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Liban

Raï juge le décret de naturalisation contraire à la Constitution

Communautés
OLJ
11/06/2018

C’est une image relativement noire de la situation intérieure que le patriarche maronite a dépeint samedi et dimanche dans ses homélies, allant jusqu’à dire que c’est à raison que les choses étant ce qu’elles sont, « les citoyens sont inquiets non seulement pour eux-mêmes et leurs familles, mais aussi pour leur patrie ». Et Mgr Béchara Raï de dénoncer ce qui, chez les dirigeants libanais, est « détournement de l’intérêt général au profit d’intérêts particuliers ou communautaires, et volontaire ignorance de ce qui guette le pays comme dangers ».
Exposée samedi lors de la messe de clôture de la réunion annuelle de son synode (4-9 mai), cette vision plutôt pessimiste de l’avenir du Liban tel que dirigé par une classe qui, en principe, vient d’être renouvelée a été explicitée hier lors de l’homélie dominicale. C’est ainsi que le patriarche a considéré que le décret de naturalisation qui vient d’être pris contrevient au préambule de la Constitution, qui interdit toute forme d’implantation, en accordant la nationalité libanaise à des « étrangers sans ascendance libanaise ». « Comment l’accepter, a renchéri le patriarche, quand des milliers de dossiers présentés par des Libanais demandeurs de la nationalité pour les leurs sont en souffrance au ministère de l’Intérieur et des Affaires étrangères. » Pour le patriarche, en effet, c’est le droit du sang et non du sol qui confère la nationalité libanaise. « Est-il pensable qu’une telle décision soit prise en fonction d’une loi remontant à l’époque mandataire (1925), 20 ans avant la formulation du pacte national et de l’indépendance », s’est encore interrogé le patriarche.
Le chef de l’Église maronite s’est en outre inquiété du dossier du retour des déplacés syriens dans leur pays, déplorant le fait que la communauté internationale n’encourage pas les déplacés syriens au retour, mais en quelque sorte « le leur fait redouter ». Béchara Raï a rappelé que lors de sa récente visite officielle en France (28-31 mai), il avait demandé à Emmanuel Macron de dissocier le processus de retour des déplacés syriens de tout préalable politique, et d’insister sur le droit à la citoyenneté de ces déplacés et de leur droit à préserver leur culture et leur histoire ».

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