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Les druzes de Syrie : un parcours d'équilibriste dans la guerre

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Le 25 juillet, la communauté a été prise pour cible par des attaques coordonnées de l'EI qui a tué plus de 250 personnes dans la province méridionale de Soueida et kidnappé une trentaine de femmes et enfants.

OLJ/AFP
30/07/2018

La minorité druze en Syrie a tout fait pour s'épargner les ravages de la guerre qui déchire le pays depuis 2011. Mais elle a été la cible d'attaques jihadistes et a pris les armes pour défendre ses régions. Le 25 juillet, la communauté a été prise pour cible par des attaques coordonnées du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a tué plus de 250 personnes dans la province méridionale de Soueida et kidnappé une trentaine de femmes et enfants, le bilan de morts le plus lourd dans cette région depuis 2011 et l'un des plus meurtriers menés par l'EI en Syrie.

Doctrine ésotérique

La communauté druze, une branche de l'islam chiite, représentait environ 3% de la population syrienne d'avant-guerre (23 millions de personnes), soit environ 700.000 individus. Elle se trouve principalement dans la province de Soueida mais aussi dans des poches du nord-ouest et près de la capitale Damas.

Les druzes se distinguent des courants orthodoxes sunnite et chiite. Leur doctrine ésotérique, dont la croyance en la réincarnation constitue l'un des piliers, n'est révélée qu'aux initiés et n'admet pas les conversions.

Outre les druzes de Syrie, la communauté compte quelque 200.000 adeptes au Liban et environ 130.000 en Israël, dont 18.000 vivent dans la partie annexée et occupée du plateau syrien du Golan.


(Lire aussi : La minorité druze syrienne en proie au terrorisme et à l’instrumentalisation)


Divisée par la guerre

La communauté druze syrienne s'est divisée avec le soulèvement populaire en 2011 contre le régime de Bachar el-Assad. Les druzes ne peuvent pas être "considérés comme neutres dans cette guerre", estime Tobias Lang, spécialiste des populations druzes au Moyen-Orient. "Ce n'est pas un bloc monolithique", explique-t-il.

Au début de la révolte, l'un des premiers soldats ayant fait défection de l'armée était l'officier druze Khaldoun Zeineddine, mort dans des affrontements avec les forces du régime. D'autres sont restés loyaux, comme le général Issam Zahreddine, l'un des plus hauts gradés druzes de l'armée, mort en 2017 dans l'explosion d'une mine, après des combats contre l'EI.

Les chefs de la communauté, en adoptant une attitude prudente vis-à-vis du régime, ont cherché préserver une certaine indépendance dans leurs régions et à se protéger d'une éventuelle offensive de Damas. Cheikh Wahid al-Balous, un dignitaire religieux qui dénonçait à la fois le régime et les groupes jihadistes, symbolise cette politique de distanciation. Tué dans un attentat à Soueida en 2015, il s'était opposé à l'envoi de conscrits de l'armée originaires de Soueida combattre hors de la province.


(Lire aussi : Joumblatt : Le régime syrien veut faire des druzes de la chair à canon)


Milices armées

Dans la province de Soueida, les druzes ont créé des milices armées. La plus puissante, celle des "Cheikhs de la dignité", dirigée par cheikh Balous jusqu'à sa mort, a mené des batailles féroces contre l'EI et la branche syrienne d'el-Qaëda.

D'autres groupes étaient liés au régime, notamment Dareh al-Watan (Bouclier de la patrie), une milice fondée en avril 2015, forte de 2.000 combattants.

Cibles des rebelles et jihadistes

La communauté a été la cible d'attentats imputés ou revendiqués par des rebelles ou des jihadistes. Un double attentat à la voiture piégée en 2012 à Jaramana, une banlieue de Damas à majorité chrétienne et druze, avait fait 54 morts. En 2013 et 2014, des combats entre rebelles et milices druzes pro-régime ont frappé la province de Soueida et des zones près de Damas.

L'EI a mené en 2015 ses premières attaques à Soueida en ciblant principalement l'aéroport de Khalkhala. La même année, des jihadistes de la branche syrienne d'el-Qaëda ont massacré 20 druzes dans la province d'Idleb (nord-ouest).

En novembre 2017, neuf druzes ont péri dans l'explosion d'une voiture piégée à Hader, un village prorégime dans la province de Qouneitra, voisine de Soueida.



Lire aussi
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