Des cercueils de victimes des attaques perpétrées par l'EI mercredi dans la région majoritairement druze de Soueida alignés lors de funérailles populaires, jeudi 26 juillet, dans la localité. AFP PHOTO / SANA
La Hezbollah a dénoncé jeudi la série d’attaques revendiquées par le groupe jihadiste État islamique dans la région majoritairement druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, qui a fait près de 250 morts, accusant les forces américaines déployées dans l'est du pays d'avoir encouragé ces attentats.
"Cette opération intervient dans la foulée des victoires éclatantes des forces syriennes et de leurs alliés dans le Sud syrien, qui est revenu dans le giron de l'Etat", affirme, dans un communiqué, le Hezbollah qui se bat en Syrie aux côtés des forces du régime. Il affirme que les forces jihadistes sont "venues avec leurs armes de la région d'Al Tanaf dans le sud-est de la Syrie où sont déployées les forces d'occupation américaine", qu'il accuse d'avoir "facilité leurs mouvements". "Il s'agit d'un signe alarmant de la participation de ces forces et de leur soutien à ce crime terroriste contre la Syrie, son peuple et son unité", ajoute le communiqué. "Les forces internationales continuent d'utiliser ces groupes criminels pour atteindre leurs objectifs", conclut ce texte.
L'émir druze Talal Arslane a également réagi aux attaques de Soueida. "Je m'étonne de ceux qui se demandent comment les terroristes ont pu arriver à Soueida, comme si personne ne pouvait les arrêter ou ne savait qu'ils étaient protégés par Israël. Ce que certains ont tendance à oublier", a déclaré M. Arslane sur Twitter. "Les cheikhs de la dignité n'ont jamais parié sur une partition de la Syrie, son placement sous tutelle internationale ou sur les plans internationaux allant dans ce sens", a-t-il ajouté, insistant sur l'esprit de "résistance" de ce territoire. L'émir druze faisait référence aux propos de son principal rival, le leader druze Walid Joumblatt, qui a appelé mercredi la Russie à "protéger les cheikhs de la dignité", nom de groupes paramilitaires druzes de la région de Soueida, contre "la vengeance du régime", tout en se demandant s’il n’y avait pas une connivence du régime syrien dans cette affaire. M. Arslane a annoncé qu'il recevrait les condoléances pour les victimes de Soueida dimanche matin à son domicile à Khaldé.
"La haine d'Israël contre les druzes"
Pour sa part, le député de la Békaa, Jamil Sayed, très proche du régime de Bachar el-Assad, a déclaré que "le massacre de Soueida" avait pour cause "la haine d'Israël contre les druzes". "Ces derniers n'ont jamais abandonné leur identité druze dans le Golan et n'ont pas été entraînés dans la guerre contre leur pays. Les terroristes sont arrivés de l'est de l'Euphrate où les Américains ont empêché l'armée syrienne de les éliminer", a-t-il écrit sur Twitter.
Les attaques contre Soueida sont les premières de cette ampleur menées par l’EI depuis des mois dans le pays où l’organisation jihadiste a essuyé de nombreux revers ces derniers temps. L’assaut contre plusieurs villages couplés à des attentats ont eu lieu dans la province de Soueida, majoritairement druze et relativement épargnée par la violence, où contrôlée par le régime de Bachar el-Assad bien que des forces paramilitaires druzes y jouissent d'une certaine autonomie. Mercredi, M. Assad a dénoncé un "crime", et pointé du doigt des pays étrangers qu'il n'a pas nommés, les accusant d'appuyer l'EI.
Des activistes ont affirmé sur les réseaux sociaux que les jihadistes qui ont mené les attaques avaient été évacués de la banlieue de Damas en vertu d'un accord avec le régime qui a repris les régions entourant la capitale.
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PAREIL A CELUI DU CALAMOUN ET D,AUTRES PERPETRES PAR LA MILICE !
14 h 45, le 26 juillet 2018