Nos Lecteurs ont la Parole

Cesser de porter atteinte aux droits des propriétaires d’immeubles anciens

Le Rassemblement des propriétaires de bâtisses anciennes
OLJ
12/07/2018

Nous autres, propriétaires d’immeubles anciens, ne comprenons franchement pas le tollé suscité par la destruction de certains immeubles dans la rue Monnot en vue d’en construire de nouveaux.
Nous ne comprenons de même pas l’acharnement que met votre journal à pointer du doigt une situation parfaitement normale et tout à fait légale, et à la qualifier de tous les attributs des actions répréhensibles !
Nous ne comprenons surtout pas la vindicte scandaleuse de ceux qui se sont autoproclamés défenseurs du patrimoine, en qualifiant par exemple la destruction d’immeubles d’assassinat alors qu’il s’agit d’une opération banale et courante !
S’il faut parler d’assassinat, soit, mais les victimes, ce sont bien en premier lieu les propriétaires, bien souvent de petits propriétaires en indivision, aux moyens financiers modestes, et évidemment le secteur immobilier et toute l’économie nationale par ricochet !
S’il fallait appauvrir encore plus les propriétaires et porter un coup fatal au secteur de l’immobilier, c’est fait et de la belle manière. Désormais, aucun entrepreneur n’aura plus la moindre confiance pour investir, et ce sera le marasme total pour ce secteur et pour tous les autres par effet domino.
Il faut donc vous remercier messieurs les autoproclamés chevaliers de la défense du patrimoine, car pour le simple plaisir du regard, et pour sublimer vos rêves et pulsions, vous portez mortellement atteinte aux propriétaires qui pour la plupart sont dans la précarité et qui se retrouvent avec un bien qu’ils ne peuvent plus exploiter, et à tout un secteur de l’économie nationale, voire à l’un de ses plus importants, et Dieu seul sait si cette dernière a aujourd’hui un besoin pressant et énorme d’investissements et de capitaux pour se redresser. Cherchez l’assassinat !
Messieurs les soi-disant défenseurs du patrimoine, vous est-il une fois venu à l’idée que les propriétaires ont un besoin pressant de disposer de leurs biens comme ils l’entendent et le plus souvent par nécessité familiale ? Vous rendez-vous compte du nombre d’opportunités et d’emplois que génère le secteur immobilier ? Avez-vous une fois songé à l’effet bénéfique de l’investissement immobilier ?
Réalisez-vous qu’il est tout à fait normal et légitime de construire des immeubles car on a très simplement besoin de faire face à la poussée démographique et de loger les gens !
Êtes-vous au courant que les projets du baron Haussmann ont été combattus car il voulait détruire ce qui à l’époque était considéré comme du patrimoine, mais le résultat est bien devant vos yeux ! Demain, vos enfants et petits-enfants seront émerveillés par les gratte-ciel qui envahissent nos villes, et plus tard leurs petits-enfants seront sous le charme de ce que vos enfants et petits-enfants auront construit.
Est-ce pour cela qu’on appauvrit délibérément et criminellement les propriétaires et qu’on met des bâtons dans les roues d’un secteur qui est un moteur de l’économie ?
Avez-vous consulté l’article 15 de la Constitution ?
Permettez-nous d’en douter, et le voilà pour rafraîchir vos mémoires !
Article 15
La propriété est sous la protection de la loi. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique dans les cas établis par la loi et moyennant une juste et préalable indemnité.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que vos agissements, tout comme la situation actuelle qui consiste à requérir l’autorisation du ministère de la Culture pour détruire un immeuble, constituent des violations flagrantes de la Constitution ; preuve en est l’invalidation constante par le Conseil d’État des arrêtés d’interdiction de destruction.
En plus d’être inconstitutionnel, ce qui déjà est très grave en soi, ce fâcheux état de choses est une agression injuste faite aux propriétaires qui sont pour la plupart, répétons-le au risque d’être lassants, des gens à revenu modeste, qui sont en indivision et qui font face à des défis économiques multiples.
Par ailleurs, force est de constater que le refus de destruction opposé par le ministère de la Culture est quasi systématique et se fait avec l’arbitraire le plus absolu, et en l’absence du moindre critère pour déterminer ce qui est digne d’être préservé et ce qui ne l’est pas !
De plus, les tristes voix qui agitent de temps à autre la menace de la réduction du coefficient d’exploitation dans tel quartier de la ville ou tel autre sont bien entendu aussi répréhensibles que nuisibles aux propriétaires car nul n’ignore que la valeur d’un bien-fonds en ville est intimement liée à son coefficient d’exploitation et qu’une diminution de ce dernier entraîne ipso facto une diminution de la valeur de ce bien-fonds.
Il faut, nous semble-t-il, savoir faire la part des choses et si on met dans la balance la détresse des propriétaires du fait de la spoliation pure et simple de leurs biens et l’intérêt économique majeur et pressant aujourd’hui plus qu’un autre jour et les bienfaits d’un secteur immobilier en forme par rapport à tous les secteurs économiques du pays et sur l’emploi, d’un côté, et les aspects purement esthétiques et romantiques, de l’autre, la réponse coule de source.
Cela dit, il ne faut pas nous prendre pour des ennemis du patrimoine ou des belles choses, bien au contraire dans la mesure où on est capable à l’heure actuelle de ménager en quelque sorte la chèvre et le chou en reproduisant, et ce n’est qu’un exemple, l’apparence externe et même interne des immeubles anciens de façon plus durable, voire plus esthétique, grâce aux nouvelles technologies, ou en fixant des normes pour les façades.
Par contre, nous ne permettrons pas qu’il soit porté atteinte à notre droit de propriété sacré quelle qu’en soit la raison et demandons la stricte application de la Constitution, en d’autres termes d’accorder aux propriétaires lésés l’indemnité juste et préalable et nous nous défendrons par tous les moyens légaux.
Messieurs, si notre immeuble vous plait, appliquez la Constitution, indemnisez le propriétaire et si vous n’avez pas les moyens, abstenez-vous de l’assassiner et de bloquer injustement son bien.

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