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À La Une - Violences urbaines

Tir policier mortel en France : un millier de personnes marchent pour la "justice"

Le décès d'Aboubakar F., 22 ans, lors d'un contrôle policier à Nantes, a entraîné une vague de violences dans plusieurs quartiers.

Une banderole à Nantes, le 5 juillet 2018. REUTERS/Udi Kivity

"Justice pour Abou": un millier de personnes participaient jeudi soir à une marche blanche à Nantes (ouest de la France) pour réclamer la "vérité" sur la mort d'un jeune, victime il y a deux jours d'un tir policier lors d'un contrôle, qui a enflammé plusieurs quartiers durant deux nuits consécutives.

Le policier, auteur du tir mortel, a été placé en garde à vue jeudi "du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a annoncé plus tôt le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

Dans le quartier du Breil, "Bavure !!!!" et "Police tue" ont été écrits sur le muret où la voiture conduite par Aboubakar F., 22 ans, s'est encastrée après que le jeune homme eut été touché par le tir.

C'est sur ces lieux que les habitants du quartier, théâtre de violences depuis la mort du jeune homme, se sont réunis en fin d'après-midi pour débuter leur marche blanche.

En visite à Nantes plus tôt dans la journée, le Premier ministre Édouard Philippe a exigé "la plus grande transparence" sur les circonstances de la mort du jeune homme.

Boubakar F., qui était sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée", a été tué alors qu'il tentait d'éviter un contrôle policier en effectuant une marche arrière en voiture, selon le procureur de la République. Un policier a alors fait feu une seule fois sur le chauffeur, l'atteignant au cou.


Versions divergentes
Mais à partir de là, les versions divergent. Selon une source proche du dossier, les cinq collègues du policier ont affirmé que le conducteur avait fait une marche arrière à "très vive allure", au point de risquer de renverser deux des quatre enfants qui jouaient sur la chaussée. Toujours selon eux, l'un des policiers a juste eu le temps de pousser l'un des enfants, de prendre l'autre dans ses bras et de se mettre à l'abri devant le fourgon de CRS. Ces déclarations des policiers n'ont pas été confirmées par le procureur et sont contredites par des habitants du quartier interrogés par l'AFP qui disent avoir assisté à la scène.

La mort du jeune homme a très vite provoqué une flambée de violences dans plusieurs quartiers de la ville. Plusieurs dizaines de véhicules ont à nouveau été incendiés dans la nuit de mercredi à jeudi dans quatre quartiers dits "sensibles" de la ville. Sept bâtiments publics ont été brûlés, dont une bibliothèque, une maison de quartier, une mairie annexe, une crèche, et une dizaine de commerces. le calme a été rétabli à l'aube.

Le Premier ministre a exprimé sa "condamnation la plus ferme" des violences, en précisant que 19 interpellations, dont celles quatre mineurs, avaient eu lieu la nuit dernière et que 11 gardes à vue étaient en cours. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a lui assuré que le gouvernement ferait "tout pour apaiser la situation".

La police a également été la cible des violences: une voiture a été dégradée par un cocktail Molotov dans la cour d'un commissariat dans la banlieue de Nantes, et un impact - possiblement d'un tir de 22 Long Rifle - a été relevé sur le casque d'un policier, qui n'a pas été blessé.


"On n'arrive plus à les tenir"
Des incidents ont aussi éclaté à Garges-lès-Gonesse, en région parisienne, d'où le jeune homme était originaire, où des policiers ont été la cible de projectiles et de cocktails Molotov.

Marquées par un taux de chômage élevé et de multiples trafics, les banlieues françaises "sensibles" se sont enflammées à plusieurs reprises lors des dernières décennies. Et les tensions entre les jeunes et la police y sont fréquentes.

Des commerçant regrettaient cette nouvelle flambée de violences. "Ça fait mal, c'est trop, c'est trop, je ne comprends pas", lâchait Yamina, la propriétaire du kebab "Délice marocain", choquée en découvrant son commerce et sa voiture brûlés. Les jeunes "salissent tout le monde, ils mettent tout le monde dans le même panier. Trente ans que j'habite dans le quartier, nos jeunes, on n'arrive plus à les tenir", déplorait son frère, Mustapha.

"Justice pour Abou": un millier de personnes participaient jeudi soir à une marche blanche à Nantes (ouest de la France) pour réclamer la "vérité" sur la mort d'un jeune, victime il y a deux jours d'un tir policier lors d'un contrôle, qui a enflammé plusieurs quartiers durant deux nuits consécutives.Le policier, auteur du tir mortel, a été placé en garde à vue jeudi "du chef...
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