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Liban

Le « coureur du désert libanais » remporte un record Guinness pour la bonne cause

Société

Auteur de la plus rapide traversée du Liban à pied, Ali Wehbi revient pour « L’Orient-Le Jour » sur son parcours qu’il dédie entièrement à des causes sociales.

07/07/2018

Cela fait quatorze ans qu’Ali Wehbi court dans des conditions défiant l’entendement, des grands déserts de la planète aux étendues glacées de l’Antarctique. Quatorze ans également qu’il consacre entièrement ses courses et sa notoriété aux grandes causes sociales comme la lutte contre le cancer. « Ma mère est décédée d’un cancer à Paris », confie-t-il. « J’étais à la clinique en train de la regarder mourir sans pouvoir rien faire, donc je me suis dit : comment aider ? Est-ce que je peux faire quelque chose ? » 

Jusqu’alors entraîneur de basket pour les jeunes en France, ce Libano-Français décide d’aider des associations et de créer des événements spectaculaires pour sensibiliser le public. En 2006, il court pour le cancer. En 2014, il vient sensibiliser les écoliers libanais à l’autisme. En 2015, il parcourt mille kilomètres pour la Croix-Rouge. Depuis 5 ans, l’infatigable coureur a choisi le Liban pour continuer son combat. Et, en avril dernier, il remporte le record Guinness pour la plus rapide traversée du pays à pied en un jour, quinze heures et quarante-neuf minutes, du village d’Arida, à quelques kilomètres de la Syrie, jusqu’à Naqoura, près de la frontière israélienne. Le coureur achève cet exploit le 2 avril, journée consacrée à la sensibilisation à l’autisme par les Nations unies depuis 2008. C’est aux associations et aux familles qui se battent pour leurs enfants autistes qu’il dédie donc cette victoire. Son engagement pour les personnes atteintes de troubles autistiques remonte à plusieurs années. En 2013, il commence à entraîner un jeune garçon autiste, Siri, fils d’un couple d’amis. « Avec le temps, j’ai découvert son potentiel. La détermination qu’il a est incroyable », dit-il. Et de raconter comment le jeune homme d’une vingtaine d’années aujourd’hui l’a inspiré à établir ce record du monde. « Pendant ma traversée du Liban, j’ai été malade. J’ai mangé quelque chose de mauvais à Tripoli. Je courais, je vomissais, on m’a même mis une intraveineuse. Tout le monde me disait que je devais arrêter, mais je pensais à Siri. S’il avait été à ma place, il aurait continué. » Il poursuit : « Je ne me considère pas comme un champion. C’est Siri le champion, pas moi. N’importe quelle personne qui a un peu de talent peut faire ce que j’ai fait. Mais des enfants cancéreux, autistes, ou ceux qui se battent pour l’environnement, ce sont eux les vrais champions. » Pour lui, le sport est « une solution », une manière d’attirer l’attention sur ces causes peu médiatisées.

Courir en regardant autour de soi
Ali Wehbi place donc l’empathie au cœur de ses différents projets. Mais, dans ses explications, on perçoit plus qu’un intérêt pour les autres. Il a vissé au corps un amour pour son pays et pour ses paysages. « J’aime m’arrêter sur un petit pont à Batroun, sentir l’odeur de la mer… J’aime dire bonjour aux gens, boire un petit café à Jounieh… c’était des moments magnifiques, même si c’était très difficile », note-t-il. 

Il déplore d’ailleurs la dégradation de l’environnement qu’il a constatée depuis qu’il court à travers le pays, et se remémore l’une des premières fois où l’importance de la pollution l’a choqué. « En 2006, je quittais tous les jours la maison. J’embrassais ma femme et mes enfants, et j’allais courir. Je regardais les avions israéliens passer au-dessus de moi et bombarder l’aéroport », dit-il. Il courait le long de la jetée, près de la mer. « Elle était toute noire, à cause du pétrole. Et là, j’ai commencé à pleurer », confie-t-il. 

Tout juste détenteur d’un record Guinness, Ali Wehbi a déjà d’autres projets en vue. En 2018, la prochaine étape est un marathon avec son étudiant, Siri. L’événement sera intitulé « Autism Together ». Aux côtés de son mentor, le jeune sportif parcourra une boucle de 42,195 kilomètres autour de Beyrouth pour sensibiliser le public à l’autisme. Plus tard, une autre course qui lui tient à cœur : relier Beyrouth à La Mecque en 50 jours, couvrant une distance équivalente à 50 marathons. L’athlète avait voulu parcourir cette route dès 2014, mais la guerre en Syrie et les conditions sécuritaires l’en avaient empêché. L’objectif : collecter des fonds pour permettre à cinquante personnes de faire le pèlerinage. Il souhaite à terme mettre en place des initiatives similaires pour les autres religions. Mais pour que ces courses deviennent réalité, souligne-t-il, il faudra que « les sponsors qui ont des valeurs et qui s’engagent » répondent à l’appel.



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rayelie

BRAVO!! ET UN GRAND MERCI

NAUFAL SORAYA

Chapeau à toutes ces personnes qui se consacrent à des causes!

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