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Liban - Humanitaire

HRW dénonce un système scolaire discriminatoire envers les enfants handicapés

Près de 8 000 Libanais âgés de 5 à 14 ans sont enregistrés au ministère des Affaires sociales comme enfants handicapés, mais ils pourraient être en réalité près de 40 000.

Le rapport de Human Rights Watch : « “I Would Like to Go to School” : Barriers to Education for Children with Disabilities in Lebanon ».

Le système d’éducation publique du Liban est discriminatoire envers les enfants handicapés, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW) publié hier. Bien que la loi libanaise interdise aux écoles toute discrimination à l’égard des enfants handicapés, les écoles publiques et privées refusent souvent de les inscrire, établit le document, qui regroupe sous le terme « handicapés » les troubles d’apprentissage, les handicaps visuels, auditifs ou physiques, et le retard mental modéré. Quant à ceux qui sont autorisés à s’inscrire, leur parcours éducatif est semé d’embûches logistiques, sociales et économiques (frais supplémentaires) qui compromettent leur expérience scolaire, constate HRW.

« Les pratiques d’admission discriminatoires privent les enfants libanais de leur droit à l’éducation », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « En l’absence de toute possibilité véritable de recevoir une éducation inclusive de qualité, des milliers d’enfants handicapés sont laissés pour compte. »

Pour se documenter, Human Rights Watch a interviewé plus de 200 enfants handicapés et leurs familles, des responsables du gouvernement, des experts en matière de droits des personnes handicapées ainsi que du personnel éducatif. L’organisation a également visité 11 écoles publiques et privées, 17 institutions et 6 prestataires de services.
Peu d’écoles au Liban sont physiquement accessibles, et le gouvernement fait très peu pour fournir aux enfants les aménagements nécessaires à leur réussite scolaire, insiste le document. Dans presque tous les cas, HRW a constaté que les enseignants et les administrateurs scolaires manquaient de formation en matière d’éducation inclusive et que les écoles manquaient de fonds pour fournir un personnel suffisant, notamment des accompagnateurs pouvant apporter un soutien direct à un ou plusieurs enfants. La présence d’accompagnateurs est la condition même d’une éducation inclusive.


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Piètre qualité
Sur un autre plan, il existe 103 institutions spécialisées, financées par le ministère des Affaires sociales, qui servent d’alternative aux enfants handicapés ne pouvant s’inscrire dans des écoles. Toutefois, les ressources éducatives de plusieurs de ces institutions sont de piètre qualité. Un manque de suivi, des mécanismes d’évaluation de mauvaise qualité ainsi qu’une pénurie de ressources appropriées mettent en doute leurs capacités pédagogiques.

À titre d’exemple, dans deux établissements résidentiels spécialisés visités, il n’y avait pas de cloisons de séparation entre les enfants et des résidents adultes qui ne leur sont pas apparentés, ce qui représente une atteinte à l’intimité des enfants et rend problématique toute supervision efficace. Dans de nombreux cas, la distance et le coût du transport sont tels que de nombreux enfants finissent par dormir dans des institutions, ce qui les sépare effectivement de leur famille et de leur communauté pour une période de temps considérable.

Il n’existe pas de chiffres précis ni du nombre total d’enfants handicapés au Liban ni de ceux qui, parmi eux, sont scolarisés. Sur les 8 558 Libanais âgés de 5 à 14 ans enregistrés au ministère des Affaires sociales comme enfants handicapés, 3 806 sont placés dans des institutions financées par le gouvernement, et un nombre encore inférieur d’entre eux fréquentent des écoles publiques ou privées.

Cependant, d’autres données font craindre que des dizaines de milliers d’enfants handicapés ne soient exclus de l’enregistrement officiel qui les concerne. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), l’Organisation mondiale de la santé et la Banque mondiale estiment que 5 % des jeunes de moins de 14 ans sont en situation de handicap, ce qui, selon une estimation prudente, situerait le nombre d’enfants libanais handicapés de cette tranche d’âge (5-14 ans) autour de 40 000.

 


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