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Économie

Raëd Khoury expose les grandes lignes du plan McKinsey pour l'économie libanaise

Réformes

Le plan élaboré par le cabinet de conseil international a pour objectif de diversifier l’économie libanaise à travers le développement des secteurs productifs.

05/07/2018

Les membres de l’équipe du cabinet de conseil international McKinsey ont présenté hier au président de la République, Michel Aoun, les grandes lignes de leur plan pour la diversification de l’économie du Liban, en présence du ministre de l’Économie et du Commerce, Raëd Khoury. Le Conseil des ministres avait mandaté, en début d’année, McKinsey pour mener une étude sur la situation économique du Liban en vue de proposer une politique économique globale. « L’objectif est d’attirer les investissements et de renforcer les secteurs productifs », a résumé Raëd Khoury. « Le chef de l’État a exprimé son soutien à ce plan », a ajouté le ministre sortant, précisant que « la mise en œuvre de ce plan sera de la responsabilité du prochain gouvernement ». En réalité, le plan McKinsey concerne l’un des quatre piliers de la « Vision pour la stabilisation, la croissance et l’emploi », présentée par le gouvernement lors de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), tenue le 6 avril dernier à Paris, a expliqué à L’Orient-Le Jour le conseiller économique du Premier ministre désigné Saad Hariri, Nadim el-Mounla. La communauté internationale s’était engagée, dans le cadre de CEDRE, à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars, dont plus de 9 milliards de prêts à des taux bonifiés, et 860 millions de dons, destinés principalement à subventionner les intérêts de ces mêmes prêts. Ces fonds doivent exclusivement servir à financer la première phase (six ans) du programme d’investissement (Capital Investment Program, CIP) visant à moderniser les infrastructures du pays.

Un des piliers du processus CEDRE
« Cette vision est fondée sur quatre piliers : (1) augmenter le niveau d’investissement public et privé à travers le CIP ; (2) garantir la stabilité économique et financière par un rééquilibrage des finances publiques ; (3) entreprendre des réformes sectorielles et structurelles essentielles ; et (4) mettre au point une stratégie de renforcement et de diversification des secteurs productifs du Liban, avec une réalisation de son potentiel exportateur. C’est ce dernier pilier qui est développé dans le rapport McKinsey », a détaillé M. Mounla.
« L’équipe de McKinsey a consulté des représentants du secteur privé, du secteur public, des économistes locaux, des universitaires et des organisations de la société civile (le Conseil économique et social, l’Association des industriels, ou encore l’Association des agriculteurs), en tenant compte de leur avis et de leur vision pour un développement durable du Liban », a affirmé Raëd Khoury lors de sa conférence de presse.
La première partie du rapport est un état des lieux de la situation actuelle et des défis économiques auxquels est confronté le Liban, a indiqué M. Khoury sans en livrer le contenu.
Le ministre de l’Économie a néanmoins livré les principaux objectifs dressés par McKinsey dans la deuxième partie du rapport, qui identifie les secteurs productifs à même de créer le plus d’opportunités d’emplois.

Agriculture : une hausse de la productivité des petits producteurs en adoptant des équipements technologiques modernes et en changeant la nature des engrais utilisés ; un renforcement des exportations des agriculteurs en améliorant notamment les normes de qualité.

Industrie : un effort concentré sur quatre filières industrielles identifiées comme prioritaires, dont celles des parfums et produits de beauté, les médicaments, le BTP et plus précisément les « préconstruits » ; la création de quatre zones industrielles compétitives en termes d’infrastructures.

Tourisme : l’adoption d’une vision stratégique qui se concentre sur la hausse des touristes en provenance de 16 pays (européens, arabes et ceux accueillant une importante communauté d’expatriés libanais) ; le développement des services touristiques dans trois régions à déterminer ; le développement du tourisme écologique, religieux et médical.

Finance : le développement des réseaux numériques du secteur bancaire pour renforcer sa croissance ; le développement du secteur des services financiers afin qu’il soit capable de financer les programmes nationaux de développement ; une stratégie permettant de transformer le Liban en destination principale pour la gestion des investissements et des services bancaires offshore, en vue de mieux cibler les grandes fortunes.

Économie de la connaissance et innovation : bénéficier de la technologie pour améliorer la productivité dans les secteurs prioritaires afin que l’économie puisse reposer sur l’innovation ; faire du Liban un hub régional pionnier fournissant des services de « outsourcing » ainsi qu’un pôle pour les recherches et les analyses.

Diaspora : évaluer le lien entre le Liban et sa diaspora en vue de bénéficier des expériences et des compétences des expatriés ; faciliter l’entrée de leurs capitaux au Liban pour des investissements productifs.
M. Khoury a ensuite communiqué quelques-unes des recommandations de McKinsey relatives à « des projets urgents et stratégiques destinés à relancer la croissance du Liban à court terme ». L’une d’elles préconise la création d’une zone dédiée aux technologies BTP à la frontière syro-libanaise, afin que le Liban puisse saisir les opportunités liées à la reconstruction en Syrie et en Irak. « Ce marché représente plus de 300 milliards de dollars, en plus de celui de la reconstruction des logements pour les milliers de réfugiés qui retourneront en Syrie », a souligné Raëd Khoury.
« Un mécanisme clair a été élaboré pour la mise en œuvre du plan économique élaboré par McKinsey. Celui-ci sera transmis au Premier ministre désigné Saad Hariri, avant d’être soumis au futur gouvernement. Ce n’est qu’une fois approuvé en Conseil des ministres qu’il pourra être rendu public », a indiqué Raëd Khoury. À noter que le cabinet McKinsey a élaboré des plans de réformes économiques pour plusieurs pays arabes, dont l’ambitieux « Vision 2030 » pour l’Arabie saoudite.


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