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Économie

L’engagement du Liban à CEDRE est à double tranchant, selon la Banque mondiale

Compte-rendu

Le vice-président MENA du groupe BM a également mis en garde contre le risque de voir plusieurs projets, de près de 1,1 milliard de dollars, arrêtés ou annulés, faute d’être avalisés par le gouvernement ou le Parlement.

01/08/2018

Le vice-président du groupe de la Banque mondiale pour la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), Ferid Belhaj, a mis en garde hier le gouvernement libanais contre les possibles effets pervers de la conférence CEDRE, tenue le 6 avril à Paris, s’il ne mettait pas en œuvre les réformes structurelles promises. « La CEDRE a démontré un soutien extrêmement puissant et clair de la communauté internationale pour le Liban. En contrepartie, les réformes structurelles – qui sont des préconditions à la réussite de ce processus – doivent être entreprises. Sinon, CEDRE deviendra une lame à deux tranchants car une non-instauration de ces réformes pourrait provoquer le retrait des aides internationales (au-delà de CEDRE) », a-t-il prévenu. M. Belhaj a toutefois indiqué que lors de ses entretiens tenus la veille avec le président de la République Michel Aoun, le président de la Chambre Nabih Berry et le Premier ministre désigné Saad Hariri, ils avaient tous les trois insisté « sur la nécessité de lancer les réformes structurelles et l’urgence de former un nouveau gouvernement ». Il s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue au siège régional de la Banque mondiale à Beyrouth.

La communauté internationale s’était engagée, dans le cadre de CEDRE, à mobiliser en faveur du Liban près de 11 milliards de dollars de prêts et de dons. Ces fonds, conditionnés à des réformes structurelles, doivent exclusivement servir à financer la première phase (six ans) du programme d’investissement (Capital Investment Program, CIP) visant à moderniser les infrastructures du pays.


(Lire aussi : La situation économique du Liban est « délicate » , estime un responsable de la BM)


« Situation économique fragile »
M. Belhaj est également revenu sur ses propos tenus à l’issue de sa réunion avec Michel Aoun, et plus précisément sur la situation « délicate » de l’économie libanaise. « L’économie libanaise s’ajuste aux facteurs extérieurs provoqués par la crise syrienne, et la Banque centrale fournit des chiffres rassurants sur ses réserves en devises étrangères. Nous ne sommes pas inquiets pour l’économie libanaise, mais nous ne pouvons être satisfaits de la situation actuelle », a-t-il d’abord expliqué. « La situation est fragile, cette fragilité n’est pas nouvelle, mais elle existe et nous devons y faire attention. Le meilleur moyen de s’en sortir, c’est de générer une croissance économique durable en mettant en œuvre les réformes structurelles qui traînent depuis des années », a insisté M. Belhaj, avant de mettre l’accent sur la réforme du secteur de l’électricité. « La seule solution est que le gouvernement, le Parlement et l’ensemble du monde politique prennent au sérieux le besoin de mettre en œuvre ces réformes, et particulièrement celle relative au secteur de l’électricité. Cette réforme est faisable dans l’immédiat et aura un impact direct sur les services de base dont bénéficie la population, mais aussi sur la situation macroéconomique du pays », a-t-il poursuivi.

Pointant du doigt l’inaction des autorités libanaises depuis de nombreuses années par rapport à la mise en œuvre de ces réformes, M. Belhaj a également mis en garde contre le risque de voir plusieurs projets déjà validés par la BM, de près de 1,1 milliard de dollars, « arrêtés ou annulés, faute d’être avalisés par le gouvernement ou le Parlement, ce qui représenterait une énorme perte pour le Liban ». Il s’agit de projets relatifs à l’amélioration du réseau routier dans les zones rurales, au développement de moyens de transport public dans le Grand Beyrouth, à l’amélioration de l’accès aux soins médicaux pour les Libanais vulnérables et les réfugiés syriens, mais aussi d’un programme pour la création d’emplois. De son côté, le directeur régional de la Banque mondiale pour le Machrek, basé à Beyrouth, Saroj Kumar Jha, a mis l’accent sur l’importance du rôle du secteur privé dans la réussite du processus CEDRE. « Compte tenu de la situation budgétaire et du niveau de la dette publique du Liban, nous recommandons au gouvernement de considérer comme prioritaires les projets du CIP pouvant attirer des investissements privés ou faire l’objet de partenariats public-privé (PPP) », a-t-il affirmé. M. Kumar Jha a également confié que la Société financière internationale (SFI, bras privé du groupe de la Banque mondiale) est actuellement en contact avec plusieurs investisseurs étrangers intéressés et cherchant à se renseigner sur les projets du CIP. Mais pour concrétiser ces investissements, il rappelle que le gouvernement devra fournir « un processus compétitif, transparent et efficace » aux acteurs du secteur privé.



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET DE N,AVOIR CARESSÉ QUE LE REVE D,UNE NUIT...

Antoine Sabbagha

Avec le retard de la naissance du gouvernement , et avec ce grand lot de responsables officiels vendus au Diable , on voit mal comment CEDRE va commencer .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVEC LES TERGIVERSATIONS ET LE RETARD DE LA FORMATION DU GOUVERNEMENT ET L,APPLICATION DES ENGAGEMENTS DONNES SURTOUT CEUX SE REFERANT AUX DECISIONS DE L,ONU AVEC LA 1701 EN TETE LE LIBAN RISQUE DE NE VOIR DE CEDRE QUE LE NOM !

Bambino

Aide-toi et le Ciel t'aidera. La Communauté internationale veut bien aider le Liban à se remettre, mais elle demande à ses gouvernants de commencer d'abord par entreprendre les réformes nécessaires... Or ces gouvernants sont trop occupés à leur cuisine ministérielle, à leurs petits "projets" juteux, à manoeuvrer pour garantir la pérennité de leur pouvoir, même sur le long terme. Les réformes qu'on leur demande d'initier pour le bien de leur peuple et de leur pays sont le dernier de leurs soucis. PAUVRE LIBAN!!!

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