Des membres de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (g) parlent à des migrants dans un campement à Grande-Synthe, le 7 août 2018 dans le Nord-Ouest de la France. Photo AFP / Philippe HUGUEN
Sangatte
En 1999, à la demande du gouvernement français, un centre est créé dans la petite commune de Sangatte, jouxtant la ville de Calais (port d'Europe continentale le plus proche de l'Angleterre), pour accueillir 800 personnes qui attendent, souvent en vain, une occasion de passer en Grande-Bretagne depuis l'ouverture du tunnel sous la Manche en 1994.
Issus principalement du Kosovo, puis du Kurdistan irakien, d'Iran et d'Afghanistan, les réfugiés ont souvent des attaches familiales au Royaume-Uni où, espèrent-ils, ils pourront travailler plus facilement.
Géré par la Croix-Rouge, ce hangar de 25.000 m2 utilisé pour la construction du tunnel et reconverti en centre d'accueil comptera jusqu'à 1.800 migrants. Des bagarres y éclatent régulièrement. En trois ans, elles font deux morts et une trentaine de blessés.
Le gouvernement britannique et le groupe Eurotunnel propriétaire du hangar réclament sa fermeture. Le 5 novembre 2002, le centre arrête d'accueillir de nouveaux arrivants avant d'être détruit en décembre. En trois ans, il aura vu passer plus de 68.000 migrants.
Calais
Après la fermeture du centre de Sangatte, plusieurs migrants se regroupent dans une zone surnommée la "Jungle" au nord-est de Calais (nord), près de l'axe emprunté par les poids lourds avant l'embarquement vers Douvres.
Le 29 septembre 2009, un premier démantèlement de la "Jungle" où vivent des centaines de migrants est réalisé par 500 policiers, malgré les protestations de militants et des critiques de la gauche.
En avril 2015, un nouveau camp émerge au nord-est de Calais afin de soulager le centre-ville des campements informels.
"Le camp de la Lande", son nom officiel, devient peu à peu une "ville" de bric et de broc où se créent église, mosquée, épiceries ou restaurants. Parfois considéré comme le plus grand bidonville d'Europe, il accueillera jusqu'à 8.000 personnes. Parfois au péril de leur vie, certains migrants tentent de monter sur des camions ou sur des navettes de ferroutage traversant le tunnel sous la Manche.
La partie sud de la "Jungle" est démantelée entre le 29 février et le 16 mars 2016, dans une ambiance tendue. Quelques Iraniens se font coudre la bouche pour protester contre la destruction de leur abri.
Le 26 septembre, François Hollande promet le "démantèlement complet du campement d'ici la fin de l'année" et le relogement des migrants. Le 24 octobre, une noria de cars commence à emmener les premiers migrants vers différents centres d'accueil et d'orientation (CAO).
Entre 350 et 600 migrants selon les sources sont aujourd'hui présents dans la région de Calais dans l'espoir de rallier l'Angleterre.
Grande-Synthe
La ville de Grande-Synthe (nord) accueille également quelques migrants dès la fermeture de Sangatte.
Situé sur un terrain vague en zone inondable, le camp dit du "Basroch", à proximité d'une aire d'autoroute où les migrants tentent de monter dans des camions, abrite durant dix ans une cinquantaine de personnes dans des conditions indignes.
Durant l'été 2015, de nombreux migrants fuyant la "Jungle" de Calais, à une quarantaine de km, se pressent à ses portes. A l'hiver, sa population avoisine les 2.600 personnes.
"La situation ici est aujourd'hui pire qu'à la Jungle de Calais", avance alors Delphine Visentin, chef de mission pour Médecins sans frontières (MSF), pour qui ce campement s'apparente "non pas à un bidonville, mais à une décharge à ciel ouvert".
En janvier 2016, contre l'avis de l'Etat français, le maire écologiste de Grande-Synthe annonce l'ouverture d'un camp constitué de chalets au sud de la ville.
Ouvert en mars, cet ensemble dit de la "Linière", construit par MSF et la ville, compte 1.500 migrants, principalement des Kurdes irakiens, hébergés dans des abris en bois et non plus sous des tentes.
Mais le 10 avril 2017, un violent incendie ravage l'essentiel des 300 chalets du camp. Réputé pour être tenu par des passeurs kurdes irakiens, il avait été le théâtre de violences.
Les évacuations par les autorités françaises de migrants installés dans des campements sauvages sont depuis relativement fréquentes.
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