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La Dernière

Liliane Tyan, du partage et des couleurs

Beyrouth Insight

Comme elle le fait depuis qu'elle a repris les pinceaux, Liliane Tyan revient, chaque deux ans, exposer ses « Expressions nouvelles » au cours d'une soirée qui aura lieu aujourd'hui jeudi 30 novembre, à partir de 18 heures, à la galerie du Yachting Club, à Zaytouna Bay.

Carla Henoud | OLJ
30/11/2017

À Karm el-Zaytoun, en pleins travaux d'embellissement, une aubaine pour les habitants de ce quartier défavorisé, on l'appelait « Madame Loto ». Sa famille, ses amis lui préfèrent Lhyla. Liliane Tyan est clairement à l'aise sur tous les terrains, dans différents cadres où elle se fond comme un poisson dans l'eau, munie de cette même énergie et cette élégante simplicité qui lui vont si bien. Elle s'adresse aussi facilement aux habitants d'un village oublié qu'à d'importants hommes d'affaires qui aiment leur pays et la suivent dans ses projets. Le social a toujours été son mot d'ordre, sa cause et son objectif. Une manière bien à elle de faire de la politique, proche de la pensée intègre du « grand homme » que fut son père Edouard Honein, avocat, écrivain, député et ministre. Mais loin de celle, politicienne, telle que pratiquée aujourd'hui. Sa première mission, Help Lebanon, dès 1980, se chargeait, durant les sombres années de guerre, de donner un peu de réconfort et de couleur au quotidien de milliers d'enfants en leur offrant colonies de vacances et bourses scolaires. Seize ans plus tard, la guerre terminée, elle redirige son action éminemment sociale vers le rafraîchissement des quartiers les plus tristes. Et d'abord ceux qui sont le plus dans l'urgence. Ses sponsors, des amis fidèles, répondent encore présent. À leur tête, Allianz SNA et la Banque Libano-Française. Karm el-Zaitoun, Furn el-Chebback, Mkallès... La ville retrouve la santé, ses habitants le sourire.

En 2005, Liliane Tyan prend en charge toutes les activités artistiques et culturelles de la villa Audi, transformée en lieu d'exposition permanente de la collection de mosaïques de Raymond Audi et d'expositions ponctuelles d'artistes locaux et étrangers. En 2015, elle décide de se consacrer entièrement à Help Lebanon. « Il y a tellement à faire, mais il est impossible de revenir deux fois sur le même quartier... Nous avons vu le réel besoin qui existe en dehors de Beyrouth et avons donc lancé des travaux au port de Tripoli qui ont pris trois ans. Actuellement, nous sommes en pleins travaux à Saïda. Les besoins sont partout, et à tous les niveaux. Notre pays a besoin d'être beau et attirant, autant pour les Libanais que pour les étrangers, et c'est à cela que je consacre toute mon énergie », précise-t-elle. À cela et... à sa peinture.

 

De la bonne humeur
Après « Le voile d'Isis » en 2012 et « Transparence en mutation » en 2014, présentées au très regretté Beirut Exhibition Center, Liliane Tyan a exposé quelques toiles dans une petite parenthèse amicale en 2016, dans les locaux de l'Allianz SNA, sous le titre « Froufrous et frissons ». Elle revient cette année avec « Expressions nouvelles », un titre trouvé par son amie la galeriste Amal Traboulsi. Pourquoi ce titre ? « Parce que cette année, précise l'artiste qui n'aime pas se prendre au sérieux, le travail s'est fait en superposition de couleurs, avec des palettes, et transparence, alors qu'avant je travaillais en grattant la matière. » « Je n'aime jamais philosopher sur mon travail, poursuit-elle en tirant sur son énième cigarillo. Je suis animée par une envie de faire quelque chose de joli, un point c'est tout. Ce sont les couleurs qui ont pour moi la plus grande importance. Mes toiles sont l'expression d'un état d'âme. Parfois sombre, souvent gai. En général, je suis de très bonne humeur quand je travaille et je n'ai pas honte de le dire. Sinon, je ne pourrais rien faire. »

Non moins de 45 toiles à l'acrylique, sa matière de prédilection (« je suis trop impatiente », confie-t-elle), seront présentées le temps d'une soirée aujourd'hui, jeudi, dès 18 heures, à la galerie du Yachting Club de Zaytouna Bay. Trois formats et trois titres généraux divisent l'accrochage et décrivent bien les œuvres : « Abstraction lyrique », « Figuration nouvelle » et « Harmonie ». « J'aime cette idée de soirée unique, ça me ressemble. Pour moi, chaque exposition est une histoire de rencontres. Une atmosphère conviviale qu'on ne peut pas répéter sur plusieurs jours. Mon but est cette rencontre. Ce partage amical. » Les prix restent très raisonnables, tient-elle à préciser. Une partie des recettes ira évidemment à Help Lebanon, car beaucoup reste à faire. Et avec la belle énergie de Liliane Tyan, tout reste possible. « La politique servie aux gens, c'est ma vie. Le Liban et les Libanais, c'est ma vie. Je ne me vois pas vivre autrement... »

 

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Skamangas Stelios

"Ceux sont les couleurs qui ont pour moi la plus grande importance" C'est parfait! Mais dire " je cherche à faire du "joli", : ça peut être compris comme péjoratif!!!!!!!!

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