Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich s’exprime lors d’une conférence de presse consacrée à l’extension des colonies dans la zone E1, le 14 août 2025. Photo Ronen Zvulun / Reuters
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré mardi qu'un procureur de la Cour pénale internationale (CPI) avait demandé un mandat d'arrêt à son encontre, accusant l'Autorité palestinienne d'être à l'origine de cette démarche.
« On m'a informé que le procureur pénal de la cour antisémite de La Haye avait déposé une demande de mandat d'arrêt international contre moi », a affirmé M. Smotrich (extrême droite) lors d'une conférence de presse diffusée sur son compte X. « En tant qu'Etat souverain et indépendant, nous n'acceptons pas les diktats hypocrites d'organismes biaisés qui prennent, encore et encore, position contre l'Etat d'Israël », a-t-il ajouté, sans préciser les accusations motivant cette demande d'arrestation.
Le procureur de la CPI a déclaré que son bureau était « dans l'impossibilité de commenter les spéculations médiatiques ou les questions liées à une quelconque demande présumée de mandat d'arrêt ». La CPI, qui siège à La Haye, a émis en novembre 2024 des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Ils sont soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans la bande de Gaza, où Israël a livré une guerre dévastatrice après l'attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur son territoire. M. Smotrich a accusé l'Autorité palestinienne d'avoir encouragé cette nouvelle procédure, qualifiant les poursuites engagées contre lui, MM. Netanyahu et Gallant de « déclaration de guerre ». Il a indiqué que sa première mesure de représailles viserait la communauté bédouine palestinienne de Khan al-Ahmar, située à l'est de Jérusalem, en Cisjordanie occupée, annonçant qu'un ordre d'évacuation du village serait signé « immédiatement » après sa déclaration.
Plus de 750 personnes à Khan al-Ahmar, un ensemble de baraques et de tentes situé à une dizaine de kilomètres de la Vieille Ville de Jérusalem, entouré de colonies israéliennes. La Commission de résistance à la colonisation et au mur, dépendant de l'Autorité palestinienne, a appelé la communauté internationale à empêcher cette initiative.
« Le fait de cibler Khan al-Ahmar s'inscrit dans un projet stratégique de colonisation à long terme (...) par lequel Israël cherche à créer une continuité territoriale complète des colonies qui séparerait le nord de la Cisjordanie de sa partie sud », a déclaré le ministre de la commission, Muayad Shaaban. « Le ministre de l'Expulsion et de l'Annexion cherche à se venger de La Haye et de la communauté internationale aux dépens de l'une des communautés les plus vulnérables », a réagi l'ONG anticolonisation israélienne La Paix Maintenant. « Sous ce gouvernement, nous constatons que, pour la première fois, ils ont approuvé le plan très sensible et important E1 et qu'ils se dirigent vers l'annexion de toute cette région », a déclaré son directeur Lior Amihai à l'AFP.
Khan al-Ahmar se trouve près de terrains qu'Israël prévoit d'utiliser pour son controversé projet de développement E1, destiné à faciliter l'expansion des colonies dans la zone proche de Jérusalem. M. Smotrich, qui vit lui-même dans une colonie, est un fervent partisan de l'annexion de toute la Cisjordanie occupée.


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026