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Liban

Gouvernement : Hariri évoque, depuis Baabda, « la part du Premier ministre »

Liban

Le Premier ministre désigné en visite à Riyad pour quelques jours.

30/05/2018

On répète à l’envi que le prochain gouvernement devra refléter les poids respectifs des forces en présence que les récentes élections viennent de redéfinir. Sauf qu’il apparaît de plus en plus que les revendications de part et d’autre ne tablent pas tant sur un calcul mathématique rigoureux, mais plutôt sur les poids tels que perçus par chacun des protagonistes.
Selon cette logique, l’équation à prendre en compte serait plutôt le rôle politique auquel aspire à jouer chaque partie dont les ambitions se situent bien au-delà de ce que pourrait concéder le Premier ministre désigné, Saad Hariri et le président de la République, Michel Aoun, les deux artisans principaux de la composition gouvernementale.

Les deux responsables, qui se sont entretenus hier à Baabda, avant le départ de M. Hariri pour Riyad – où il doit effectuer une visite de quelques jours – ont évoqué les grands contours du prochain gouvernement, échangé des idées autour de sa taille (24 ou 26 selon l’option défendue par M. Hariri, 30 ou 32 selon la formule suggérée par M. Aoun) sans pour autant examiner une mouture en particulier ou passer en revue les portefeuilles et leur répartition, si l’on en croit les sources de Baabda.

Devant ses visiteurs, le chef de l’État a réitéré son souhait de voir émerger un gouvernement d’union nationale qui serait « compatible » ou « proportionnel » aux tailles des blocs parlementaires, ce qui revient à dire que les calculs arithmétiques au député près ne constitueront pas le critère déterminant.
Selon une source proche de Baabda, la volonté à maintes reprises exprimée par le chef de l’État de voir l’ensemble des parties représentées au sein du cabinet, est la règle qu’il favorisera. Elle devrait notamment s’appliquer aux dix députés sunnites non issus du courant du Futur, « sauf si les parties placent des conditions rédhibitoires ». Interrogé à ce sujet sur la possibilité de voir le courant du Futur représenté par seulement six ministres, Saad Hariri a tenu à souligner « le poids notoire » que représente son courant, avant de déclarer que « le Premier ministre a également droit à son quota ».

En réclamant à son tour « sa part » en tant que chef du gouvernement, M. Hariri a effectué le même distinguo que le chef de l’État, qui réclame une part propre à lui, laquelle doit être dissociée de celle du Courant patriotique libre dont il est fondateur. D’ailleurs, le député Ibrahim Kanaan a martelé hier à l’issue d’une réunion du bloc parlementaire du Liban fort que la part du chef de l’État dans le nouveau cabinet était « non négociable ».


(Lire aussi : Formation du gouvernement Hariri : Hausse des enchères... mais pas de blocage en vue )

« Les parts sunnites »
M. Hariri venait ainsi de définir le plafond de ses demandes en inaugurant, à son tour, la coutume des « parts ministérielles » à octroyer en dehors de l’hémicycle, un peu comme l’a fait le président de la République et ses prédécesseurs depuis Taëf. Selon une source proche du courant du Futur, il ne faudrait toutefois pas interpréter la déclaration de M. Hariri dans le cadre d’une surenchère avec le chef de l’État mais plutôt sous l’angle de sa volonté de renflouer sa position et couper ainsi la voie aux députés sunnites non haririens qui seraient tentés de tirer leurs cartes du jeu en réclamant, à tour de rôle, des parts ministérielles. Il s’agirait notamment de l’ancien chef de gouvernement, Nagib Mikati, avec son bloc qui compte trois autres députés non sunnites et qui réclame un ministre. Ce dernier pourrait cependant accepter d’être représenté par un ministre non sunnite de son bloc, soit Jean Obeid (maronite) ou Nicolas Nahas (grec-orthodoxe). Or, un simple décompte de la répartition des 15 sièges qui reviennent aux chrétiens, toutes formations confondues, ne permettrait pas d’octroyer un siège supplémentaire à M. Mikati, si l’on considère que le chef de l’État convoite d’ores et déjà cinq portefeuilles, le CPL six, les FL quatre ( un nombre revu à la baisse par rapport aux demandes formulées par cette formation ), et un siège que le chef de l’État concéderait aux Kataëb, selon des sources informées. « À moins que M. Aoun ne décide de puiser, dans sa part, un siège pour le compte du bloc de M. Mikati », fait remarquer une source haririenne. Le chef de l’État pourrait également être appelé à concéder un portefeuille (probablement chrétien) à Talal Arslane, après que le PSP eut également placé ses conditions, à savoir « rien moins que trois portefeuilles confiés à trois ministres druzes du PSP ». Dans un entretien à l’agence al- Markaziya, le porte-parole du PSP, Rami Rayyes, a laissé entendre que si certaines forces politiques souhaitent voir M. Arslane représenté au sein du prochain gouvernement, « elles devraient puiser dans leurs parts de sorte à lui octroyer un siège non druze », les trois portefeuilles de la communauté étant déjà réservés au PSP. Une formule, une fois encore, qui rend l’équation finale d’autant plus ardue que les convoitises sont de loin supérieures aux portefeuilles disponibles.


