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La Dernière

Andrea Boueiz, la cuisine du cœur

Papilles
22/03/2018

Vingt-deux ans et du cœur. Andrea Boueiz, qu’on retrouve sous le nom de « kookscooks » sur Instagram, a concocté les trois récentes soirées d’or du Festival al-Bustan. Derrière les fourneaux depuis l’âge de huit ans, la jeune femme a décidé de faire de sa passion un métier. Jeune et autodidacte en matière de cuisine, elle a des rêves plein la tête, qu’elle commence petit à petit à réaliser. Chef cuisinier à domicile, elle se charge également de projets, en tant que consultante, pour de nouveaux restaurants, dont un spécialisé en plats libanais qui verra prochainement le jour à Berlin.

« Je suis rentrée au Liban il y a plus d’un an et, depuis, j’ai pris plus de trente commandes de cuisine à domicile. Tout a commencé par un kiosque à sandwiches que j’ai créé pour un événement à Achrafieh et qui a fait un tabac. La mère d’un ami qui m’aidait a voulu me donner un coup de pouce, elle a fait une première commande pour une invitation. Puis, le bouche-à-oreille a fait le reste », confie Andrea Boueiz, qui a suivi des études à l’école hôtelière de Glion, en Suisse. « Mes notes scolaires étaient tellement mauvaises que je n’ai pas pu faire l’école de cuisine ! N’empêche que j’ai tenu à ce que mes deux stages soient en cuisine, l’un au Lodge à Verbier, et l’autre au W à Paris. J’ai également travaillé, quand j’avais 15 ans, et durant les trois mois d’été, chez Nicolas Audi, et une semaine dans un restaurant italien bio de Chamonix après avoir terminé mes études. J’ai même invité le couple de propriétaires quelques jours chez moi au Liban, car ils m’avaient très bien traitée », note-t-elle. 

Andrea Boueiz est simple, souriante et spontanée. Cette petite-fille d’un ancien chef d’État (Élias Hraoui) et fille d’un ancien ministre (Farès Boueiz) – même si elle n’aime pas être ainsi présentée – a décidé de sortir des sentiers battus. « À la fin des dîners, lorsque je parle aux invités pour prendre leur avis, ces derniers évoquent ma famille, alors que tout ce qui m’intéresse, c’est qu’ils commentent mes plats et qu’ils jugent mon travail, lance-t-elle. Parfois même, quand les personnes qui m’aident savent qui sont mes parents, leur attitude change envers moi et je n’aime pas ça. » 

Il a fallu du temps à Andrea Boueiz pour convaincre son père qu’elle voulait entamer une carrière derrière les fourneaux. « Je pense qu’il aurait préféré que je travaille dans l’art, que j’ouvre une galerie peut-être… Il a fini par accepter grâce, surtout, à la pression de ses amis. Aujourd’hui, il trouve que je suis douée et aimerait m’aider à ouvrir un restaurant plus tard, mais je veux avoir mon entreprise en la finançant par mes propres moyens », dit-elle. Quand on lui demande comment elle a acquis toute cette liberté de pensée, elle répond sans hésiter : « Ma mère (Zalfa Hraoui Boueiz) m’a toujours encouragée à suivre mes rêves jusqu’au bout. Elle m’a appris à avoir les pieds sur terre. » 


L’astuce

Sa passion pour la cuisine a commencé à huit ans. « J’étais tellement ronde et j’aimais tellement manger qu’on m’interdisait d’entrée en cuisine. Puis j’ai trouvé une astuce, et j’ai obtenu l’autorisation de le faire uniquement pour confectionner des desserts, mais sans rien manger. C’est ma sœur Réa, aujourd’hui âgée de 31 ans, qui m’encourageait et qui n’a pas arrêté depuis », raconte-t-elle. 

Petit à petit, elle se met à préparer des plats aux amis qu’elle reçoit à la maison. Et tous applaudissent. « C’est Leila, notre cuisinière qui est comme un membre de la famille, qui m’a tout appris. Toutes les recettes de plats libanais. Elle est fière de moi aujourd’hui », souligne-t-elle, confiant qu’elle a un faible pour nos ragoûts et pour les feuilles de vigne farcies. 

Aussi, en s’inspirant des recettes de Leila, Andrea Boueiz, avec la complicité de deux camarades libanaise et égyptienne, vendait aux étudiants de Glion, à l’entrée de l’école, des plats de sa création. « C’était contre le règlement, mais nous n’avons jamais été attrapées », sourit-elle, soulignant également qu’elle préparait chaque semaine un dîner aux étudiants libanais qu’elle invitait à la maison. 

À la fin de ses études, elle a tenté de travailler à l’étranger et décroché deux offres d’emploi aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. « À cause de mon passeport libanais, il m’a été difficile d’obtenir un permis de travail. J’ai décidé ensuite de ne plus essayer et de rentrer », dit-elle. Une décision qui lui a réussi. Andrea Boueiz ne fait donc que commencer. Sa première année au Liban était bonne. Le meilleur reste à venir.


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Le Faucon Pèlerin

Chère Andréa Boueiz,
C'est le revers de la médaille qu'il faudrait assumer. Vous êtes une petite-fille du président Elias Hraoui, petite-fille de l'ancien député Nouhad Boueiz (quatre législatures), fille de Farès Boueiz, ancien ministre et ancien député, fille de Zalfa Hraoui-Boueiz, présidente du Festival de Zouk-Mikhaël, il est normal que l'on vous parle de tout ce monde. C'est comme ça.
Moi-même, je vis à 3.190 km à vol d'hirondelle loin du Liban, j'appartiens à la même dynastie. Chaque fois que je rencontre un Libanais, tout de suite sa question : Qui vous êtes par rapport à Nouhad et/ou à Farès Boueiz ?
Je vous souhaite le même succès que Paul Bocuse.

Stes David

On écrit "il aurait préféré que je travaille dans l’art" mais la cuisine (la gastronomie) c'est un art. Surtout la cuisine libanaise qui est comme la cuisine italienne, grecque, espagnole ou française une des grandes cuisines traditionelles mondiales. Ce qui manque un peu c'est l'équivalent d'un "guide michelin" pour les restaurants au Liban, il faudrait avoir une liste des restaurants au Liban, en tous cas les articles de l'OLJ aident beaucoup.

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