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La Dernière

Joëlle Kanaan, l’art de mettre la cuisine en images

Papilles
24/05/2018

Elle est food stylist, passionnée par la photo et la cuisine et ce qu’elle peut en faire de beau. Joëlle Kanaan met en scène la nourriture dans des plats, place chaque produit ou aliment, les rendant encore plus séduisants, avant de les prendre en photo. Misant sur le naturel sans faire intervenir des éclairages artificiels, elle refuse également d’utiliser des pigments, notamment de la peinture qui donne des teintes plus colorées aux plats.
C’est que Joëlle Kanaan a opté dans la vie comme au travail pour la simplicité et l’authenticité. Et ça lui réussit. En quelques années, elle a pu se faire un nom, exécutant divers projets photo pour de nombreux restaurants et marques alimentaires tels que Ksara, Oh Bakehouse, Roadster Diner et Castania.

Actuellement, elle planche sur un projet de livre avec une jeune chef diplômée du Cordon bleu à Londres, Lara Ariss. Elle y met en toute liberté un peu plus de sa touche artistique et personnelle.
La photographe est méticuleuse, habile de ses mains. Elle a toujours aimé la décoration et confectionnait avec l’aide de sa mère des décorations de Noël. Ses tables, quand elle reçoit des invités, sont dressées avec le même soin. « Plus jeune, j’aimais aussi cuisiner. J’avais un penchant pour les pâtisseries. Peut-être que tout cela a joué un rôle dans ce que je fais actuellement », dit-elle.
Et pourtant, rien dans son parcours académique ne prédestinait réellement Joëlle Kanaan au food syling et à la photographie. Elle raconte : « J’ai un diplôme en pub et vente de l’USJ et un MBA de l’ESA. J’ai travaillé durant quinze ans auprès des Nations unies dans le domaine de la gestion budgétaire et financière. »
En 2013, elle décide pourtant de tout plaquer. « J’en avais ras le bol de la routine. Je n’aimais plus aller au bureau. Mon mari Jad Aouad, qui est réalisateur de publicités en free-lance, m’a encouragée à quitter mon travail et faire autre chose. Mon fils Théo était encore tout petit. Jad m’a offert une caméra. Il trouvait que je prenais de belles photos », confie-t-elle.

En véritable autodidacte, elle se met à tout photographier, se familiarise avec Photoshop et travaille en tant que directrice artistique sur des tournages. Mais cela ne la branche pas vraiment. Elle continue de prendre des photos. « Un jour nous étions en vacances en Italie, non loin de Parme, dans un hôtel de charme à Tabiano Castello, je ne lâchais pas mon appareil. C’était quelques mois après ma démission. Une femme s’est approchée de moi, m’a demandé de voir mes photos… Gérante des lieux, elle m’a demandé de les lui envoyer à mon retour à Beyrouth. Ce que j’ai fait. J’ai commencé à rêver tout haut, à dire à mon mari que cette dame aimera tellement les photos que j’ai prises qu’elle m’offrira un séjour à l’hôtel et qu’elle m’engagera pour un projet… Et c’est ce qui est arrivé ! » raconte-t-elle, encore toute amusée. « C’était ma première commande photo, mais ce n’était pas encore le moment pour moi d’en faire mon métier », poursuit-elle.
Au début, la jeune femme prend surtout des portraits d’enfants, elle a envie de faire des photos de mode mais trouve que le milieu manque d’authenticité. « Les filles sont très belles mais bourrées de complexes et tout le monde veut des photos retouchées », se plaint-elle.
Elle part en Croatie pour un stage de cinq jours de food styling. Elle rentre au Liban, continue son bout de chemin, poste de plus en plus de photos artistiques d’aliments sur ses comptes Facebook et Instagram et commence à prendre des projets pour des restaurants. « J’aime la nourriture. Elle donne toujours une idée de partage et de convivialité. Et puis les aliments sont des produits vivants, beaux à photographier », dit-elle, confiant qu’elle est heureuse de faire désormais un métier qui la passionne.
Avec sa famille, elle a une troisième passion : les animaux. Joëlle Kanaan est l’une des fondatrices de l’association BETA (Beirut for the ethical treatment of animals). « Je passais mon temps à sauver des animaux. Je ne le fais plus actuellement, à cause de mon travail et de ma famille. Il faut se donner à fond pour ce genre de choses », dit-elle.
Et Joëlle Kanaan se donne à fond dans tout ce qu’elle fait. Outre son talent, c’est probablement pour cela qu’elle réussit.


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Sarkis Serge Tateossian

Les images proposées par l'article, sont si suggestives, si delicieuses, si appétissantes... J'ai fini...
Ana Kanaan! !

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