(Repère : Qui convoite quel ministère : le point sur la formation du gouvernement Hariri)


Entre-temps, la polémique s’est poursuivie au sein du duopole chrétien ( FL/CPL ) autour du principe de l’octroi au chef de l’État de cinq ministres, une formule que contestent vivement les FL, d’autant que cette formation considère que la part du président ne peut être séparée de celle de la formation dont il est issu, et qui a mené toute sa campagne au nom du sexennat, avant de décider de s’en détacher dès lors qu’il était question d’effectuer un décompte des quotes-parts. Qui plus est, les FL ambitionnent d’arracher une part égale à celle du CPL ( six portefeuilles) partant du principe qu’elle constituent, avec le CPL, les deux poids lourds de la représentation chrétienne. Les FL font en outre valoir leur contribution majeure à l’accès de Michel Aoun à la présidence et la teneur de l’accord de Meerab qui évoque un partage équitable de la représentation entre les deux formations. Par conséquent, toute part revue à la baisse serait, précise un responsable, « une manœuvre en vue réduire la quote-part » à laquelle les FL estiment avoir droit et qui serait calquée sur « le modèle du partage consenti au sein du duopole Hezbollah et Amal dans un rapport de 13 députés pour le premier, de 17 pour le second ».


(Lire aussi : Litige FL-CPL : entre « isolement » et guerre des portefeuilles)


Dans les milieux de Baabda, on insiste que la « représentation ministérielle » du chef de l’État, un terme que l’on préfère à celui de quota, va lui permettre de mieux remplir son rôle de « garant de la Constitution » et surtout de « jouer une part plus active au sein du gouvernement, d’autant qu’il sera appelé à superviser tout un chantier de réformes qui inclut la lutte contre la corruption ».
À la question de savoir pourquoi M. Aoun s’accorderait aujourd’hui le droit de nommer sa part de ministres sachant qu’il avait dénié ce même droit à son prédécesseur, Michel Sleiman, une source proche du palais se contente d’avancer l’argument de « circonstances foncièrement différentes » entre les deux mandats.


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Antoine Sabbagha

Entre Riyad et Beyrouth mon coeur balance semble nous dire notre premier ministre . Attendons donc la bonne surprise dans quelques jours .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

A CHACUN SA PART ! EU AU PEUPLE ?

LA VERITE

la seule solution
Interdire le cumul des mandats de deputes et ministres ( sauf probablement le premier ministre ) et vous aurez moins d'appetit de la part de tous

gaby sioufi

SI CELA S'AVERAIT ETRE VRAI,
CLAUDINE, fille bien aimee du pres. EXIGE elle aussi qu'une part ministerielle soit reservee aux femmes.

AINSI, 38 a 40 ministeres/ministres sont insuffisants, passez donc mr aoun&mr hariri a 45-48 .
SANS HONTE , AVEC TOUT LE COURAGE QUE NOUS VOUS CONNAISSONS /

Honneur et Patrie

Le partage du butin, une part pour Michel Aoun, une part pour Saad Hariri, une part pour Nabih Berry, une part pour Elie Ferzli, une part pour Gébran Bassil, une part pour Brahim Kanaan sans oublier le quota historique pour Fouad Alamé*.
C'est ce qu'on appelle en libanais "tawzïï hossass" (partage des pourcentages).

* Célèbre bandit du temps du Mandat français.

Gebran Eid

RIYAD ! JE RETIENT UNE CHOSE QUE HARIRI REPART À RIYAD. POUR FAIRE QUOI ? SACRÉ MENTO VA. ET HASSAN NASRALLAH EST DÉJÀ EN IRAN. TITI TITI MITEL MA RIHTI W METEL MA JITI.

gaby sioufi

pour l'amour du ciel,
messieurs aoun & hariri ,
n'oubliez surtout pas que les 2 vices presidents du parlement & du cabinet ont eux aussi droit a un certain nombre de ministeres... dont qqs uns regaliens et/ou de service.
pour ce faire, vous n'aurez aucun souci a former un cabinet de 38-40 ministres.
Merci d'en prendre note.

Bambino

Quelle mascarade! Pourquoi ne pas nommer les 128 députés ministres et qu'on en finisse? Ainsi le problème serait résolu et la foire d'empoigne cesserait. Dans le cas contraire nos CHERS élus vont continuer à se battre comme des chiffoniers pour décrocher le maroquin tant désiré qui va leur permettre de récupérer les frais occasionnés par la campagne électorale.

Bery tus

mais ils sont comme ca au CPL ... Bassil d'un coter qui insulte le grand Berry puis .... vote pour lui lool et Aoun qui refuse aux autres ce qu'il veut pour lui meme

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