Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

L’orthoptie, un métier très peu connu : dépister les troubles visuels et assurer la rééducation

27/03/2018

Orthoptiste… Voilà un métier qui ne vous dit peut-être rien ! Pourtant, à l’ère des écrans, ce spécialiste de la rééducation visuelle a de beaux jours devant lui.
Plus précisément, sa vocation est de dépister les troubles visuels et d’assurer les actes de rééducation et de réadaptation de la vue.
Cette profession paramédicale nécessite de solides connaissances en physique, de l’endurance et de la psychologie. Le métier d’orthoptiste évolue au gré des avancées technologiques. Il a en effet parcouru un immense chemin grâce à l’imagerie médicale et aux neurosciences qui ont permis de développer le domaine de la vision fonctionnelle, alors que l’on se concentrait il y a quelques années encore sur l’aspect sensoriel et moteur de la vision.
La mission de l’orthoptiste est variée et le métier peut s’exercer de deux façons. « Il y a aujourd’hui des orthoptistes qui exercent essentiellement la rééducation, qui font pratiquer à chaque patient des exercices oculaires adaptés à sa pathologie, et ceux qui font de la “préconsultation”, qui assistent l’ophtalmologue en réalisant pour lui des examens préparatoires comme le scanner de la rétine par exemple, explique Rachel About, orthoptiste qui exerce en France. Nous recevons des patients de tous les âges. Il peut s’agir d’un enfant qui ne voit que d’un œil ou qui souffre de strabisme, de troubles d’apprentissage, d’adultes éprouvant une gêne visuelle au travail (écran), des nausées, des maux de tête à la conduite et dans la pratique d’activités sportives. Ou encore d’une personne âgée souffrant de dégénérescence maculaire liée à l’âge, de séquelles visuelles de pathologies dues au diabète et à des problèmes vasculaires. »

 Qualités requises
« L’orthoptie est un métier riche qui, comme souvent dans le domaine du médical et du paramédical, accorde une place importante à l’humain. En rééducation, nous traitons nos patients en général sur base de plusieurs séances, précise Rachel About. Il y a donc un lien qui se crée, il faut avoir de la patience et un peu de psychologie. En effet, parvenir à mettre le patient en confiance est essentiel pour obtenir de bons résultats. Au quotidien, ce métier de contact est particulièrement stimulant. » « Les tablettes, les ordinateurs… tout cela fatigue les yeux. Les patients se plaignent alors de maux de tête, de vertiges, d’un trouble de la vision… Quand nous réussissons à soulager les maux de tête d’un patient, nous sommes satisfaits », relève Rachel About avant d’ajouter « qu’il y a d’autres cas plus compliqués, comme lorsqu’on réalise tardivement qu’un enfant ne voit pas d’un œil et qu’il retrouve l’usage de celui-ci, au bout de deux ans de suivi ».
« Par ailleurs, depuis quelques années, les professionnels ont constaté que certains troubles de l’apprentissage pouvaient être liés à des défauts de vision, indique Mme About. Il arrive en effet que nous puissions corriger des troubles de l’attention ou aider des enfants qui, par exemple, font des erreurs en recopiant. Nous nous apercevons qu’en réalité, le problème était lié à la vision. »

Comment devenir orthoptiste ?
Au Liban, cette spécialisation est très peu connue, tant au niveau social qu’académique. En France, pour devenir orthoptiste, il faut d’abord réussir un concours d’entrée sélectif car l’accès à la profession est régi par un numerus clausus (nombre de places limité).
Le concours se compose généralement de deux épreuves : l’une de biologie, l’autre de physique. Il y a également une épreuve orale qui permet au jury de tester la culture générale et les motivations personnelles du candidat.
Avoir un bac S est fortement recommandé car la formation est très scientifique.
Les études s’étalent sur trois ans (6 semestres) et sont particulièrement intenses. À défaut de faculté spécialisée dans ce domaine au Liban, une quinzaine d’universités en France proposent cette filière : à Aix-Marseille II, Lille II, Clermont, Amiens, Bordeaux II, Rennes I, Strasbourg, Montpellier I, Lyon I, Sorbonne Université à Paris… Il est aussi possible de passer par des diplômes universitaires comme le DU de réadaptation du handicap visuel et basse vision à Paris, basse vision à Lyon, strabologie à Nantes, neuro-ophtalmologie à Paris, action et troubles des apprentissages à Dijon…

Débouchés multiples
De plus en plus d’orthoptistes travaillent dans les cabinets d’ophtalmologistes (mise en place de protocoles de coopération professionnelle entre médecins et orthoptistes), pour préparer la consultation (faire passer divers tests au patient). Cela fait gagner du temps aux ophtalmologues qui peuvent prendre en charge davantage de patients et offrir un encadrement plus rapide et global aux personnes qui viennent en consultation.
La majorité des orthoptistes exercent en libéral. Cependant, ils peuvent aussi être salariés à temps plus ou moins complet dans les hôpitaux, les dispensaires, les centres de soins, au sein des établissements spécialisés, auprès des personnes handicapées souffrant de troubles visuels. Ils peuvent se rendre également au domicile du patient, dans les crèches, les garderies, les écoles, les maisons de retraite. De manière plus exceptionnelle, ils travaillent avec des patients plus fragiles comme des malvoyants.

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