Russie cherche par tous les moyens à renforcer et pérenniser le régime syrien afin d’affirmer son retour triomphal sur la scène internationale. Elle a par ailleurs renforcé durablement sa présence militaire sur la côte est de la Méditerranée, avec ses bases à Tartous et Hmeimim. Pour sa part, l’Iran vise à sécuriser un couloir stratégique reliant Téhéran à Beyrouth tout en ayant en ligne de mire son ennemi juré, Israël.


(Lire aussi : La Russie se montre conciliante pour ne compromettre aucun objectif à Idleb)


Israël
Or les activités de la République islamique en Syrie provoquent l’ire des Israéliens qui ont dû sévir à plusieurs reprises cette année en frappant des cibles iraniennes à travers le pays. Mercredi, le Premier ministre israélien a affirmé que « les forces de sécurité israéliennes continueront à mener avec force et détermination des actions contre les tentatives de l’Iran d’implanter ses forces et des systèmes sophistiqués d’armement en Syrie ». « Nous réagirons en Syrie avec toute notre puissance contre tout objectif iranien qui menacerait Israël, et si la défense antiaérienne de l’armée syrienne intervient contre nous, elle en paiera le prix », a renchéri le ministre israélien des Renseignements, Yisrael Katz.

Toute escalade entre les deux pays risque ainsi de déstabiliser le pouvoir de Bachar el-Assad. L’agenda iranien en Syrie pourrait donc contrecarrer les plans russes pour leur protégé. Sans oublier l’hostilité des monarchies arabes du Golfe contre les tentatives hégémoniques iraniennes dans la région, alors que Moscou essaie de s’affirmer comme l’interlocuteur incontournable de tous les pays de la région.

Et face aux pressions diplomatiques israéliennes, les Russes ont mis de l’eau dans leur vin, faisant miroiter un retrait des forces iraniennes et des milices chiites à quelque 85 km de la frontière nord de l’État hébreu. La position ambiguë de la Russie a vite poussé Téhéran à sécuriser sa présence sur le territoire syrien en signant avec Damas un accord de coopération militaire. L’accord traite de la poursuite de la « présence et de l’implication » de l’Iran en Syrie, a ainsi affirmé lundi dernier le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, lors d’une visite dans la capitale syrienne. « L’élément le plus important de l’accord, c’est la reconstruction des forces armées et des industries militaires de défense syriennes, pour qu’elles puissent retrouver leur pleine capacité », a-t-il ajouté.

La signature de cet accord qui concerne à la fois la présence iranienne en Syrie ainsi que l’exécution de projets en prévision de la reconstruction semble être un pied de nez non seulement aux pays considérés comme ennemis (Israël, les Arabes et les Occidentaux), mais aussi à l’allié russe.


Course aux accords
Hier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, s’est rendu à Moscou pour s’entretenir avec son homologue russe et déclarer que « l’alliance entre la Syrie et la Russie contre le terrorisme va se poursuivre par un partenariat dans la période de reconstruction ». M. Moallem a mis l’accent sur une coopération sur les plans économique, culturel et social entre les deux pays.

Cette course effrénée aux accords et aux partenariats entre Damas, d’une part, et Téhéran et Moscou, d’autre part, montre la convoitise des deux alliés qui s’attendent à tirer le plus grand profit de la victoire d’Assad, à laquelle ils ont contribué, notamment du point de vue économique, où les enjeux sont de taille. Pétrole, télécommunications, infrastructure… chacun de ces deux alliés/rivaux voudra la plus grande part du marché quand ces projets seront initiés.

Une bataille en coulisses semble ainsi se dessiner pour savoir qui contrôlera le régime Assad dans la nouvelle Syrie postguerre.


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Pierre Hadjigeorgiou

En ce moment ce sont les Iraniens qui prennent leurs rêves pour réalité idem pour la Syrie de Bachar. Ces messieurs oublient que la guerre n'est toujours pas terminé en Syrie et elle est encore loin de l’être. Quand a s'occuper de normaliser des relations imposées aux forceps, les Libanais ferait plutôt mieux de penser a former un gouvernement juste d'abord et celui-ci décidera s'il faut ou non normaliser des relations avec un régime qui a détruit le notre et a quelles conditions. Pour finir, Je ne me rappelle pas dans l'histoire de la Syrie que le Liban ai jamais pu profiter positivement de quoi que ce soit. Nous n'avons eu que de la merde et des troubles, alors de la a profiter de quoi que ce soit c'est pas demain la veille!

Chady

Les Libanais au lieu de prendre leurs rêves pour des réalités (iran éjectée, russie ceci, occidentaux cela, blablabla) choses qui ne nous regardent pas, feraient mieux d’appeler haut et fort à la normalisation avec la Syrie (bien que les relations existent déjà) afin de profiter, tout comme leurs idoles (occidentales et autres), de la reconstruction de ce pays.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EN FIN DE COMPTE L,IRAN SERA EJECTE HORS DE SYRIE INTERETS DIVERS EN IMPOSENT !

Zovighian Michel

Ni la Syrie, ni l'Iran, ni la Russie ont les moyens de reconstruire la Syrie. Les investissements limités ne vont même pas suffire à reconstruire les forces armées, remettre certaines infrastructures sur pied, et re-caser un million de déplacés (comme il a été annoncé il y a deux jours).

HABIBI FRANCAIS

Iran et Syrie se dispute la part du gateau dans la reconstruction mais aucun de ces deux pays ne peut la financer et ils comptent sur les pays occidentaux et du golfe pour se faire....une vraie contradiction ....

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