Cheminots, fonctionnaires, pilotes d’avion et cégétistes enragés de France seraient bien inspirés de venir s’installer rapidement au Liban, véritable pays de cocagne où l’on travaille désormais 34 heures par semaine dans le secteur public, avec une nouvelle grille des salaires à la clé, financée par les entreprises privées qui se font un plaisir de cracher au bassinet. Bref, un authentique paradis de la doxa bien-pensante, où face à la rogne et la grogne le gouvernement baisse rapidement son pantalon, pour peu qu’on laisse les margoulins taper tranquilles dans les caisses du Trésor public.
De fait, il n’a pas fallu bien longtemps pour que nos vieux croûtons commencent les grandes manœuvres de sabordage des engagements pris au cours du pince-fesses de Paris. Là-bas déjà, les délégués des gros bailleurs de fonds n’avaient pas tardé à renifler à plein nez les miasmes du sous-développement : eux avaient pris leurs billets d’avion en classe éco, pendant que certains de nos mendiants débarquaient de leurs jets privés ou de leur classe affaires les poches vides mais la panse bien remplie. Tant que c’est le contribuable occidental qui paie… au diable, l’avarice !
Bon, on leur a demandé quoi, à nos baltringues politiques ? Des économies budgétaires et des réformes structurelles. Eh bien, c’est simple : les économies, on les fait déjà en produisant moins, et question réformes structurelles, on a décidé de déstructurer le temps de travail. Avec leurs 34 heures de taf hebdomadaires, les feignasses de l’administration ne risquent pas de craquer pour surmenage.
Pour les rares fois où le débat ne porte pas sur le plumage et le ramage d’un quelconque demi-dieu de la basse-cour politique, il est toujours poilant de se repaître du spectacle de ces planqués qu’on gave en pompant la République. Faut dire qu’à chaque fois qu’on en parle, tous les partis complices, même celui des Homo barbudens du Hezbollah, se lèvent comme un seul Lazare pour contrer l’indispensable vidange de cette mauvaise graisse.
Libanais, serrez-vous la ceinture ! Encore 50 ans à ce train, et… vous en aurez l’habitude !
gabynasr@lorientlejour.com


J'ai tellement ri que j'avais mal aux cotes! Cher Gaby toujours un grand Plaisir a lire vos billets qui n'ont qu'un seul but: Mettre le nez de nos politiciens dans leur proper c....
18 h 12, le 27 avril 2018