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Liban

L’Unrwa confrontée à un déficit de 250 millions de dollars

JOURNÉE INTERNATIONALE DES RÉFUGIÉS

Une visite du camp palestinien de Chatila, dans le sud de Beyrouth, avec la participation de l’ambassadrice de l’Union européenne.

21/06/2018

Regards curieux, accueil discret… La délégation européenne n’est pas passée inaperçue dans les ruelles du camp de Chatila, hier. À l’occasion de la Journée internationale des réfugiés, les habitants ont brièvement reçu l’ambassadrice de l’Union européenne Christina Lassen dans l’enceinte du camp (situé à la périphérie sud de Beyrouth). Guidée par des responsables de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Mme Lassen a fait quelques haltes dans des lieux symboliques de Chatila. Elle a ainsi pu visiter le centre de santé tenu par l’Unrwa et sponsorisé par l’Union européenne, ainsi que le cimetière des martyrs de Chatila.
La visite s’est soldée par une discussion à bâtons rompus à l’école secondaire Galilée, gérée par l’Unrwa. Au cours de cette réunion, les représentants des Nations unies pour les réfugiés palestiniens ont évoqué la généreuse contribution de l’Union européenne pour le camp. Ils ont par ailleurs pu aborder les difficultés qui persistent à Chatila, notamment en matière d’hygiène et de surpopulation des habitats. Les représentants de l’Unrwa ont insisté sur les problèmes que rencontrent les réfugiés concernant les registres d’état civil. Les certificats de naissance et de mariage sont en effet difficiles à obtenir, mais pourtant nécessaires à la vie sociale des habitants du camp, pour leur permettre de travailler ou encore d’ouvrir un compte en banque.
« J’étais vraiment très heureuse de pouvoir rencontrer l’ambassadrice de l’Union européenne », nous confie Rajaa Issa Ismaïl, 52 ans, qui vit depuis sa naissance au camp de Chatila. Elle fait partie des quelques personnes qui ont pu s’entretenir sans la présence des médias avec l’ambassadrice. Pour elle, la vie quotidienne au camp est très difficile, et elle attendait depuis longtemps la visite d’une délégation de l’Union européenne. Depuis la création du camp, des infrastructures ont peu à peu été mises en place pour l’éducation, la santé et les besoins vitaux des réfugiés. Ceux-ci espèrent que les structures essentielles continueront d’être maintenues par les donations internationales.
Pourtant, depuis quelques mois, les États-Unis ont annoncé une coupure dans le budget alloué à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Ils étaient jusqu’ici le donateur le plus important pour l’Unrwa, qui fournit gratuitement à des dizaines de milliers de Palestiniens des services d’éducation et de santé. Elle administre en effet 69 écoles avec en tout plus de 32 000 élèves, quelque 27 centres de santé, des centres techniques d’entraînement et 9 centres pour femmes. Pour l’instant, tous les services sont encore fournis normalement, mais d’ici à quelques semaines la coupure dans le budget commencera à se faire sentir.
Près de 400 000 réfugiés sont enregistrés auprès de l’Unrwa au Liban, beaucoup d’entre eux vivent dans les 12 camps officiels de réfugiés palestiniens. Sans l’aide américaine, l’Unrwa fera face à un déficit d’environ 250 millions de dollars, ce qui pourrait avoir de sérieux impacts sur les services prévus pour la seconde moitié de l’année 2018.
Mais parallèlement à cette coupure outre-Atlantique, certains pays du Golfe ont augmenté leur contribution au fonds de l’Unrwa cette année, réaffirmant ainsi leur soutien aux réfugiés palestiniens. Par sa présence au camp de Chatila lors de la Journée internationale des réfugiés, l’ambassadrice de l’Union européenne a su envoyer un message de soutien et de solidarité à la population. Une conférence pour l’Unrwa se tiendra le 25 juin à New York, occasion qui scellera le sort des financements dont a cruellement besoin l’agence.

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