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La Dernière

Hit the road Christian!

Beyrouth insight

Il démarre samedi prochain une nouvelle aventure en solo sur sa grosse moto qui va le mener dans tous les recoins du Liban. « Two Wheels Across Lebanon », c’est parti pour un mois d’images, de rencontres et d’émotions à partager sur les réseaux sociaux.

Carla Henoud | OLJ
31/05/2018

L’allure d’un baroudeur qui contrôle bien son image, Christian Ghammachi a l’esprit libre et une tête parfaitement bien organisée. À bientôt 45 ans, dont dix-huit au compteur de sa moto, son parcours l’a mené du droit à la photographie et la vidéo, qu’il exerce aujourd’hui de manière professionnelle. Et du Liban à l’Afrique du Sud, en passant par Dubaï et les États-Unis. Le corps musclé par des mois d’entraînement et une préparation rigoureuse à ce nouveau départ, le tout « documenté » sur son site officiel et ses pages Facebook et Instagram, il arbore fièrement son motto en tatouage sur le bras : A Man’s Character Is His Fate. Car pour cet aventurier amoureux d’animaux sauvages, d’immensité, de sujets, même moches, à photographier, les choses arrivent pour une (bonne) raison. 


Globe-trotter
Tout commence pour Christian Ghammachi au Liban où il grandit jusqu’à ses 14 ans, avant de partir pour cause de guerre, destination le Koweït qu’il quitte quelques années plus tard en raison de l’invasion irakienne. Il s’installe en Belgique pour y terminer sa scolarité. À 18 ans, il découvre la photo, les portraits essentiellement. En 1991, il rentre au pays et entreprend des études de droit. « J’ai aimé », confie-t-il. Sa carrière professionnelle démarre au Koweït, dans une société libanaise, puis avec le gouvernement koweïtien dont il devient conseiller juridique. Neuf ans plus tard, il devient expert juridique de DHL, à Bahreïn d’abord, puis en Afrique du Sud. Il s’installe au Cap en 2011 où il découvre les nuances d’un continent fascinant et attachant. Ses clichés en seront le plus beau témoignage. En 2010, il sort un premier livre intitulé 19 years later dans lequel il réunit ses clichés préférés. L’ouvrage remporte le prix du Best Achievement au Dubaï International Print Award 2011. Et lorsqu’en 2013 sa collaboration se termine avec DHL, Christian Ghammachi se pose cette question (existentielle) : Dubaï et le droit ou une année sabbatique et la photo ? La réponse s’impose à lui : « J’ai décidé de sillonner l’Afrique à moto, le meilleur moyen à mes yeux de tout voir. » Et comme la photo ne lui suffisait plus, il se met à la vidéo. 16 pays, 6 mois et 20 000 km plus tard, sous le label Two Wheels Across Africa, il revient avec une riche et superbe documentation à laquelle il va ajouter de nouvelles technologies et mettre ainsi en avant une magnifique Afrique vue également du ciel. De retour à Dubaï, les yeux pleins de couleurs, convaincu qu’il n’est « plus question de retourner au droit », il crée une boîte de production baptisée, évidemment, Two Wheels Across avec un département spécialisé en images filmées par drone. Avec Michel Pharaon, alors un très actif ministre du Tourisme, rencontré à Dubaï, l’idée de faire une vidéo sur le Liban vu du ciel se met en place. « La seule condition était de filmer tous les festivals à travers le pays. » Au cours des 5 mois de tournage, Ghammachi poste régulièrement ses photos sur Instagram. En décembre 2015, son deuxième livre sort, Rise above Lebanon, suivi en janvier 2016 du film éponyme. Un bel hommage au pays du Cèdre qui va récolter plus de 4 millions de viewers, « un record », et sera partagé plus de 50 000 fois. « Très beau », diront certains, « trop beau, trop embelli », critiqueront les autres. Il se défend : « Nous avons voulu montrer notre Liban vu du ciel. Des lieux et des paysages que les gens n’ont jamais vus… Ce n’est pas un mensonge, mais une manière de parler d’autre chose que des problèmes que nous connaissons tous. Les déchets, le chaos ne sont pas les seules choses qui nous décrivent. »


J moins 3
C’est en tournant un petit film sur le tourisme rural que Christian Ghammachi décide de « rentrer encore plus dans le détail ». « Pour moi, Rise above Lebanon était une partie de l’histoire… » Reste à saisir les détails d’un pays méconnu, aux défauts évidents et à certaines beautés réellement ignorées. Sous l’étendard Two Weels Across Lebanon, il va enfourcher sa moto samedi prochain, seul, sans équipe de production, « décortiquer le Liban touristique, culinaire, social, environnemental et touristique, tout ce qui se fait pour améliorer le pays en dépit de tous les problèmes qu’il traverse… ». Un bel acte qui est aussi citoyen, beau parce que les images qui seront partagées sont de grande qualité. Un souffle d’air frais pour nous, un vent de liberté pour Christian qui nous emporte, à partir du 2 juin, pour un mois – « en principe, si cela suffit ! » –, dans une vague optimiste nécessaire après les tempêtes électorales. Exit donc « tout ce qu’on sait déjà, qu’on sait trop », et place à une nouvelle manière de voyager et de (re)tomber amoureux de nos 10 452 km². 


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