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Mondial de foot : La malédiction Oranje...

Football / Coupe du monde

Malgré trois finales et ses générations dorées, la sélection des Pays-Bas n’a jamais remporté un Mondial.

13/06/2018 | 00h00

L’histoire du football néerlandais est jalonnée de coups d’éclat et de périodes noires. Depuis la première Coupe du monde en 1930, les Oranje n’ont participé qu’à 10 des 21 éditions de la compétition. En sommeil pendant plusieurs décennies – deux anecdotiques 8es de finale en 1934 et 1938 –, l’équipe des Pays-Bas acquiert ses premières lettres de noblesse de manière éclatante dans les années 1970.

L’âge d’or de Cruyff et Michels
La première période dorée commence à une date précise. Le 22 janvier 1965, Rinus Michels prend la tête de l’Ajax Amsterdam, qui lutte contre la relégation, où évolue un diamant brut d’à peine 18 ans, Johan Cruyff. Ensemble, ils créent une toute nouvelle école de pensée du foot, le Totaalvoetbal (« football total »), basée sur l’alliance entre le physique, la technique et la tactique, qui pose les jalons d’un jeu flamboyant et de possession qui fait des ravages sur la scène européenne.

Dans le sillage de l’Ajax et du Feyenoord Rotterdam d’Ernst Happel, qui remportent à eux deux quatre Coupes d’Europe des clubs champions entre 1970 et 1973, la sélection néerlandaise – emmenée par Cruyff, triple Ballon d’or, et dirigée par Michels – se présente en grande favorite au Mondial 1974 en République fédérale d’Allemagne (RFA). Mais elle s’incline (2-1) en finale face à l’équipe hôte, emmenée par Franz Beckenbauer. Lors de l’édition 1978, en Argentine, les Pays-Bas, dirigés cette fois par Ernst Happel, arrivent à nouveau en finale, mais perdent encore contre le pays hôte (3-1).

La traversée du désert durera 10 ans, le temps que le football total s’adapte aux nouvelles exigences du football moderne dominé par l’enjeu du résultat en minimisant les risques. Après avoir échoué à se qualifier pour les Mondiaux de 1982 et de 1986, la sélection Oranje remporte l’Euro 1988, son seul titre international à ce jour, grâce à Ronald Koeman, Ruud Gullit, Frank Rijkaard et Marco van Basten, dignes successeurs des Cruyff, Neeskens et Krol. Mais cette génération en or manque totalement la Coupe du monde 1990 en échouant en 8es de finale face à la RFA, futur vainqueur de l’épreuve.
Alors que Cruyff exporte avec succès la méthode Michels à la tête du FC Barcelone au début des années 1990, les Oranje se présentent au Mondial 1994, aux États-Unis, avec un effectif hétérogène composé de cadres titrés et vieillissants (Rijkaard, Koeman), et d’une nouvelle génération talentueuse aux dents longues, celle des frères Frank et Ronald de Boer, Dennis Bergkamp et Marc Overmars. La sélection s’incline en quarts de finale face au Brésil, qui remportera la compétition une semaine plus tard.


(Lire aussi : Les Bleus comme en 1998)


La guerre des ego et le déclin
À l’Euro 1996, la sélection, composée des joueurs de l’Ajax qui ont remporté la Ligue des champions un an plus tôt, s’incline aux tirs au but en quarts de finale face à l’équipe de France. La compétition est surtout marquée par les dissensions internes. Un groupe de joueurs originaires du Surinam, emmenés par Patrick Kluivert et Edgar Davids, s’estiment en effet lésés par rapport à leurs coéquipiers blancs. Cette crise permettra toutefois de retisser les liens au sein de l’équipe, entraînée par Guus Hiddink.

Lors du Mondial 1998 en France, la sélection Oranje atteint les demi-finales, mais s’incline aux tirs au but face au Brésil. Quatre ans plus tard, l’équipe, dirigée par Rijkaard, part sur un échec retentissant en échouant à se qualifier pour le Mondial organisé au Japon et en Corée du Sud. Les observateurs ont attribué ce revers au manque de liant collectif. En 2006, les Oranje, repris par Van Basten qui propose en Allemagne un jeu stéréotypé, perdent en 8es de finale face au Portugal. Mais une nouvelle génération, emmenée par Arjen Robben, Wesley Sneijder et Robin Van Persie, s’est installée dans la sélection.

En 2010, l’équipe de Bert van Marwijk se hisse jusqu’en finale en Afrique du Sud, pour la troisième fois de l’histoire Oranje, grâce aux coups de génie de Sneijder et de Robben, mais s’incline contre l’Espagne, championne d’Europe en titre. Le quotidien néerlandais NRC Handelsblad critique alors un jeu « laid », « destructeur » et « grossier ». Cette même génération remet le couvert en 2014 au Brésil. La sélection de Louis van Gaal, réputé pour sa discipline de fer, atteint le stade des demi-finales et s’incline face à l’Argentine. Comme les générations précédentes, celle-ci a été tout près de remporter le titre mondial, mais elle n’a pas été récompensée malgré les talents individuels qui la composent.
Ces deux dernières années, les Oranje sont brutalement rentrés dans le rang, échouant à se qualifier pour l’Euro 2016 et le Mondial en Russie. Durant cette période, ils ont épuisé quatre sélectionneurs. Et au début de 2018, la Fédération néerlandaise en a nommé un cinquième à leur tête, Ronald Koeman. Le chantier est toutefois colossal : les clubs néerlandais forment toujours des joueurs, mais la concurrence des grosses écuries européennes est implacable. La sélection peut cependant compter sur une poignée de joueurs talentueux comme ceux de Liverpool, le défenseur Virgil van Dijk et le milieu Georginio Wijnaldum. Suffiront-ils à replacer les Pays-Bas au sommet du football mondial ?



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