Rechercher
Rechercher

À La Une - France

A Nantes, une troisième nuit émaillée de violences après la mort d'un jeune

Quatre personnes ont été placées en garde à vue dont un mineur de 14 ans en possession d'un bidon d'essence et de mèches.

Une boutique saccagée dans le quartier du Breil à Nantes, le 5 juillet 2018. Photo AFP / Damien MEYER

 Le policier qui avait tiré sur un jeune homme mardi soir lors d'un contrôle de police à Nantes (ouest de la France), ce qui a déclenché trois nuits d'émeutes, affirme désormais avoir tiré "par accident" et non en légitime défense.

Il devait être présenté à un juge vendredi soir. Le parquet a requis sa mise en examen (inculpation) pour "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a précisé le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès, au cours d'une conférence de presse. Depuis la mort d'Aboubakar Fofana, des violences urbaines ont éclaté dans les quartiers sensibles de Nantes et se répètent chaque nuit. Dénonçant une "bavure policière", les émeutiers ont détruit plusieurs bâtiments et commerces et incendié des dizaines de voitures.  

Placé en garde à vue jeudi midi, le policier a reconnu avoir menti lors de sa première audition, a annoncé son avocat. Il affirme désormais avoir tiré "par accident" sur le jeune homme de 22 ans, originaire de Garges-lès-Gonnesse, en région parisienne. Il avait auparavant indiqué "avoir tiré en raison de la dangerosité du conducteur et pour protéger les personnes qui pouvaient se trouver à proximité sur la trajectoire du véhicule", selon M. Sennès. 

Selon le procureur le déroulement des faits s'est fait en trois phases: le contrôle de police d'environ "10 à 15 minutes", où M. Fofana va donner une fausse identité et où les policiers vont lui demander de se garer et de les suivre au commissariat. Puis la deuxième où il va fuir en marche arrière, manoeuvre "particulièrement dangereuse puisque dans sa course le conducteur va frôler un fonctionnaire de police" avec "à ses côtés deux enfants". Le policier va "se projeter sur le bas-côté" emporter avec lui "une fillette qui aurait pu être heurtée par le véhicule du fuyard", précise le procureur. Le conducteur va ensuite percuter un véhicule en stationnement. 

Enfin, après ce choc, le conducteur va de nouveau tenter de fuir en marche arrière. C'est alors que le policier mis en examen va tirer sur le conducteur. Il a indiqué "qu'en réalité il a tenté de se pencher dans l'habitacle du véhicule pour saisir le volant et essayer d'arrêter la manoeuvre", a relaté le procureur. "C'est à ce moment là, indique-t-il, dans le cadre de ce qu'il appelle un corps-à-corps, que le coup de feu est parti accidentellement pour toucher mortellement le conducteur."  "Il ne m'appartient pas (...) d'arbitrer ce soir entre ces différentes versions. Je m'en tiens à la qualification pénale des faits", a ajouté M. Sennès.


(Lire aussi : Tir policier mortel en France : un millier de personnes marchent pour la "justice")



"Justice pour Abou"
Aboubakar F., qui était sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs", a été touché par le tir d'un policier alors qu'il tentait d'échapper à un contrôle de police. Blessé au cou, il est décédé à l'hôpital. L'annonce de ce décès a immédiatement suscité une flambée de colère et de violences dans les quartiers difficiles de la ville où les relations entre les jeunes et la police sont notoirement tendues. 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, huit bâtiments ont été dégradés et 52 véhicules brûlés, selon des sources concordantes. Une brasserie a été détruite par le feu dans un centre commercial et plusieurs débuts d'incendie ont touché des bâtiments publics, dont deux établissements scolaires. Quatre personnes ont été placées en garde à vue et une douzaine la nuit précédente. 

Aucune violence n'a en revanche été signalée dans le quartier du Breil, où le jeune homme a été tué et où ses proches avaient appelé au calme. Jeudi soir, une marche blanche a rassemblé dans le calme un millier de personnes à Nantes pour réclamer "vérité" et "justice pour Abou".  "Il faut que les troubles qui agitent la ville depuis trois jours cessent", a lancé le procureur vendredi. "Qu'ils cessent pour respecter les attentes légitimes de la famille de M. Fofana de connaître les circonstances précises entourant la mort de son fils." 

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a assuré que le gouvernement ferait "tout pour apaiser la situation".

 Le policier qui avait tiré sur un jeune homme mardi soir lors d'un contrôle de police à Nantes (ouest de la France), ce qui a déclenché trois nuits d'émeutes, affirme désormais avoir tiré "par accident" et non en légitime défense.
Il devait être présenté à un juge vendredi soir. Le parquet a requis sa mise en examen (inculpation) pour "coups et blessures volontaires ayant...
commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut